Justice Internationale : Fatou Bensouda fait ses adieux et rendre un vibrant hommage au peuple malien…

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Invitée par les autorités de transition et du Fonds au Profit des Victimes auprès de la Cour Pénal Internationale(CPI) pour assister à la cérémonie de remise d’euro symbolique au Mali et à la communauté internationale, la Procureure générale Fatou Bensoudaen a profité de l’instance solennelle pour faire ses adieux au brave peuple du Mali et aussi remercier tous les maliens pour l’avoir soutenu et accompagner durant son mandat.

maliweb.net C’était symbolique, émotionnelle et pleins de remerciements, la cérémonie  de remise d’euro symbolique au Mali et à la Communauté Internationale à travers l’UNESCO organisé par  le Fonds au Profit des Victimes auprès de la Cour Pénal Internationale(CPI), c’était le mardi 30 mars dernier à Bamako. Cette cérémonie fait suite au procès de  M. Ahmad Al Faki Al Mahdi qui a été jugé et déclaré coupable par la Cour pénale internationale, pour le crime de guerre qu’il a commis à Tombouctou, pour avoir détruit les monuments religieux et historiques protégés. La Cour l’a condamné à neuf ans de prison et à payer une somme d’argent aux victimes en guise de réparation.

Invitée avec tous les honneurs au pupitre à prendre la parole, la Procureure générale Fatou Bensouda une amazone des temps modernes, militante contre toutes formes d’impunité, a voulu tout d’abord exprimer au Grand peuple du Mali, à commencer par le Président de la transition à qui elle lui souhaite beaucoup de succès dans ses charges, tout le plaisir de revenir dans ce beau pays.Car pour elle, le Mali fait partie d’un patrimoine historique très riche et fécond. Il est le berceau de trois grands empires : l’empire du Ghana, l’empire du Mali, l’empire Songhaï.  Il est depuis toujours une terre de diversité, plus particulièrement dans ses dimensions intellectuelles, culturelles et linguistiques.Le Mali c’est aussi le pays de la Charte de Kouroukan-Fouga, la Charte du Mandén, proclamée en Mille deux cent trente-six (1236) par l’empereur du Mandén, Soudjata Kéita. Cette charte fondamentale dont le contenu fut transmise de génération en génération par les Djély. Tout ceci, on peut multiplier les exemples, illustre que le Mali est pluriel. Il regorge un trésor inestimable constitutif de patrimoine culturel de l’Humanité.C’est ce patrimoine que nous partageons ensemble. Ce patrimoine qui fait partie de notre identité commune, qui a été violemment attaqué à Tombouctou, où des bâtiments et des monuments historiques et religieux protégés ont été détruits. Ce faisant, les auteurs ont commis des crimes atroces, qui ne peuvent rester impunis. C’est le sens qu’elle donne à cette importante cérémonie, qui est pour elle une autre occasion décisive, pour réaffirmer leur mobilisation et leur engagement, à continuer à défendre ce qui fonde notre Humanité commune (les mausolées de Tombouctou).

