Coup de griffe : Ramdan de Ramadam !

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Le Ramadan au Mali cette année, c’est exceptionnel ! A cause des difficultés bien sûr ! Dur, dur de jeuner dans ces conditions de cherté de la vie. Les prix prennent l’ascenseur, les autorités restent de marbre, pendant que les citoyens supportent stoïquement les affres de la débrouille au quotidien.

C’est encore plus grave lorsqu’on doit passer sa journée sous une chaleur torride, sans possibilité de ventilation ou de climatisation, à cause de coupures intempestives de courant. On a connu des délestages au Mali, mais cette année c’est exceptionnel et chaque jour que Dieu fait, la situation va de Charybde en Scylla. Silence, le ministre de l’Energie fait des prêches dans le désert !

C’est donc avec la sueur dégoulinant sur le torse, parfois à demi-nu, que des commerçants sont obligés de vaquer à leurs occupations. En essayant de se trouver une bouffée d’air frais avec un éventail, ils suent beaucoup plus, à grande eau, à cause de l’effort physique déployé. Faut-il ajouter à cela le masque de protection contre la Covid-19 ! On suffoque, mais a-ton vraiment le choix.

Généralement, le Ramadan est une période d’accalmie aux plans politique, social et culturel. Mais le Ramadan de cette année, c’est la période d’un grand ramdam national, avec surtout le front social qui s’embrase. Fer de lance de ce mouvement de protestation, la centrale syndicale Untm qui défie le gouvernement pour exiger le respect des accords qui les lient. Accords signés après d’âpres négociations. Faut-il croire que les accords signés par les gouvernements successifs au Mali n’engagent que ceux qui y croient ! Chaque fois que des points d’accord sont appliqués, ils ne sont mis en œuvre que suite à de multiples rappels des syndicats, ponctués de menaces de débrayage. Oui, il faut que les syndicats bandent des muscles pour faire entendre raison.

Heureusement que le pire est évité au Conseil national de la jeunesse (Cnj-Mali), pour le moment, parce que le problème, loin de trouver une solution définitive, n’a été que différé. Attendons-donc la fin de la Transition instaurée à la tête de la faitière de la jeunesse pour se convaincre de l’efficacité de la solution inspirée par le ministre de la Jeunesse et des sports.

Lever de boucliers à Markala et dans d’autres localités du pays qui rejettent le redécoupage administratif proposé par la Transition. Le Ramadan n’a pas empêché de battre le macadam pour manifester sous la chaleur particulière enregistrée cette année. Pendant ce temps, dans le cercle de Kéniéba, les populations font face à des Chinois chercheurs d’or qui détruisent l’environnement car utilisant des engins pour retourner le sol, ne laissant que désolation à leur passage. On est au bord du conflit intercommunautaire à Kéniéba si le gouvernement n’agit pas vite pour calmer les ardeurs des uns et des autres décidés d’en découdre.

Mais puisque nous sommes au mois béni de Ramadan, prions Le Tout-Puissant de ramener la paix et la stabilité au Mali et surtout d’adoucir la vie des populations qui n’ont en réalité que leur foi pour tenir le jeûne car dépourvues de presque tout ce qui faisait, jadis, l’essentiel de leur vie quotidienne.

Amadou Bamba NIANG

 

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