8ème édition du Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA) : Une renaissance porteuse d’espoirs

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Masa 2014 au Masa 2014Le MASA d’Abidjan, édition 2014, a refermé ses portes le 8 mars dernier. Sur le thème «Les arts de la scène face au défi du numérique», il a regroupé, selon ses organisateurs, plus de 1 500 festivaliers, ce qui en fait une réussite incontestable, nonobstant les petits couacs inhérents à toute œuvre humaine, surtout après un sommeil profond qui a duré sept longues années.

 

 

 

Créé en 1993 à Abidjan, sous l’impulsion de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT), devenue ensuite l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le MASA est une biennale dédiée aux professionnels africains de la danse, du théâtre, de la musique et des autres arts vivants, qui vise à faciliter aux artistes africains l’accès au marché international.

 

 

L’ouverture s’est déroulée le 1er Mars 2014 au Stade Félix Houphouët-Boigny de la capitale ivoirienne, en présence de nombreuses personnalités dont l’ex Président sénégalais Abdou Diouf, actuel Secrétaire général de l’OIF, Daniel Kablan Duncan, le Premier ministre ivoirien et Mme Henriette Dagri Diabaté, Grande Chancelière des Ordres Nationaux de Côte d’Ivoire.

 

 

«Au-delà des manifestations et des rencontres, cette reprise des activités du MASA, après plusieurs années de suspension, nous honore, car elle apparaît comme une grande marque de confiance placée en notre pays et dans ses autorités», a estimé Daniel Kablan Duncan, donnant le ton des autres interventions. Car un fait est certain, c’est à une véritable renaissance de cet évènement panafricain qu’il nous a été donné d’assister pendant une semaine.

 

 

Le thème de l’édition 2014, la 8ème du genre, était «Les arts du spectacle face au défi du numérique», ce qui, pour les organisateurs, montrait leur volonté d’inscrire la culture africaine, sous toutes ses formes, dans les innovations et les mutations en cours, pour tirer le meilleur profit des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) en ce 21ème siècle.

 

 

 

La Grande Chancelière Henriette Dagri Diabaté, qui était ministre de la Culture de Côte d’Ivoire lors de la 1ère édition du MASA, en 1993, s’est réjouie d’être là pour en magnifier la relance. Selon elle, «la marque de confiance qui avait été placée en la Côte d’Ivoire», se manifeste de nouveau et «le Masa et la Côte d’Ivoire, c’est désormais une longue et belle histoire», qui continuera de plus belle, elle l’espère.

Si un homme est particulièrement à féliciter pour le succès de cette 8ème édition du MASA, c’est bien le Pr Yacouba Konaté, le Directeur général par intérim du Marché et son chef d’orchestre, qui était secondé par Koné Dodo et Ismaël Diaby, eux aussi au four et au moulin à tout moment.

 

 

Autre hommage à rendre, celui dû au ministre de la Culture et de la Francophonie ivoirien, Maurice Bandaman, qui s’est déplacé chaque jour sur le site du Village du Festival, sans protocole aucun, et s’est aussi plié de bonne grâce à toutes les activités qui lui incombaient officiellement.

 

 

Pour le Pr Yacouba Konaté, c’est une évidence, «l’Afrique est peut-être sous développée, mais elle ne l’est pas au plan des arts et de la culture. Nous avons l’ambition que la culture et les arts d’Afrique vont sans complexe continuer à nourrir la créativité universelle».

 

 

 

Le Secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf poursuivra dans sur même lancée, affirmant lui aussi que «la culture, premier pilier du développement, est un puissant facteur de rapprochement, une étape importante de l’émergence pour un Etat. Avec le retour plus que flamboyant du MASA, les Africains doivent se persuader qu’il y a bien un marché régional et continental des arts du spectacle en attente de création».

 

En plus des nombreux spectacles en tous genres, qui étaient au menu de ce MASA 2014, qui s’est installé tant à Abidjan qu’à Bassam et à Bouaké, la réflexion s’est greffée à la distraction et au mouvement, sous la forme de Rencontres Professionnelles tenues à l’Institut Français d’Abidjan. Outre le thème générique du Marché, elles ont permis d’aborder le théâtre d’Afrique au féminin et d’échanger sur les réussites, les défis de la collaboration entre responsables d’évènements culturels sur notre continent, la place de nos pays dans les marchés mondiaux de la culture, entre autres sujets pertinents..

 

 

Pour ce qui est de la participation du Mali, l’on peut estimer qu’elle a été plus qu’honorable, tant dans le MASA In que dans les activités Off. Le Super Biton National de Ségou, la très prometteuse chanteuse et guitariste Mariam Koné, Doussou Bagayogo, l’international malien du théâtre et de l’humour Habib Dembélé dit Guimba, la compagnie de danse contemporaine Gnagamix, Donko Seko de Kettly Noël, la styliste Maria Bocoum Kéita, les organisateurs du Festival sur le Niger de Ségou, nos spécialistes de la Culture, la presse, bien qu’en formation réduite, tous ont mouillé le maillot!

 

 

Seuls manquaient à l’appel les officiels maliens du ministère en charge des questions d’art et de culture et ceux composant notre représentation diplomatique en Côte d’Ivoire. Pourquoi? Nous tenterons d’apporter des éclaircissements à cet état de fait, nuisible à l’image de notre pays à l’étranger, prochainement dans ces colonnes.

 

 

Ramata Diaouré, Envoyée Spéciale à Abidjan