«  C’est pourquoi, je voudrais exprimer ma gratitude d’avoir été conviée à cet événement important, en tant que Procureur de la Cour pénale internationale. Merci aux autorités maliennes. Merci aux distingués représentants de l’UNESCO. Merci au Fonds au profit des Victimes, avec à la tête de son Conseil d’administration, notre sœur Mama Koité, qui fait un travail remarquable, marquant notre fierté.Cette cérémonie est à la fois symbolique et historique. Elle atteste de l’importance cruciale de la réparation pour les victimes dans les processus judiciaires devant la Cour pénale internationale.Elle illustre aussi fondamentalement l’importance de la réparation dans la reconstruction sociale dans les sociétés violentées par des crimes atroces.Cette cérémonie est historique. Elle est un autre témoignage de nos contributions communes au legs des générations futures. Nous pouvons compter sur les autorités politiques, judiciaires, les scientifiques, les autorités traditionnelles et coutumières, les Djély pour raconter aux générations présentes et futures le sens profond de cet événement.Ces générations doivent être conscientes que tous les peuples sont unis par des liens étroits et que leurs cultures forment un patrimoine commun…Nous avons la responsabilité conjointe de protéger ce patrimoine commun et devons utiliser tous les moyens à notre disposition pour lutter contre le fléau de la destruction délibérée des biens culturels.Cet évènement nous offre une opportunité, nous le ferons à chaque fois que cela est possible, pour rendre hommage aux victimes qui sont restées dignes et combattives face aux atrocités commises à Tombouctou. Ce qui a été détruit dans cette partie du monde, dans la belle ville de Tombouctou, ce ne sont pas des cailloux ou des pierres qui ont été démolis mais un véritable patrimoine mondial qui fait partie de notre identité commune.Qu’il me soit permis de rendre encore un vibrant hommage à ces victimes pour leur combat pour la justice, pour leur combat pour l’établissement de la vérité, pour leur résilience.  Mon Bureau ne s’est pas senti seul dans ce combat. Au contraire, il faut se féliciter de la coopération de toutes les victimes et de tous les acteurs et institutions qui se sont joints à ce combat commun. Ce combat qui portait sur la défense de ce que nous avons en commun, et que nous avons défendu ensemble … » Explique t’elle

Selon Fatou Bensouda ,c’est ici au Mali où la Cour a connu sa première expérience en matière de protection du patrimoine culturel et de réparation des victimes qui ont souffert des crimes atroces de destruction de biens et de bâtiments historiques et religieux. C’est pourquoi, elle est particulièrement fière d’annoncer ici au Mali également, le lancement par son Bureau d’un large processus de consultation sur leur politique générale à l’égard des crimes contre le patrimoine culturel. Cette politique, qu’elle a initié – encouragée dans ce sens par la forte mobilisation des victimes, des communautés et des partenaires, reflète son engagement et celui de son Bureau à tirer les enseignements de l’affaire Al Mahdi et à renforcer leur contribution à la protection internationale du patrimoine culturel mondial.

En fin de mandat à la CPI, Fatou Bensouda dira sans doute : «  ma présence à cette cérémonie sera la dernière parution officielle ici au Mali, en tant que Procureur de la Cour. Mon successeur, Monsieur Karim Khan a été récemment élu par les Etats Parties pour prendre la relève à partir de la mi-juin prochaine.Monsieur le Président de Transition, je voudrais vous assurer que cette visite ne sera pas la dernière. Je me considérerai toujours chez moi ici en terre Malienne.Je me réjouis particulièrement de l’excellence de la coopération de la Cour, de mon Bureau avec les autorités maliennes. Je suis fière de la qualifier de coopération exemplaire.C’est pourquoi, je ne pourrais manquer à la tradition, que l’on sait si bien observer ici au Mali, de vous renouveler mes remerciements personnels pour votre présence à cette cérémonie, et d’exprimer ma gratitude au peuple malien, à travers vous et votre gouvernement, pour le soutien indéfectible que mon bureau et moi-même avons reçus de vos autorités.Je voudrais vous dire tout simplement Aw ni thié Allah Ka awdémé. Je vais quitter la Cour, mais la Cour restera toujours aux côtés du Mali pour poursuivre l’important travail qu’elle y a initié, de façon complémentaire avec les autorités nationales. Je suis confiante que cette coopération va se poursuivre en se renforçant avec le nouveau Procureur que vous avez élu, afin d’accroître nos efforts et nos succès pour rendre une justice effective aux victimes maliennes.Je voudrais enfin profiter de ma présence en terre malienne pour m’adresser à l’Afrique et aux Africains, pour leur dire merci.Merci pour leur confiance d’avoir porté ma candidature au poste de Procureur, et de m’avoir apportée le soutien nécessaire à la mise en œuvre de mon mandat. »

Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net

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