Rencontre entre le PM Ouane et les Forces vives, hier : Un comité mis en place « pour réussir les réformes politiques et institutionnelles indispensables pour bâtir un Mali moderne »

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Hier, lundi 15 mars 2021, le Premier ministre, Moctar Ouane, Chef du gouvernement, a rencontré les forces vives de la nation malienne (classe politique-société civile-syndicats, mouvements signataires de l’accord, chefs traditionnels etc.) au Centre international de conférence de Bamako (CICB). Au cours de cette rencontre, un Comité d’orientation stratégique (COS) a été mis en place pour « réussir les réformes politiques et institutionnelles indispensables pour bâtir un Mali moderne ». L’un des objectifs de ce comité placé sous l’autorité du Premier ministre est de créer un cadre inclusif d’échanges et de réflexions sur les réformes politiques et institutionnelles à mener pendant la Transition.

Outre le Premier ministre Moctar Ouane, on notait la présence des Ministres de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Abdoulaye Maiga, de la refondation de l’Etat chargé des relations avec les institutions, Mohamed Coulibaly, de l’emploi et de la formation professionnelle, Mohamed Salia Touré, porte-parole du gouvernement, de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Mme Bintou Founé Samaké, des responsables des partis politiques comme Pr. Younouss Hamèye Dicko, Tiébilé Dramé, Pr. Salikou Sanogo, Maouloud Ben Kattra, Assétou Sangaré, des représentants des mouvements signataires de l’accord, des syndicalistes comme le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), Yacouba Katilé, des responsables des organisations de la société civile comme Boureima Allaye Touré, Drissa Traoré, du coordinateur des chefs de quartier de Bamako, Bamoussa Touré et plusieurs autres personnalités. Dans ses mots de bienvenue, le Premier ministre, Moctar Ouane a mis l’accent sur la rencontre qu’il a eu à faire avec la classe politique le 11 février dernier ayant donné naissance à une grande idée à savoir la création d’un espace pour parler du Mali. « L’organe consultatif que nous allons, aujourd’hui, porter sur les fonts baptismaux est une réponse à votre pertinente proposition d’un cadre de concertation et d’échanges avec vous, acteurs politiques et sociaux, pour nourrir la réflexion du gouvernement et l’aider dans l’action.

La création du cadre de concertation voulu, participe, certes, d’une ardente nécessité et ne saurait être une mesure cosmétique. C’est qu’en effet, ce cadre constitue la structure idoine pour réussir les réformes politiques et institutionnelles indispensables pour bâtir un Mali moderne. Cette entreprise se heurte depuis de nombreuses années à l’on ne sait quelles forces rétives au changement et à la nouveauté. Il s’agit, en l’occurrence, d’aider à matérialiser les changements nécessaires à l’émergence du Mali nouveau qui doit se hisser au-delà d’un slogan utilisé pour servir de paravent à l’inertie. La note conceptuelle qui vous a été envoyée en même temps que la lettre vous conviant à cette réunion précise les objectifs, la composition et le fonctionnement du Comité d’orientation stratégique (COS) à mettre en place et au sein duquel seront discutés les points concernant, notamment : le parachèvement du processus de réorganisation territoriale ; la réforme du système électoral ; l’élaboration et l’adoption d’une nouvelle Constitution ; la poursuite du chantier de la régionalisation », a déclaré Moctar Ouane. Selon lui, cette rencontre est la concrétisation de l’un des six axes du Plan d’action du Gouvernement de Transition adopté le 22 février 2021 par le Conseil national de Transition (CNT). Le Premier ministre a fait savoir que le Mali traverse une crise qui constitue une véritable tragédie pour certains de nos concitoyens qui ne peuvent plus aller au champ, à l’école, au travail ou tout simplement vivre librement. Selon lui, le Comité d’orientation stratégique voulu n’est ni une panacée ni une baguette magique. « Il ne sera que ce que notre engagement patriotique, notre loyauté au Mali et notre volonté de bâtir une grande nation en feront », a conclu le Premier ministre. A sa suite, son conseiller spécial, Baba Dakono, a présenté les termes de référence du Comité d’orientation stratégique (COS). Dans sa présentation, Baba Dokono a fait savoir que le Premier ministre a pris l’initiative de mettre en place un comité d’orientation stratégique qui devra contribuer à la mise en œuvre des réformes politiques voulues et souhaitées par le peuple malien. «La mise en place d’un tel dispositif permet de prendre en charge l’implication de toutes les forces vives de la nation dans le processus de réformes de l’État au Mali.

