À la Une: nouveau coup de force au Mali

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Coup de tonnerre hier dans le ciel politique malien déjà bien chargé : « à peine la liste du nouveau gouvernement dévoilée, relate Maliweb, des militaires mécontents ont interpellé manu-militari le président de la transition, Bah N’Daw, le chef du gouvernement, Moctar Ouane, ainsi que le Secrétaire général de la présidence et le nouveau ministre de la Défense. Ils ont été conduits, sous la contrainte, au camp militaire de Kati, à quelques kilomètres de Bamako, haut lieu de l’appareil militaire malien. Le mécontentement de ces militaires fait suite à l’éviction au sein du nouveau gouvernement de deux éléments influents de l’ex-Comité National pour le Salut du Peuple, à savoir, le colonel Sadio Camara (ex-ministre de la Défense) et le colonel Modibo Koné (ex-ministre de la Sécurité). »

À qui profite la déstabilisation ?

Déjà, relève [email protected], autre site d’actualité malien, ces derniers jours, « des rumeurs de coup d’État avait parcouru la capitale malienne et faisaient le buzz sur les réseaux sociaux, semant la panique au sein de la population déjà éprouvée par cinq jours de grève de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali, l’UNTM. Une véritable intox qui serait l’œuvre de certains cadres militaires comme civils pour marquer leur désapprobation sur la façon de faire du Président Bah N’Daw et de son Premier ministre qui semblent totalement s’affranchir de la soldatesque et qui veulent plus d’exclusivité et de consensus autour de la transition. »

Et [email protected] de s’interroger : « à qui profite la déstabilisation des institutions de la transition ? L’armée malienne peut-elle se donner encore le luxe de tenter un énième coup de force dans un pays au bord de l’effondrement ? Le peuple acceptera-t-il encore l’immixtion de la Grande muette sur la scène politique alors même que sa mission régalienne est sur le point d’être reléguée au second plan à cause de sa boulimie de pouvoir ? »

Ramener le compteur de la transition à zéro ?

Pour Ledjely en Guinée, « l’attitude de la junte malienne n’est pas compréhensible. Elle est même franchement condamnable. En effet, comment ne peut-elle pas s’en tenir à la décision d’un président de la Transition qu’elle a investi de sa confiance ? Au-delà, si Assimi Goïta et ses hommes se plaignent de l’éviction de leurs proches des ministères stratégiques de la Sécurité et de la Défense, n’est-ce pas des militaires qui ont été nommés à la place de ces derniers ? Où est le problème, quand un militaire remplace un militaire ? N’a-t-on pas tout simplement voulu se servir de cette revendication comme d’un prétexte pour ramener le compteur de la transition à zéro ? En tout cas, sur le fond, on ne saurait comprendre que des militaires qui, en août dernier, s’étaient présentés en sauveurs du peuple, s’autorisent à remettre en cause le processus de transition juste parce que deux des leurs ont été éjectés du gouvernement. »

L’histoire se répète

« Ce qui est certain, affirme pour sa part WakatSéra au Burkina Faso, c’est la volonté manifeste des militaires de demeurer et régner en maîtres sur la vie politique d’un pays abonné aux coups d’État. Après avoir longtemps résisté aux injonctions de la communauté internationale, suite à leur prise du pouvoir par les armes en renversant IBK, les hommes en kaki avaient fini par lâcher du lest en promettant des élections démocratiques, au bout d’une période de 18 mois. Visiblement, l’histoire est en train de se répéter (…). »

Et WakatSéra de s’interroger également : « Le Mali en est-il à son cinquième coup d’État, alors qu’il est toujours englué dans le quatrième ? Il faut espérer que non. Vivement que la parenthèse de ce nouveau coup d’État soit vite fermée et que la transition retrouve sa marche normale vers le retour à l’ordre constitutionnel au Mali. »

« Quoi qu’il en soit, peste L’Observateur Paalga, toujours à Ouagadougou, il est regrettable de voir tous ces galonnés passer leur temps à se disputer les privilèges et les morceaux les plus viandeux de la République, toute honte bue, pendant que le pays est livré aux hordes terroristes et est rongé par des conflits communautaires. »

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5 COMMENTAIRES

  1. Ce ne sont pas les militaires, c’est le peuple Malien qui est complice passif. Par respect aux institutions, si le peuple se rassemble au boulevard de l’independance pour la restauration des institutions de l’état, ces militaires n’auront aucun choix. Des democrates se precipitent à leur rencontre. Est-ce que le Mali est au-desus de nos mêlées?

  2. Apparemment le contrôle de ces colonels s’arrête à Kati.

    Une chaine de commandement en totale délitescence qui pense que c’est par la force des armes qu’on dirige un pays! Quel leurre!

    Et pendant ce temps nos vrais militaires sont sous les rafales de l’ennemi!

    Finalement ce que ces officiers de l’armée font au pays est pire qu’une rébellion!

    Et ces officiers le font d’une façon narcissique et sournoise pour prolonger l’agonie du pays vers une morte lente!

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