Pénurie d’eau et d’électricité au Mali : Le Ministre Mamadou Frankaly Keïta fortement interpellé par les députés

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‘’Sans eau pas de vie et sans l’électricité pas de développement’’, cette assertion a été comprise par l’Assemblée nationale du Mali qui a appelé à la barre, hier jeudi 21 avril 2016, Mamadou Frankaly Keïta, le ministre de l’Energie et de l’Eau afin qu’il s’explique sur les problèmes d’eau et d’électricité lors des questions d’actualité de l’hémicycle. En outre de cette épineuse question d’eau et d’électricité, était aussi inscrite à l’ordre du jour de ces questions d’actualité: la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Ainsi, sans langue de bois, le ministre de l’énergie et de l’eau, Mamadou Frankaly Keïta a été fortement sommé par les députés de l’opposition comme de la majorité à trouver des moyens adéquats pour répondre aux énormes attentes et aspirations de la population qui n’a que trop souffert du manque criard d’eau et d’électricité.

A l’ordre  du jour de la séance plénière d’hier, les questions d’actualité sur les problèmes d’eau et d’électricité et sur la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Les débats tenus dans la salle Awa Keïta de l’hémicycle étaient présidés par le président de la représentation nationale, l’honorable Issaka Sidibé en présence des membres du gouvernement dont Mamadou Frankaly Keïta, de l’énergie et de l’eau, Hamadoun Konaté de la reconstruction du nord, Tieman Hebert Coulibaly de la défense, Mohamed Ag Erlaf de la décentralisation, Zahabi Ould Sidi Mohamed de la réconciliation nationale et bien d’autres ministres.

S’agissant du problème d’eau et d’électricité, les députés n’on pas fait de cadeau au ministre Frankaly. En effet, les honorables députés ont demandé si toutefois le ministre est réellement sensible à la détresse de la population. Selon  le député N’Doula Thiam de la majorité, l’ensemble de la population du Mali souffre de la pénurie d’eau et d’électricité. L’honorable Alpha Diallo de la majorité abonde également dans le même sens tout en évoquant que le coût de la facture reste élevé malgré cette pénurie. « Sans eau pas de vie et sans l’électricité pas de développement », a-t-il dit. « La pénurie d’eau est un véritable casse tête pour les femmes et l’obscurité est la première source d’insécurité », renchérit l’honorable Haïdara Aïchata Cissé de la majorité présidentielle. L’honorable Ahmada Soukouna de la majorité a souligné que la problématique de la pénurie d’eau et d’électricité s’est toujours posée avec acuité, plus particulièrement pendant la période de grande chaleur sur l’ensemble du territoire national. « Mais le cas de la capitale (Bamako) doit être traité de façon particulière. Il est inacceptable monsieur le ministre que la capitale soit toujours soumise aux délestages quotidien et aux coupures d’eaux en 2016. Il y a des quartiers périphériques de la capitale aujourd’hui qui peuvent faire trois jours sans eau, la population de ces localités souffre, monsieur le ministre, à quand la fin de ce calvaire ? », s’est-il interrogé ? Pour sa part, l’honorable Adama Kanè de l’opposition a fait savoir que la question d’accès à l’électricité et l’eau est plus un quotidien au malien, qu’une question d’actualité.  Avant d’ajouter que chaque année des milliards de subvention, de dons étrangers, sont injectés dans le secteur pour un piètre résultat. A l’en croire, le KW de l’électricité en milieu rurale coûte toujours 300 CFA contre un peu plus de 100 CFA à Bamako. Quelles sont les dispositions prise par le gouvernement pour juguler la pénurie d’eau et d’électricité ? Quelles est la politique énergétique du gouvernement pour ce quinquennat ? Quelles sont les retombées pour le Mali après la tenue de la conférence sur le climat (la COP 21) qui a eu lieu au mois de décembre à Paris, dans le domaine des énergies renouvelables ? Voila entre autres les questions posées au ministre Frankaly.

Beaucoup reste à faire dans la mise en œuvre de l’accord

Concernant la mise en œuvre de l’accord, l’honorable Aïcha Belco Maïga de la majorité  a indiqué qu’il y a certes des avancées notoires mais beaucoup reste à faire dans la mise en œuvre de l’accord. Quand à l’honorable Mody N’Diaye de l’opposition, malgré la signature de l’accord les 15 mai et 20 juin 2015, l’insécurité persiste toujours. Le groupe VRD (Vigilance républicaine et démocratique), dit-il, demande au gouvernement la prise de toutes les initiatives pour que le mandat de la MINUSMA soit renforcé au profit de la sécurisation totale de la population malienne. Quel est le point de mobilisation des financements promis lors de la table ronde de Paris de 2015 ? Où en est-on avec l’organisation de la conférence d’entente nationale ? Ce sont entre autres les questions posées par Mody N’Diaye aux ministres concernés.

Répondant aux questions qui lui étaient adressées, le ministre Mamadou Frankaly Keïta a fait savoir que la pénurie d’eau et d’électricité s’explique par l’insuffisance des investissements et le manque du financement du secteur. Toutefois, le ministre a indiqué que des dispositions sont prises pour palier aux problèmes dont la distribution gratuite d’eau (opération citerne) à certaines zones comme Sabalibougou dans la rive droite et la réalisation des forages. « On fera tout pour qu’il n’y ait pas de délestage au mois de mai et de juin. Des réflexions sont en cours pour réduire le coût d’électricité », a-t-il dit.

Dans le cadre de la mise en ouvre de l’accord, le ministre Hamadoun Konaté a évoqué la tenue de plusieurs activités dont l’installation des agences de développement régional, la construction en cour des sites de cantonnement, le démarrage des patrouilles mixtes, la disponibilité de la liste des ex combattants devant être cantonner et réinsérer et bien d’autres activités. « La mise en œuvre de l’accord ne sera jamais efficace aussi longtemps que le gouvernement n’a pas derrière lui l’assemblée», a-t-il précisé. Le ministre de la défense, Tieman Hubert Coulibaly abonde dans le même sens tout en faisant savoir que le cantonnement des groupes armés est un passage obligé. Aux dires du ministre Ag Erlaf, l’accord est le seul cadre pour le Mali de trouver des solutions aux problèmes. Pour sa part, le ministre Zahabi a rassuré l’opposition que la conférence d’entente nationale qui est en cours de préparation sera inclusif.

Aguibou Sogodogo

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