In memoriam : Amara Sylla, C’était Amsyl !

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Il était simplement solaire. On pouvait donc finir par oublier son statut de mortel. Il mobilisait, avec une rare aisance, chaque muscle de son visage pour rire et sourire, et très rarement pour se raidir. Si être débonnaire n’est pas de la naïveté mais la marque profonde de la supériorité que confère l’humilité vraie, alors Amara Sylla était débonnaire. Donc humble, profond et vrai. Nul doute alors que chacune de nous, chacun de nous pense avoir perdu son plus proche confident, son meilleur ami, son seul frère. C’était lui ce rire charmeur constamment échappé d’un corps d’athlète. C’était lui cette lumineuse générosité qui pouvait lui faire promettre l’impossible car chez lui l’autre était roi. C’était lui cet irrésistible vertige de la créativité. En un mot, c’était lui Amsyl. Il n’avait sans doute pas la gouache solide de Picasso. Mais il pouvait revendiquer un don unique: la gouaille qui a séduit tout son monde. Tout ce monde qui le pleure a juste raison, de larmes sincères et de réelle affliction. Car s’il n’est pas là, lui, ça se sentira lourdement. Qui ose parier le contraire ?
Adam Thiam

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