Focus : L’éternelle… fuite en avant

16 Octobre 2014 - 03:42
16 Octobre 2014 - 03:42
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[caption id="attachment_542592" align="alignleft" width="350"]Dépôt de gerbes de fleur au monument de l’indépendance : IBK rend hommage à la presse malienne Son Excellence, Ibrahim Boubacar Keita, IBK[/caption] C’est devenu une habitude : pendant que la case brûle, le chef de famille, lui, abandonne constamment le domaine familial, pour se retrouver sous des cieux plus cléments. Histoire, peut être, de dire aux membres de sa famille : « débrouillez-vous sans moi !»  Ou encore  «s’il vous arrive un drame, moi je serais déjà loin ! ».   Voilà à quoi ressemble, aujourd’hui, l’image d’un Mali qui va à vau-l’eau. Un Mali qui s’effondre inexorablement, parce que le sommet a failli. Pendant ce temps et au moment où le pays se trouve dans cette situation chaotique, le président Ibrahim Boubacar Keïta semble avoir d’autres priorités. Voyager, voyager et voyager, telle semble être sa priorité. Il vient de rentrer d’Afrique du Sud, où il a assisté à une session du parlement panafricain. Quel est l’intérêt de ce sommet pour le Mali ? Avant, IBK a passé une bonne dizaine de jours à New-York, où il a finalement fait une adresse à la tribune des Nations-Unies.   La salle était quasiment vide, ce jour, beaucoup de dirigeants de pays membres de l’Organisation étaient déjà rentrés chez eux. Là, n’est pas le problème. Le véritable problème du Mali est que le pouvoir actuel, à commencer par le président de la République, semble engager dans une éternelle fuite en avant.   Au moment où les négociations sur le nord s’enlisent à Alger, avec de sérieuses menaces sur la stabilité du pays, au moment où à Bamako, les scandales, les surfacturations, les détournements des deniers publics, la gabegie et le népotisme deviennent des pratiques banales qui rythment la marche de l’Etat, au moment où les différents syndicats, dont l’Untm, face à l’incurie du gouvernement d’apporter des solutions aux revendications du monde du travail, menacent de déclencher des mouvements, au moment (enfin) où les populations ont mille et une difficultés pour joindre les deux bouts, le chef de l’Etat, dans sa fuite en avant, abandonne le pays, pour d’incessants voyages à l’étranger. Des voyages extrêmement coûteux pour le trésor public et dont la portée pour le Mali est insignifiante, voire nulle. Mais à beau courir, la réalité est toujours là. Elle est têtue et implacable. C.H. Sylla  

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