L’organe ainsi créé, sous l’autorité du Premier ministre, regroupera une cinquantaine de membres. La création de ce comité consacré aux réformes politiques et institutionnelles poursuit un triple objectif : Créer un cadre inclusif d’échanges et de réflexions sur les réformes politiques et institutionnelles à mener pendant la Transition ; Impulser une dynamique et orienter la mise en œuvre des réformes politiques et institutionnelles ; Assurer la coordination et le suivi dans la conduite des réformes majeures à mener dans les domaines politique et institutionnel, conformément à la feuille de route de la Transition et sur la base des leçons tirées des précédentes initiatives », révèle les TDR du comité.

Aguibou Sogodogo

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1 commentaire

  1. C’est très grave, si le premier-ministre et son gouvernement pensent que c’est ça une concertation sérieuse avec les Maliens et l’ensemble de la classe politique pouvant déboucher sur l’adoption et la mise en œuvre de ce que les membres du régime actuel appellent obsessionnellement les “réformes politiques et institutionnelles”.

    On dirait que ce dont il s’agit, ce n’est pas de “réformes politiques et institutionnelles indispensables pour bâtir un Mali moderne”, mais de “réformes politiques et institutionnelles indispensables pour bâtir un quartier de Bamako moderne”

    Ceux qu’on voit sur les images d’illustration d’un autre article gouvernemental publié ce même jour semblent être plus des personnes triées et invitées pour se comporter comme des figurants (par ex. l’ancien ministre d’IBK monsieur Dramé dont l’épouse, si je ne me trompe pas, est elle-même ministre dans le gouvernement actuel) que des citoyens maliens éveillés capables de dire au gouvernement actuel que le peuple ne lui a conféré par les urnes ni le pouvoir politique ni la légitimité démocratique préalables et nécessaires à toute tentative de changement de la Constitution de 1992, et que l’accord d’Alger doit être relu dès maintenant.

    Pour faire passer en force le projet de changement de la Constitution de 1992 dans le but d’appliquer le volet “politique et institutionnel” de l’accord d’Alger, on refait au peuple malien le même coup que celui qu’on a connu lors de la création du CNT que certains essayent de nous vendre, sans trop réussir à convaincre, comme le parlement national du Mali.

    Au final, l’impression est donnée par certains d’être venus au pouvoir et au sommet de l’État du Mali uniquement en mission pour appliquer l’accord dit d’Alger, notamment le volet politique et institutionnel de ce document, particulièrement en matière de régionalisation politique et de création d’une seconde chambre parlementaire (sénat) très budgétivore.
    Quant à la révision de l’accord dit d’Alger, elle semble être passée, aussi vite qu’elle a été annoncée, au second plan de l’agenda du gouvernement en faveur de l’objectif principal de la mission.
    Car si on veut véritablement réviser l’accord d’Alger et respecter la volonté du peuple malien, on commence d’abord par décréter un “embargo” sur ce document pour bloquer son application poussive. Ensuite, on organise une très large concertation nationale entre Maliens pour discuter des points litigieux de ce document et se mettre d’accord sur ce qu’il est possible de garder et ce qu’il convient de jeter à la poubelle. C’est à la fin d’un tel processus de concertation, de discussion et d’accord entre Maliens que le gouvernement actuel pourrait revenir vers le peuple avec ses projets de “réformes politiques et institutionnelles”.
    Or, le gouvernement fait actuellement le contraire de cette démarche démocratique. Il met la charrue avant les bœufs : il applique d’abord intégralement l’accord d’Alger par la modification de la Constitution et, si le temps le lui permet, discutera ensuite superficiellement avec quelques personnes acquises à ses vues de la révision de cet accord.
    Autant dire que c’est encore un marché de dupes qui est proposé au peuple malien à travers l’annonce gouvernementale de révision de l’accord d’Alger puisqu’il ne restera pas grand chose à réviser d’ici quelques mois si l’application poussive de l’accord d’Alger est poursuivie à la vitesse supersonique actuelle.

    C’est très regrettable que soit ignoré l’avis des nombreux Maliens et observateurs étrangers mettant en garde les autorités publiques contre l’application de l’accord dit d’Alger et le changement de Constitution du Mali.

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