Sommet Russie-Afrique d’octobre 2019 : L’espoir est permis !

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«Une Afrique en charpie est une menace pour la paix du monde; une Afrique en construction est une promesse. Il est temps que le monde contemporain comprenne que son intérêt rejoint son devoir: il ne peut pas ne pas venir à la rescousse de l’Afrique.» (Edgard Pisani).

Il importe aujourd’hui pour les pays africains de jeter un regard critique sur leur passé et leurs relations avec les pays de l’Europe occidentale et de l’Amérique. Cela est une impérieuse nécessité pour tous ceux de l’Afrique qui veulent se débarrasser des serres de l’impérialisme américain et de ses mandibules d’Europe capitaliste.

L’histoire nous enseigne que pour mieux préparer l’avenir il faut savoir d’où l’on vient. Le chemin de l’Union entre l’Afrique  et les pays capitalistes fut long et surtout entaché de péripéties horribles et de crimes abominables. La traite des Noirs a dévasté notre continent de 400 millions de bras valides.

La colonisation a spolié toute l’Afrique de toutes ses ressources. La démocratie occidentale imposée à l’Afrique constitue aujourd’hui du poison pour nos peuples. Au nom de cette fallacieuse démocratie, les régimes d’Occident capitaliste ont tué le guide libyen Mouammar Kadhafi juste pour s’emparer du pétrole et créer de toutes pièces la guerre des Libyens les uns contre les autres.

En larguant ses quarante (40) tonnes d’armements dans le désert libyen, la France a préparé la rébellion et le djihad dans les pays du Sahel. Et pour mieux revenir, il lui a fallu allumer le feu au Nord de notre pays pour ensuite se faire appeler par ceux des Maliens ayant les mêmes intérêts que les gouvernants français.

La suite est connue de tous: tous les jours que Dieu fait, ce sont des enfants du Sahel qui meurent sous les balles fabriquées par nos ennemis historiques en l’occurrence les pays  capitalises dont le bonheur constitue notre malheur et vice versa.

Le tableau de nos relations avec l’Occident capitaliste est indubitablement sombre et cela aux tristes dépens des peuples d’Afrique. Les sangsues capitalistes ont forgé des femmes et des hommes pour la perpétuation des désastres qui marquent toute l’histoire de la rencontre de l’Afrique avec le monde capitaliste.

Aujourd’hui, plus qu’hier, l’Afrique rêve d’une seule chose : la fin de la colonisation occidentale en vue de donner à ses peuples l’honneur et la dignité d’homme.

Patrice Emery Lumumba disait de façon prémonitoire: «Le rêve actuel de l’Afrique, de toute l’Afrique, est de devenir un continent libre, indépendant, au même titre que tous les autres continents du monde car le créateur a voulu que tous les hommes et tous les peuples soient libres et égaux.»

Pour cette fin, il est indispensable que la jeunesse africaine comprenne que son droit rejoint son devoir : son droit de vivre dignement et son devoir de combattre l’occupation postcoloniale de son continent. Deux (02) patriotes et révolutionnaires de l’Union des Républiques socialistes et soviétiques (URSS) en l’occurrence Vladimir Ilich Oulianov Lénine et Joseph Staline. Ils ont dit en substance qu’une ‘’Nation qui en opprime une autre ne saurait être libre.’’

Ce rôle historique d’éclairage envers l’Afrique se poursuit grâce à Vladimir Poutine, le président intraitable et hautement admirable de la Russie.

C’est dans ce cadre que le président russe invite toute l’Afrique  à un sommet historique à  Sotchi, en octobre 2019. Sans savoir déjà l’agenda du sommet, l’on ne peut se faire la moindre illusion sur la volonté de Poutine de renforcer les relations mutuellement avantageuses entre son pays et tous les pays d’Afrique soucieux du devenir de leurs peuples travailleurs. Cette impérieuse nécessité exige des jeunesses  africaines de rompre avec la politique assassine des vieux routards africains à la solde de l’Occident capitaliste et surtout de la France coloniale sangsue de nos peuples.

Ce sommet Russie-Afrique doit être saisi à sa juste mesure pour qu’enfin la jeunesse africaine comprenne, qu’au-delà des phraséologies creuses démocratistes manipulées à souhait et à volonté dans la langue de Molière, les relations de l’Afrique et de l’Europe capitaliste se sont fondées et se poursuivent aux dépens de nos masses laborieuses. Cette compréhension est une impérieuse nécessité et un devoir historique pour les jeunes d’Afrique épris de paix et du mieux-être socioéconomique.

Frantz Fanon n’a pas manqué de dire à la face des jeunes d’Afrique et du reste du monde: «Chaque génération, dans une relative opacité doit découvrir sa mission et la remplir ou la trahir.»

Pour le bonheur de l’Afrique et pour notre bien- être ici au Mali ! Cela passe nécessairement par le départ de l’occupant français de notre territoire. Cela, il faut le dire, car tant que la France restera chez nous, il n’y aura point la paix. On n’a pas besoin d’aller dans une «école de vérité» (s’il en existe quelque part dans le monde) pour se persuader de cette petite vérité.

La France ne saurait servir la paix chez nous tant il reste établi qu’elle a créé de toutes pièces les conditions de la guerre au Sahel.

Pour rappel: selon un décompte d’éminents géographes africains réalisé, en 2003, trente-deux (32) pays africains sur cinquante-quatre (54) étaient en proie à la guerre, au terrorisme.

Si l’on considère que ni la Libye, ni le Mali, ni le Burkina, ni le Niger, n’étaient encore concernés par les affrontements, nous avons toutes les raisons de nous rendre à l’évidence que l’Occident capitaliste et en particulier la France font parie du problème des guerres en Afrique et ne sauraient donc contribuer au rétablissement de la paix sur la terre d’Afrique, tout comme il est illusoire d’attendre du chat qu’il œuvre pour la paix des souris.

Le physicien allemand Albert Einstein disait à juste titre: «Si vous avez un problème et que vous comptez sur la classe politique pour le résoudre à votre place, vous avez deux problèmes: on ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés.»

Le sommet prochain de Sotchi, en octobre 2019, entre la Russie et l’Afrique est une opportunité que la jeunesse africaine doit saisir à bon escient car c’est bien de son avenir dont il s’agira aussi.

Fodé KEITA

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