Projet de fusion ADEMA-RPM-URD- ASMA ET UDD : Quand l’initiateur SBM devient l’obstacle

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Le président de l’ASMA-CFP et actuel Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga
Le président de l’ASMA-CFP et actuel Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga

Le deuxième congrès ordinaire de l’Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence des Forces Patriotiques (ASMA-CFP), tenu le 31 décembre 2018, semble donner un nouvel élan au Premier ministre et président du parti Soumeylou Boubèye Maiga, pour initier un  rapprochement des partis issus de l’ADEMA que sont le RPM, l’URD et l’ASMA-CFP. A ceux-ci, il voudrait associer celui  de son ami et frère Tiéman Hubert Coulibaly, à savoir l’UDD. Cette initiative, si elle a été saluée par certains militants des différents partis, elle parait utopique pour d’autres à cause de l’initiateur.

Au Mali, plus d’un observateur est persuadé que la composition du paysage politique est loin d’être terminée. Pour plus de stabilité et un ancrage véritablement démocratique, il est nécessaire que les partis politiques se regroupent par courants de pensée et d’idéologie afin de mettre fin à la transhumance et surtout instaurer des véritables débats en leur sein. C’est certainement ce sentiment qui a animé le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maiga après la cérémonie d’ouverture du 2ème congrès de son parti qui a vu la participation de la quasi-totalité des partis politiques, de la Majorité comme de l’Opposition. Et c’est d’ailleurs, au cours de cette cérémonie que le deuxième vice-président de l’URD, principale force  de l’Opposition,  Ibrahima N’Diaye a tenu un discours historique tendant à décrisper la confuse et délicate situation politique.  Le Président de l’ASMA- CFP a saisi cette occasion offerte par l’URD pour pousser ses pions en déclarant qu’il ferait tout son possible pour que l’ADEMA, le RPM, l’URD, l’ASMA-CFP et l’UDD fusionnent pour former un grand mouvement politique. Pour beaucoup d’observateurs le projet de fusion des partis sus-cités  semble utopique à cause de l’initiateur. En voici  trois raisons.

Première raison : Soumeylou Boubèye Maiga passe aujourd’hui pour être celui qui  sème la zizanie au sein des deux grands partis qui devraient être les têtes de proue de son projet de fusion, à savoir l’ADEMA et le RPM. Dans le premier parti, il serait à la base de tous les remous tendant à éjecter Tiémoko Sangaré de son fauteuil de Président. Dans le second parti, à savoir le RPM, il a non seulement débauché des députés et cadres, mais aussi et surtout, il est à l’affût d’autres cadres au point que le Président du RPM lui a sermonné  lors d’une conférence régionale de son parti. SBM pourrait-il convaincre Tiémoko Sangaré et Bocari   Tréta du bien-fondé de son initiative ?

Deuxième raison : La suspicion d’un agenda personnel  du premier ministre Soumeylou Boubèye Maiga serait un autre obstacle pour la réalisation de ce projet. En effet, beaucoup de leaders de  partis comme entre autres l’URD et le RPM soupçonnent SBM de rouler pour lui-même et d’avoir comme ligne de mire la présidentielle de 2023. Pour beaucoup d’observateurs l’ambition pour SBM de succéder à IBK après son second mandat ne fait l’ombre d’aucune ambiguïté, donc tout acte qu’il pose à un relent politique. Sachant bien cela, un parti comme l’URD avec son leader Soumaila Cissé, qui n’a pas renoncé à ses ambitions présidentielles, dira difficilement oui à SBM.

Troisième raison : Le choix  de l’UDD par SBM que rien ne saurait expliquer. Pour beaucoup d’observateurs le choix de l’UDD,  qui n’est ni du Mouvement démocratique, ni de la même idéologie politique que l’ADEMA originel, ne pourrait s’expliquer que par l’amitié politique qui lie SBM à Tiéman Hubert Coulibaly. Sinon, le fondateur de l’UDD qui est Moussa Balla Coulibaly a toujours revendiqué l’héritage de l’Union Démocratique du Peuple Malien, UDPM. Il s’est toujours dit « Moussaïste ». Alors, comment un parti du Mouvement démocratique pourrait-il s’accommoder d’un autre qui est fier de son passé dictatorial ? La présence de l’UDD ne peut procéder que d’un élargissement de la base politique de Soumeylou Boubèye Maiga en vue des élections futures, mais elle gênerait les autres partis et pourrait être un frein à la fusion tant souhaitée par SBM.

Youssouf Sissoko

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4 COMMENTAIRES

  1. cést l’ADEMa de 1992 qui venir aux comments mais dáutres maliens competents existent aux moments la vérité va sortir pour le grand people MALIEN

  2. C’est tres tot de parler de 2023 car plusieurs choses peuvent se passer entre ici et ladite date.
    Seuls les deux facteurs suivants determineront qui sera le prochain president apres la fin du deuxieme mandat d’IBK:
    1- IBK
    2- La France
    Le PM SBM doit continuer a’ travailler correctement. Si son bilan est positif, IBK, la France et le peuple malien le choisiront!
    Certains facteurs sont inconnus et nous ne connaissons pas leur roles respectifs!!
    1- Est-ce Karim Keita est interesse’?
    2- Est-ce que les barons du RPM se laisseront faire?
    3- Est-ce que Soumaila fera une quatrieme tentative?
    4- Est-ce qu’IBK tentera d’avoir un 3e mandat?
    5- Est-ce l’ethnocentrisme qui existe au Mali, jouera contre SBM?
    Mes amis, 2023 est tres loin. Pour le moment, travaillons pour la paix et la stabilite’ de notre faso!!!

  3. ” … initier un rapprochement des partis issus de l’ADEMA que sont le RPM, l’URD et l’ASMA-CFP. A ceux-ci, il voudrait associer celui de son ami et frère Tiéman Hubert Coulibaly, à savoir l’UDD. Cette initiative, si elle a été saluée par certains militants des différents partis, elle parait utopique pour d’autres à cause de l’initiateur.
    :
    L’initiative parait utopique pour d’autres à cause de l’initiateur, en raison de son ” Agenda Personnel ” , mais elle parait utopique aussi quand on sait que l’Initiateur lui-même a souvent claqué la porte d’un Grand Mouvement ( pardon…, d’un Grand Parti Politique ) l’ADEMA, chaque fois qu’il n’était pas content des décisions prises par la Direction de ce Parti… Il ne devait pas être très rancunier…, puisque il revenait de lui-même dans le Parti à chaque fois. Et aussi parce que le C.E ne lui en tenait jamais rigueur et ne qualifiait pas encore ce type d’attitude ‘‘ d’indiscipline’’. Il partait et revenait quand il le voulait. De nos jours ce comportement serait un délit passible d’exclusion.
    Cela étant dit, on peut lui faire crédit quand il dit vouloir former un grand mouvement politique en fusionnant les Partis Politiques qu’il a cités. Lorsqu’il avait dit en 2018 que les élections présidentielles se tiendraient à bonne date, peu de Gens y croyaient. Il avait réussi son pari. Son caractère tenace est son atout et il est Premier Ministre.

    ” … Pour plus de stabilité et un ancrage véritablement démocratique, il est nécessaire que les partis politiques se regroupent par courants de pensée et d’idéologie afin de mettre fin à la transhumance…’’ … /// …
    :
    C’est juste… !

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