Réduction du train de vie de l’état : Les recettes originales de l’expert – comptable Mamadou B. Diallo

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Face à l’équation du poids insupportable de certaines dépenses de fonctionnement de l’Etat, une question qui polarise les opinions et taraude les esprits, le jeune expert-comptable Mamadou B. Diallo s’illustre par un écot qui sort du commun. Et dont économie est fait dans la cette contribution qu’il nous a fait parvenir.

La Réduction du train de vie de l’Etat passe par la rationalisation et une rigueur dans l’utilisation des maigres ressources du pays.

Partout au monde, dans les pays qui en ont pris conscience, les politiques participent à la réduction des trains de vie de l’Etat sous diverses formes. On rencontre des élus qui circulent dans les transports en commun, les ministres adoptent un mode de vie professionnel simple, pas d’huissiers, de simples réceptionnistes vous annoncent au ministre et c’est lui qui vient vous chercher dans une salle d’attente basique.

Dans le contexte de crises sanitaire et sécuritaire qui exercent une pression sur les ressources de l’Etat, le Mali ne saurait longtemps ignorer cette réalité pour rendre son fonctionnement performant.

Pour y parvenir nous proposons une classification des dépenses de l’Etat en trois (03) grandes catégories :

– les dépenses vitales : elles concernent les charges nécessaires à la survie de la république ; de par leur nature elles ne peuvent être différées sans compromettre le bon fonctionnement de l’Etat ;

– les dépenses à caractère obligatoire mais non vitale : elles concernent les charges qui sont supportées par l’Etat selon leur caractère légal, cependant leur inexécution ne remet pas en cause l’équilibre de l’Etat ;

– les dépenses de privilèges ou avantages particuliers : il s’agit des dépenses supportées par l’Etat sans qu’elles ne soient adossées à un fondement juridique.

Propositions de réduction des charges sur les 3 catégories de dépenses précitées :

les dépenses vitales :

Elles sont à la fois vitales et stratégiques. Y figurent la défense de l’intégrité du territoire, la santé et l’éducation. Viennent ensuite certaines dépenses de fonctionnement de l’Etat (les salaires et les dettes intérieures).

Quelques pistes de réduction sur ces types de charges :

Nous pensons qu’il est nécessaire de faire signer par chaque ministre de la République, Président d’institution de la république, Gouverneur, préfet et sous-préfet une décision obligeant chaque agent de l’Etat à s’engager à la réduction des charges au travers les actions suivantes :

  • désigner un responsable énergie dans les services centraux de l’Etat et dans les services rattachés (EPA, EPIC société d’Etat). Le responsable énergie devra mensuellement produire un rapport à l’endroit du ministre ;
  • l’obligation d’éteindre les lumières et de mettre hors circuit tout autre branchement à la décente du service ;
  • réduire au minimum les voyages de travail et autres visites hors du territoire ;
  • réviser à la baisse et de manière significative les coûts de loyers liés aux contrats de baux des bâtiments occupés par les services publics échus ou en voie de l’être, tout en légiférant sur les charges locatives ;
  • optimiser l’utilisation des consommables de bureau, tels que les papiers rames par l’impression systématique des documents administratifs en recto verso, l’installation de photocopieurs en réseau ;
  • diligenter le traitement administratif et financier des engagements de l’Etat ;
  • Mettre fin à toute pratique de renchérissement des coûts de production des biens et services ;
  • Faire appliquer dans toute la rigueur les procédures de passation des marchés publics.
  1. les dépenses à caractère obligatoire mais non vitale :

La nature de ces dépenses leur confère un caractère juridique obligatoire. Cependant, leur rationalisation ne saurait affecter le bon fonctionnement de l’Etat.

Quelques pistes de réduction sur ces types de charges :

réaffecter une partie du budget de souveraineté des Présidents d’Institution qui en disposent à des services sociaux de base vers les zones sinistrées ;

réduire le nombre de conseiller affectés aux différents ministres de la république ;

réduire le parc de véhicules et de chauffeurs à disposition au niveau de chaque ministre de la république (2 véhicules par ministre) et de chaque département ministériel ;

réduire le parc de véhicules et le nombre des chauffeurs à la disposition des Présidents d’institution de la République ;

réduire de manière drastique le parc de véhicules de l’Etat de manière générale ;

orienter les nouvelles acquisitions de véhicules sur des gammes à faible consommation ;

plafonner les dotations en carburant des Ministres, Gouverneurs, Présidents d’institution et autres préposés de l’Etat à la quantité minimale nécessaire ;

plafonner la consommation d’eau et d’électricité par ménage au niveau des logements d’astreinte (camps militaires, les cités des officiers, logements de ministres, préfets, gouverneurs, Présidents des institutions, etc) ;

mettre fin aux forfaits illimités des ministres et de quelques hauts-fonctionnaires par l’instauration d’un système de plafonnement des communications mensuelles ;

Appliquer systématiquement la classe économique lors des voyages des officiels pour les trajets de moins de six (6) heures ;

limiter les accompagnateurs du titulaire lors des missions officielles au strict minimum ;

Engager des réflexions sur la révision des lois portant affectation des ressources aux partis politiques et à d’autres organisations dans le sens d’optimisation des budgets affectés ;

réduire à titre symbolique les émoluments et salaires du Président de la transition, du PM, des ministres de la république, des présidents d’institution de la République, des membres du CNT, entre autres.

les dépenses de privilèges ou avantages particuliers :

Il s’agit des dépenses supportées par l’Etat sans conférer un caractère obligatoire à leur bénéficiaire.

Quelques pistes de réduction sur ces types de charges :

Souscrire à une police d’assurance sanitaire prenant en compte l’évacuation de certaines catégories de fonctionnaires. Renoncer à la prise en charge par l’Etat de toute évacuation en dehors de ce cadre ;

Rationner les dotations alimentaires des responsables de l’administration.

Un autre aspect du train de vie de l’Etat porte sur l’impact de la corruption qui pourrait être atténuer par l’information de l’administration.

A terme, la réduction du train de vie de l’Etat doit se traduire par une amélioration généralisée des conditions de vie de la population.

Auteur : Mamadou Boye DIALLO,

Expert-Comptable Diplômé,

Commissaire aux Comptes.

 

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