Mali: débat contradictoire autour des négociations avec les occupants du nord (SYNTHESE)

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Ibrahim Ag Mohamed Assaleh (à g.), du MNLA, en conversation avec le ministre burkinabè des Affaires étrangères Dijbril Bassolé (à dr.) à Ouagadougou, le 9 juin 2012

Au Mali, au même moment où les choses se précisent en ce qui concerne l’opération militaire visant la libération des régions du nord du pays aux mains des groupes armés islamistes et terroristes, les débats contradictoires occupent le devant de la scène autour de la négociation.

Les uns voulant l’instauration des pourparlers, les autres estimant qu’il n’y a pas lieu de négocier sur quoi que ce soit, les arguments de “rivalisent” ainsi.

Dans le cadre de la gestion de la crise sécuritaire qui sévit dans le septentrion malien, au sein de l’opinion publique malienne, les avis sont partagés sur le volet relatif à la négociation.

On constate le refus catégorique du Collectif des ressortissants du nord du Mali (COREN). Dans une déclaration en date du 13 novembre dernier, le COREN a rejeté toute idée de négociation avec les groupes armés qui occupent le nord du pays, dont ANSARDINE, groupe islamique voulant l’application de la charia ou loi islamique, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest, Ndlr (MUJAO).

Le COREN a mis un accent particulier sur les multiples crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés par ces groupes dans le nord et se dit “profondément préoccupé” par les tournures et évolutions diplomatiques prises par le médiateur de la CEDEAO, le président burkinabé Blaise COMPAORE, et celles de l’Algérie, qui ont pour objectif, selon le COREN, d'”offrir une virginité aux mouvements terroristes du MNLA, d’ANSARDINE et du MUJAO”.

Dans son argumentaire, le COREN souligne qu’il est illusoire de réussir à déconnecter ANSARDINE, MUJAO et MNLA de AQMI ou AL-Qaïda, car ils constituent une seule et même organisation terroriste.

Le COREN a averti la Communauté Economique des Etats de l’ Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union Africaine (UA) et l’ONU que toute résolution diplomatique visant à accorder des passe-droits et l’impunité au MNLA, au MUJAO et à ANSARDINE ne sera pas acceptée par les populations du nord du Mali, précise la même déclaration, signée par son président Malick ALHOUSSEINI.

Le COREN exhorte les autorités du Mali, la CEDEAO, l’UA et l’ONU à concrétiser l’intervention militaire au nord, avant de demander à la CEDEAO de garder un oeil sur la médiation du président Blaise COMPAORE en raison de son “angélisme” à l’égard du MNLA, d’ANSARDINE et du MUJAO.

A l’image des Maliens opposés à toute idée de négociation, on note aussi Madani Tall, président du parti Avenir et Développement du Mali (ADM).

“Ne vous trompez pas, ces négociations vont consacrer la victoire du MNLA et des Islamistes (..) Maliens dites NON, NON, et NON aux négociations de la honte ! Ançardine, MNLA et AQMI c’est chameaux et dromadaires. Dites NON à leur tromperie!”, a affirmé M. Tall ans une déclaration faite le 15 novembre.

Cependant, le gouvernement malien qui est très engagé sur l’ option militaire, n’exclut pas le dialogue.

Le chef du gouvernement, Cheick Modibo Diarra, a en effet réaffirmé la volonté des autorités maliennes à négocier avec les “compatriotes égarés” qui renonceraient à la partition du pays tout en respectant la laïcité du pays.

“Si le MNLA et Ançar Dine disent qu’ils renoncent à la violence, reconnaissent le caractère un et indivisible ainsi que le caractère laïc de la république du Mali, le dialogue peut se faire, du moment où ce sont des Maliens”, a-t-il relevé.

Il a toutefois rejeté catégoriquement une déclaration d’Ançar Dine d’Iyad Ag Ghali selon laquelle le groupe renonce à l’application de la charia au Mali, excepté la région de Kidal, située au nord-est du Mali.

“la Charia ne sera pas appliquée sur un centimètre carré du territoire national du Mali, or Kidal fait partie du Mali”, a-t-il déclaré.

Pour clarifier sa position favorable à la négociation, le gouvernement malien vivent d’annoncer la mise place prochaine du Comité national pour les négociations.

