Entrave à la procédure judiciaire sur l’affaire des évènements macabres de juillet 2020 : L’anarchie va de plus belle

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La rocambolesque décennie post Amadou Toumani Touré a enregistré un autre grand épisode anarchique, le vendredi 3 septembre 2021. L’inimaginable s’est en produit au niveau de la Maison centrale d’arrêt (MCA), suite à l’arrestation du commandant de la FORSAT, le commissaire divisionnaire Oumar Samaké, conformément au mandat d’arrêt émis par le Tribunal de la Commune III du district, dans le cadre de la funeste affaire des tragédies du 10, 11 et 12 juillet 2020 consécutives aux manifestations ayant finalement abouti au renversement du régime d’IBK. Des policiers se disant ulcérés et scandalisés par le caractère arbitraire et abusif de ce mandat d’arrêt ont pris d’assaut la MCA pour faire libérer le commandant incarcéré. Ils estiment, en clair, qu’une procédure à géométrie variable est une instrumentalisation inadmissible de la justice dans une affaire dont la police leur a paru le maillon faible. De quoi survolter les policiers qui comptent bien défendre les intérêts de leur corps jusqu’au bout. La synergie des syndicats de la police réclame ainsi des enquêtes impartiales et justes et considère comme acharnement toute enquête stigmatisante dans une affaire qui concerne du beau monde.

Face à eux, la réaction de la jeunesse M5-RFP ne s’est pas fait attendre dans la soirée de ce tumultueux vendredi. Pour elle, il s’agit d’une entrave inacceptable à une procédure qui devrait incessamment suivre son cours normal. Faute de quoi, ils prévoient à leur tour une riposte attendue dans les heures qui suivent pour montrer à la rébellion policière qu’elle ne détient pas le monopole de la force ni de la violence. Le samedi 4 septembre, en effet, la jeunesse M5 est sortie pour manifester son mécontentement en exhortant la justice à s’assumer pour élucider le flou qui entoure les meurtres de juillet 2020. A la mi-journée le syndicat autonome de la magistrature (SAM) et le syndicat libre de la magistrature (SYLIMA) sont également montés au créneau pour condamner fermement une démarche qu’ils jugent illégale et intolérable, tout en rappelant à tous que le Mali est un Etat de droit où tous demeurent sujets de droit quels que soient leurs titres, grades ou qualité.

Somme toute, les policiers ont certes traversé le Rubicon, mais on peut leur concéder une raison sur deux points qui ont attiré l’attention de beaucoup de Maliens. Selon la synergie des syndicats de la Police, beaucoup de grandes personnalités ont posé des actes répréhensibles dans la foulée des mêmes évènements sans être inquiétées. Allusion est vraisemblablement faite au saccage d’édifices et d’infrastructures publiques lors des manifestations anti-IBK, qui devraient logiquement interpeler la justice pour autant que les deux affaires jouxtent. On peut aussi comprendre que la synergie s’irrite du fait que la FORSAT est rattachée au département de la sécurité nationale non remise en cause alors que l’opération repose forcément sur des instructions hiérarchiques. Quoi qu’il en soit, il y’a réellement matière à avoir peur pour le sort du Mali dans les jours à venir. Seulement voilà : la phrase fréquemment ressassée lors différentes interventions de ce vendredi 3 septembre était que «le Mali nous appartient à tous. Alors tachons de ne pas l’embraser plus.

Ousmane Tiemoko Diakité

 

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