Afri’ Actu : CEDEAO-Guinée-Bissau : Devoir d’ingérence !

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Quasiment quatre mois après le second tour de la présidentielle du 29 décembre 2019, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé de reconnaître la victoire d’Umaro Sissoco Embalo à la présidentielle de la Guinée-Bissau. Cette victoire était annoncée par la Commission nationale des élections, mais toujours contestée devant la Cour suprême par le camp de son rival du PAIGC, Domingos Simoes Pereira. Par un communiqué publié jeudi dernier, l’organisation-ouest africaine argue que «la Commission nationale des élections a proclamé à trois reprises les résultats définitifs de la présidentielle, même si les incompréhensions avec la Cour suprême n’ont pas permis de régler le contentieux électoral». Ainsi, «après analyse approfondie de la situation politique du pays», elle n’avait d’autre choix que de trancher.

Médiatrice dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest situé entre la Guinée-Conakry et le Sénégal, l’organisation ouest-africaine est finalement sortie de sa réserve afin de mettre fin à l’impasse politico-judiciaire. Par cette reconnaissance de la CEDEAO, qui aura sans nul doute, un effet domino au niveau de l’Union Africaine (UE) et l’ONU, la Guinée-Bissau est censée revenir à une vie politique normale, notamment par le rétablissement de toutes ses institutions républicaines.

Si Umaro Sissoco Embalo bénéficie désormais de la reconnaissance de ses pairs africains, toutefois, ces derniers exigent qu’il désigne, conformément à la Constitution et au plus tard le 22 mai, un nouveau Premier ministre issu des rangs de ses rivaux qui restent majoritaires à l’Assemblée nationale avec 52 députés sur un total de 102. Quitte au nouveau Chef de l’Etat de dissoudre constitutionnellement l’actuelle législature et de convoquer des législatives anticipées. La CEDEAO ne se limite pas à trancher le seul contentieux électoral.  Les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO n’ont pas manqué d’instruire au nouveau président «la nécessité d’engager immédiatement une réforme de la Constitution, qui sera soumise à un référendum dans six mois afin d’assurer la stabilité du pays.».

Ce geste permettra de solder définitivement les crises politico-institutionnelles à répétition dans ce pays lusophone.

En effet, ce devoir d’ingérence africaine est bien nécessaire dans certaines situations, comme celle de la Guinée-Bissau.  Ce petit pays, par sa superficie et sa population, est constamment en proie aux coups d’Etat et contestations politiques. Le vainqueur de la présidentielle de décembre est soutenu par l’armée. Son challenger, candidat malheureux, est visiblement soutenu par la Cour suprême responsable de déni de justice. La CEDEAO pouvait-elle continuer à croiser les bras et laisser un pays membre sombrer dans la violence et le chaos ?

Gaoussou Madani Traoré

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