Parmi les partisans de l’instauration du dialogue dans la gestion de la crise malienne figure Mme Aminata Dramane Traoré, présidente du Forum pour un autre Mali.

A la faveur d’une rencontre tenue récemment à Bamako portant sur les conséquences de la crise sur les femmes et les enfants, Mme Aminata Dramane Traoré a indiqué que “le dialogue possible à condition que la laïcité et le caractère indivisible de notre soient reconnus (..)”.

Réfutant une intervention militaire étrangère et insistant sur la nécessité des pourparlers, Mme Traoré a laissé entendre que “la France et l’Allemagne ont fini par faire la paix”.

Par ailleurs, il est à noter que suite à l’adoption, dimanche dernier à Abuja par les chefs d’Etat de la CEDEAO, du concept opérationnel stratégique, élaboré à Bamako par des experts militaires internationaux, une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies est attendue pour enclencher la phase militaire de cette reconquête.

Publié le 2012-11-23 09:47:28 | French. News. Cn

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4 COMMENTAIRES

  1. POUR LA NON IMPUNITÉ, LA JUSTICE ET LA NÉGOCIATION POUR LUTTER CONTRE LES AMALGAMES, LE RACISME, LA HAINE ET LE TERRORISME ET POUR UNIR

    Bonjour,
    Le problème de racisme invoqué souvent par le MNLA n’est pas exact et n’est pas autorisé au Mali seulement compte-tenu de l’aspect cyclique de la rébellion Touareg, certains Maliens commencent à en avoir marre, ce qui, en plus des amalgames, peut expliquer le sentiment de rejet des Touaregs par ces derniers et la haine induite chez certains Touaregs.

    Ce n’est qu’un sentiment, en vérité le Mali est vraiment un pays multiethnique sans racisme.

    Certains disent que cette haine est amplifiée par l’accès inégal au travail et par des problèmes non résolus liés au sous-développement malgré les programmes mis en œuvre dans les zones du Nord Mali dans le cadre du pacte national. Ce dernier n’a pas bénéficié à tous.

    Or, ces problèmes sont communs à d’autres communautés vivant dans d’autres zones ou régions du Mali.

    Alors, faut-il pour autant que les autres communautés touchées par le même problème se rebellent ?

    NON, il y a d’autres façons de revendiquer (à travers la démocratie, la citoyenneté et la gouvernance participative) autres que la rébellion ou la force.

    Pour apporter une solution durable et pour éviter de nouvelles révoltes, les concertations nationales et les négociations sont incontournables.

    Voir ma proposition de sortie de la crise, se référer à la lettre ouverte au président du Mali et aux Maliens que j’ai publiée sur maliweb.

    Ces concertations et ces négociations permettront de faire le bilan du futur souhaité par toutes les parties prenantes (tous les maliens n’acceptant pas le terrorisme, TOUTES LES COMMUNAUTÉS Maliennes, les groupes armés MNLA et Ansar Dine acceptant les principes et conditions à fixer.

    Pour être admis à négocier, des principes (refus du terrorisme, non impunité, respect des droits de l’homme, coexistence pacifique) et des conditions (dépôt des armes, indivisibilité du Mali et laïcité) sont à accepter par tous les groupes (MNLA, Ansar Dine, Gandakoye, …) intégrant des Maliens.

    Il faut donc avoir une plateforme de concertations nationales et de négociation pour une sortie durable de la crise.

    J’ai proposé un cadre et une plateforme de ce type au Président et aux Maliens à travers la lettre ouverte précédente.

    Sachez que les négociations sont incontournables pour que les différentes parties prenantes, comme elles doivent toutes accepter la condition d’indivisibilité du Mali, puissent comprendre leurs différends, réfléchir au futur souhaité et s’entendre sur les problématiques consensuelles et éventuellement les grandes lignes des solutions à y apporter.

    Par exemple, comme développé dans ma proposition de sortie de crise, pourront être consensuelles des problématiques liées à la bonne gouvernance de la décentralisation, au développement résilient, au développement équitable et l’intégration équitable des communautés dans un environnement démocratique, décentralisé et sécurisé.

    En fait, lors de la négociation portant sur l’avenir du Mali, il s’agit pour les parties prenantes d’établir ce consensus sur des problématiques à traiter et plus tard disposer de mécanismes de contrôle et de surveillance.

