Le rapport Investissements de la Chine en Afrique

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Cérémonie de lancement

Le 26 août, la cérémonie de lancement du rapport Investissements de la Chine en Afrique : Les forces du marché et le rôle du secteur privé, élaboré par un Conseil d’entreprise, s’est tenue à Beijing.

Il s’agit du premier rapport en Chine à résumer systématiquement la coopération économique, commerciale et d’investissement entre la Chine et l’Afrique par une chambre de commerce privée. D’un point de vue d’une ONG, ce rapport, sur une période de 8 mois, a mobilisé plus de 50 experts et chercheurs qui ont mené des enquêtes sur plus de 300 entreprises et interviewé plus de 300 entrepreneurs chinois. Il est montré dans le rapport par 63 exemples des entreprises et projets l’historique, l’efficacité et la tendance de la coopération économique, commerciale et d’investissement entre les entreprises chinoises et les pays africains. Justin Yifu Lin, professeur à l’Université de Pékin, a rédigé l’avant-propos Nouveau jalon historique, alors qu’Aliko Dangote, entrepreneur africain, y a contribué Regarder vers le futur.

La cérémonie de lancement a été organisée par CABC, coorganisée par le groupe de réflexion de CGTN et soutenue par l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel et China-Africa Supply Chain Institute. Des représentants d’institutions universitaires, de système des Nations unies, d’ambassades en Chine et d’entreprises venant d’Afrique, de Chine, des États-Unis et du Royaume-Uni y ont participé, prononcé des discours et dialogué.

Lors du lancement, Wu Peng, Directeur général du département de l’Afrique du ministère des Affaires étrangères, Justin Yifu Lin, professeur à l’Université de Pékin, Mamadou Ndiaye, Ambassadeur du Sénégal en Chine, Teshome Toga, Ambassadeur d’Éthiopie en Chine, Wamkele Mene, Secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine, Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, Wang Licheng, Président du CABC ont prononcé des discours et des allocutions liminaires. Song Lei, Président du Fonds de développement Chine-Afrique, et Yang Xiaojun, Président du Fonds de coopération industrielle Chine-Afrique ont assisté à cette cérémonie. Des experts et des universitaires venant de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni), l’Université Columbia (États-Unis), l’Université Tsinghua, l’Université des Études étrangères du Guangdong, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal), le Centre d’études chinoises (Nigeria) et le Standard Bank Group ont partagé leurs points de vue.

Wang Guan, animateur de CGTN, a animé le dialogue entre ambassadeurs, entrepreneurs et universitaires, avec la participation de l’Ambassadeur de Somalie en Chine Awale Kulane, de l’Ambassadeur du Burkina Faso en Chine Adama Compaore, de Yao Guimei, chercheuse de l’Institut Chine-Afrique et de représentants de Huawei, Huajian, Haishan et Greenroad.

Selon le rapport, les investissements des entreprises chinoises en Afrique remontent aux années 1980, c’est le « point de départ » ; depuis 2000, sous l’impulsion du Forum sur la coopération sino-africaine, les investissements entrent dans une phase de « petits pas rapides », avec surtout les entreprises chinoises privées qui sont devenues une force importante dans la coopération économique, commerciale et d’investissement entre la Chine et l’Afrique, qui sont en train de passer de la phase « d’entrer en Afrique » à « s’installer en Afrique », puis à celle de « s’impliquer en Afrique ». Leurs activités économiques et commerciales en Afrique peuvent être divisées en trois périodes. D’abord, la « période embryonnaire » qui date des années 1980 au début des années 1990. Ensuite, la « période de démarrage » qui date de la dernière décennie du 20e siècle. Enfin, la « période d’accélération » depuis le 21ème siècle.

Le rapport estime que d’ici fin 2020, le stock d’investissements des entreprises chinoises en Afrique ne devrait pas être inférieur à 56 milliards de dollars. Les entreprises privées chinoises représentent environ 70 % des investissements des entreprises chinoises en Afrique. Une enquête menée par le CABC en 2021 auprès de près de 100 entreprises privées clés a révélé que la proportion de « réinvestissement » en Afrique était d’environ 30 %.

En investissant en Afrique, les entreprises chinoises ont contribué à l’industrialisation de l’Afrique et à l’amélioration des conditions de vie des populations, et elles sont devenues l’un des moteurs du développement inclusif de l’économie africaine. Leurs contributions à l’Afrique peuvent se résumer comme suit : promouvoir l’industrialisation, créer des emplois, améliorer la construction infrastructurelle et mettre à niveau la gestion dans les parcs du pays hôte.

