Paix et réconciliation au Mali : L’ONU priorise l’application des principales dispositions de l’Accord

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Nord du Mali : pourquoi ça bloque
Abdoulaye Diop, le ministre des Affaires étrangères, avec des représentants du MNLA, à Bamako, le 15 mai. © EMMANUEL DAOU BAKARY

Selon les membres du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, le Gouvernement malien et les groupes armés de la Plateforme et de la Coordination devraient prendre un certain nombre de mesures afin  que les populations bénéficient des avantages de la paix. C’est du moins ce qui ressort d’une déclaration que le Conseil a faite à la presse après avoir entendu le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix.

Le 11 janvier 2016, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont entendu un exposé du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, sur la situation au Mali. Cette tribune fut une occasion pour le Conseil de mettre, encore une fois, un accent sur la responsabilité accrue des parties signataires de l’Accord, auxquelles il revient prioritairement d’instaurer une paix durable au Mali. Partant, les membres du Conseil ont salué les premières mesures positives prises dans le cadre de l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation, avant de demander au Gouvernement et aux groupes armés de la Plateforme et de la Coordination de maintenir un dialogue constructif, avec la ferme volonté d’accélérer la mise en œuvre du document issu du processus d’Alger. Aussi, les ont-ils priés d’appliquer d’abord les principales dispositions de l’Accord pour la paix et la réconciliation, afin que les populations de notre pays puissent bénéficier des avantages de la paix.

A cet égard, le Conseil de sécurité préconise que les parties fassent progresser le déploiement de patrouilles conjointes de sécurité dans le Nord du pays, le cantonnement, le désarmement, la démobilisation et la réintégration des combattants armés, ainsi que la décentralisation, tel que prévu par l’Accord.    Les membres du Conseil ont par ailleurs remercié le Tunisien Mongi Hamdi pour son travail en tant que Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), pour les efforts qu’il a déployés  dans le cadre de l’appui au processus de paix, ainsi que ses initiatives personnelles visant à désamorcer les tensions intercommunautaires.  Au nouveau Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali et chef de la Minusma, le Tchadien Mahamat Saleh Annadif, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont notifié leur soutien. Partant, ils ont rappelé qu’ils soutiennent la Mission ainsi que les forces françaises qui l’appuient. Dans le cadre de l’application de l’Accord de paix, les membres du Conseil ont prié instamment les parties signataires-notamment le gouvernement, la Plateforme et la Coordination- de collaborer pleinement et de coordonner leurs actions avec celles du Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU. Appel a été également lancé au Comité de suivi de l’Accord (CSA) ainsi qu’aux partenaires internationaux concernés afin qu’ils coordonnent leurs efforts avec ceux du Représentant spécial du patron de l’organisation mondiale. Au regard des conditions sécuritaires, notamment la propagation des activités terroristes au Centre et au Sud, le Conseil a estimé que la pleine application de l’Accord et l’intensification de la lutte contre les menaces asymétriques pourraient contribuer à améliorer les conditions de sécurité dans l’ensemble du pays. Partant, il a lancé un vibrant appel à l’endroit du Secrétaire général de l’ONU et tous les pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police, ainsi que les donateurs bilatéraux, de maintenir leurs efforts permettant au personnel de la Minusma de bénéficier du matériel et de la formation nécessaires à l’accomplissement de leur mission. En vue de la relance économique du Mali, le Conseil onusien a appelé tous les partenaires internationaux au respect des engagements pris lors de la Conférence internationale de Paris, tenue le 22 octobre 2015.

Bakary SOGODOGO

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