L’adolescence malienne à la dérive

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adolescence malienne

« Pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village ». Ce proverbe si cher à notre culture n’a jamais été si lourd de sens. Les récentes exactions de groupes armés terroristes en terre malienne ont affaibli les ressources alimentaires.  Les incendies de greniers dans les régions du centre et du nord sont à l’origine de l’exode de nombreux jeunes maliens de leur village. Cette adolescence itinérante, privée de repères, ne bénéficiant d’aucun encadrement de la part de notre système éducatif en crise, se retrouve à la dérive. Naufragée de la société, une part importante de notre jeunesse voit au sein des groupes terroristes le seul cap envisageable afin d’assurer sa survie.

Les enfants du Mali, notre jeunesse, sont le seul rempart à la montée en puissance du djihadisme. L’enjeu est de les préserver, les guider afin d’assurer un avenir meilleur à notre Nation. La multiplication des attaques et des destructions des récoltes par le JNIM est à l’origine d’un phénomène alarmant. En effet, pour assurer la pérennité du village, la survie des anciens et des plus jeunes, les adolescents sont de plus en plus incités, voire forcés, à quitter leur famille et leur village et se retrouvent dans une précarité inquiétante.

Les nombreuses actions djihadistes revendiquées par le JNIM visent à détruire toutes formes d’infrastructures scolaires. Cet acharnement illustre bien la crainte des djihadistes de voir véhiculée toute autre éducation que la leur. L’éducation ne doit plus être frappée mais défendue de toutes nos forces!

À cette insécurité liée à la transmission même des connaissances scolaires élémentaires, s’ajoutent des lacunes sévères dans la formation des enseignants, un contenu pédagogique obsolète et des grèves récurrentes. La volonté du gouvernement à moderniser le système éducatif est réelle. Dernièrement il a initié un débat sur une perspective d’évolution du programme d’éducation sexuelle pour revaloriser la place des femmes dans la société. Malheureusement cet élan de modernité a très rapidement été déformé par l’opposition en la personne du président du HCIM, Mahmoud Dicko. Par souci d’apaisement, l’atelier de réflexion sur l’enseignement de l’éducation sexuelle dans les écoles a donc été suspendu. Du coup, au lieu d’intégrer les aspirations de notre société, l’Iman Dicko continue de prôner un discours d’un autre temps qui n’est pas sans rappeler celui d’Iyad ag Ghali, leader du JNIM, fervent défenseur de la Charia, très loin de nos traditions multiculturelles.

Le bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a publié récemment un rapport sans équivoque sur les conséquences de l’insécurité au Mali : 807 écoles fermées, 242 000 enfants sans éducation, 120 300 déplacés dans le pays et 125 000 malnutris. Il serait irresponsable et criminel de nier que ces chiffres ne sont pas le résultat de l’escalade de violence des groupes armés djihadistes. Notre jeunesse errante, n’ayant aucun accès à la connaissance, est un vivier de choix pour les recruteurs des groupes terroristes. Ils leur inculquent les valeurs d’un Islam radical contraire au nôtre, d’influence malikite, et aux valeurs même de nos cultures d’origine. Leur seul objectif est de les endoctriner pour en faire des combattants plutôt que d’en faire notre future élite!

La sortie de la crise que traverse notre pays ne se fera pas sans une jeunesse éduquée et cultivée. L’apprentissage de nos racines, un environnement familial stable, alliés à un système scolaire moderne et tournés vers l’avenir est la seule alternative incontestable et incontournable à l’obscurantisme orchestré par la propagande djihadiste des groupes terroristes.

B. SAMBA

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