Le rapport analyse les motivations internes des investissements des entreprises chinoises en Afrique (retour sur investissement, développement rapide du marché, transfert industriel et besoins de ressources), leurs accomplissements dans les principales économies africaines (pays à revenu intermédiaire, pays riches en ressources, et pays non riches en ressources naturelles), et leur performance dans le développement des industries traditionnelles africaines (infrastructure, industrie manufacturière, énergie et mines, et agro-alimentaire). Il présente aussi leur participation active dans la lutte contre la pandémie en Afrique et la mise en œuvre de leur responsabilité sociétale en vue de la réduction de la pauvreté en Afrique.

Selon le rapport, l’inscription de la croissance économique inclusive comme l’un des objectifs importants dans l’Agenda 2063 par l’UA renforce l’attractivité à moyen et long terme de l’Afrique pour les entreprises chinoises, et favorise « la croissance résiliente » de l’Afrique, qui se caractérise par les points suivants : le dividende démographique de l’Afrique se matérialisera progressivement, l’Afrique sera le continent à l’urbanisation la plus rapide de la planète, l’industrie manufacturière africaine a un grand potentiel de développement, l’Afrique dispose d’abondantes réserves de ressources et bénéficie de la nouvelle révolution technologique.

Le rapport indique aussi les problèmes des entreprises chinoises. Étant donné que la « sortie à l’étranger » des entreprises chinoises à grande échelle ne remonte pas à très longtemps, et que leurs investissements en Afrique ont démarré encore plus tard, on peut constater chez elles un manque d’expérience en matière d’investissement à l’étranger et d’exploitation internationale. La pratique durant ces 20 dernières années a aussi révélé certaines faiblesses et lacunes dans leurs capacités. Celles-ci sont principalement reflétées dans les aspects suivants :

Premièrement, une absence de planification à long terme. Deuxièmement, un manque de collaboration entre les entreprises chinoises. Troisièmement, l’insuffisance de l’expérience d’exploitation à l’étranger et de la capacité de résistance aux aléas. Quatrièmement, une faible compétence en communication interculturelle. Cinquièmement, un manque de soutien par des organisations de services professionnelles. Sixièmement, les entreprises privées n’ont pas encore mis en place un modèle d’investissement et de financement ou un système de soutien durable.

Selon des entreprises chinoises, il existe six incertitudes auxquelles elles doivent faire face pour investir en Afrique : des facteurs d’instabilité liés à l’insécurité, les problèmes structurels de l’économie, les changements de la politique du pays d’accueil, la fluctuation du taux de change, l’insuffisance de soutien au développement de l’industrie, et d’énormes différences nationales. Malgré tout cela, les entreprises chinoises restent optimistes et disposées à investir en Afrique, à renforcer les capacités pour répondre à leurs propres problèmes et lacunes, à explorer la coopération tripartite, à formuler des plans d’affaires à long terme et à s’intégrer au développement économique et social africain. Poussées par les forces du marché, et tout en se concentrant sur les domaines d’investissement traditionnels, les entreprises chinoises se concentrent aussi sur le développement et la coopération dans de nouveaux domaines tels que la fabrication de haute technologie, les produits médicaux et pharmaceutiques, l’économie numérique et l’industrie aéronautique.

Les entreprises chinoises attendent beaucoup de la nouvelle session du Forum sur la coopération sino-africaine qui se tiendra à Dakar. À mesure que la Chine et l’Afrique s’orientent vers une coopération de haute qualité, des exigences plus élevées sont imposées aux gouvernements et aux entreprises chinois et africains.

Selon Wang Licheng, Président du CABC, bien que l’épidémie continue à se propager dans le monde, que le rythme de la reprise économique varie d’un pays à l’autre, et que des problèmes tels que le climat, l’environnement, l’énergie et la sécurité existent toujours, la coopération reste une tendance majeure dans le monde. Dans l’avenir, les entreprises chinoises, en particulier les entreprises privées, participeront activement à la coopération économique, commerciale et d’investissement de haute qualité entre la Chine et l’Afrique, promouvront la coopération industrielle en matière de fabrication, de parcs industriels et d’autres domaines, et contribueront au développement économique et social de l’Afrique !

Il est prévisible que la coopération sino-africaine entre dans un nouveau cycle de développement !

 

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