    Les Maliens doivent ensemble réfléchir sur le futur souhaité et construire durablement le pays dans l’unité en négociant l’organisation de ce processus de construction.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
    E-mail: [email protected]

  2. IL EST PREFAIRABLE DE NEGOCIER AVEC MOUJAO QU AVEC MNLA QUI ESTUN MOUVEMENT ETHNIQUE ET RACIAL CEUX QUI VEULENT RENTRER DANS LA REPUBLIQUE SONT LES BIENS VENU A CONDITION DE SE PLIER AUX LOIS AAAAAAAAAET APRES AVOIR RENDU LES ARMES .

  3. Le MUJAO est un mouvement malien plus représentatif que le Mnla quand a sa composante ethnique car regroupant beaucoup d’ethnies du mali à la différence du Mnla qui est composé exclusivement de touaregs et qui est un mouvement de voyous et de racistes.Le Mujao à la différence du Mnla ne viole pas ,ne détruit pas par haine,ne tue pas par racisme,ne détruit pas les hôpitaux,ne brutalise pas les malades.De grâce soyons raisonnables,comment voulez-vous qu’on supporte un mouvement raciste et composé de voyous et d’opportunistes qui est à la base du malheur de milliers de personnes et qu’aujourdhui veut faire la victime?MON SOUHAIT est que le MUJAO BOTTE LE MNLA JUSQU’AU DERNIER BANDIT.jE VOUS FAIT SAVOIR QU’AU MOMENT VENU,LE MUJAO QUITTERA LES VILLES SANS COMBAT,REJOINDRA LES MONTAGNES ET RETOURNERA INVESTIR ENCORE AU MALI POUR LE BIEN DES POPULATIONS A LA DIFFÉRENCE DE CES PARASITES SOCIAUX DU MNLA.

  4. SOUHAIT QUE LES CONCERTATIONS NATIONALES ET LES CONFÉRENCES DE COMPROMIS DÉDIÉES AUX NÉGOCIATIONS SOIENT PLUS INCLUSIVES ET PLUS OUVERTES A TOUTES LES COMMUNAUTÉS MALIENNES ET A TOUS LES MALIENS N’ACCEPTANT PAS LE TERRORISME DANS LES RÉGIONS ET AU NIVEAU DE LA DIASPORA.

    ELLES DOIVENT AUSSI ÊTRE OUVERTES AU GROUPES ARMÉS INTÉGRANT DES MALIENS ET RESPECTANT DES PRINCIPES (REFUS DU TERRORISME, NON IMPUNITÉ, …) ET DES CONDITIONS (POUR LES GROUPES ARMES: DÉPÔT DES ARMES, INDIVISIBILITÉ DU MALI ET LAÏCITÉ).

    LA NON IMPUNITÉ DOIT ÊTRE EXIGÉE POUR PARTICIPER AUX CONCERTATIONS NATIONALES ET AUX NÉGOCIATIONS.

    Bonjour,
    Cette décision de report des concertations nationales est vraiment sage. Félicitations au Président du Mali et aux organisateurs des concertations nationales de l’avoir accepté.

    C’est le moment d’en profiter pour les rendre INCLUSIVES et pour avoir plus de représentativité en OUVRANT ces concertations nationales AUX RÉGIONS, à travers des concertations régionales, en intégrant toutes les communautés et tous les Maliens n’acceptant pas le terrorisme et acceptant les principes (refus du terrorisme, non impunité, respect des droits de l’homme, coexistence pacifique) et les conditions (pour MNLA, Ansar Dine, Gandakoye, …, dépôt des armes, indivisibilité du Mali et laïcité).

    Il faut aussi intégrer les Maliens de la diaspora.

    L’organisation, incluant les ramifications régionales, de telles concertations nationales et des conférences de compromis est expliquée dans le guide et la plateforme de concertations nationales et de négociation pour une sortie durable et honorable pour tous de la crise Malienne, que j’ai adressés sous forme de lettre ouverte au Président du Mali et à tous les Maliens.

    C’est tous ensemble que les Maliens définiront le futur souhaité et s’engageront pour la construction durable du Mali.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
    E-mail: [email protected]

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