Ouverture du procès de Boubacar Yalcoué : Un début inquiétant sous pression

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Procès cour constitutionnelle / journal « Le Pays
De nombreux soutiens à Yalcoué lors du procès

Les journalistes de la presse écrite, audio et audiovisuelle sont sortis massivement hier matin, jeudi 29 novembre 2018 pour soutenir notre confrère Boubacar Yalcoué, Directeur de publication du journal ” Le Pays ” au tribunal de la Commune V. Déjà, certains confrères en l’occurrence Dramane Aliou Koné, président de la Maison de la Presse s’inquiètent et dénoncent une pression sur le tribunal pour donner raison au plaignant.

            “L’état de la liberté d’expression se dégrade au Mali ” déplore le président de l’ASSEP Bassidiki Touré.

En effet, rien qu’en 2018, les Institutions de la République ont intenté trois (3) procès contre les journalistes. La toute dernière a commencé hier et oppose Manassa Dagnoko, Président de la Cour Constitutionnelle au Directeur de publication du journal “Le Pays” Boubacar Yalcoué.

Du fait que le plaignant est la présidente de la Cour Constitutionnelle, ce procès a pris un caractère spécial. ” On a l’impression qu’on n’est pas face à un procès ordinaire “ souligne Bassidiki Touré. Bien sûr que ce n’est pas un procès ordinaire aux yeux des plaignants même si leur avocate Me Nadia dit le contraire. Car le dispositif sécuritaire déployé pour cette audience ressemblait au dispositif qui devrait être déployé pour le procès d’un bandit de grand chemin. Equipés des outils antiémeutes, les forces de l’ordre avaient formé un cercle autour du tribunal qui abrite ce procès. Durant tout au long de cette audience, toutes les voies d’accès au périmètre du tribunal étaient bloquées par des hommes en uniforme munis de matraque, de boucliers et même des lanceurs de gaz lacrymogène. Dans la salle de l’audience, Sanogo et ses hommes surveillent tous les mouvements donnant l’impression que nous sommes toujours sous le joug de la dictature. Pas de chuchotement, pas de téléphone, même éteint. De plus, la partie civile a choisi une voie qui consiste à contourner le procureur et à mettre automatiquement le tribunal au travail.

Au regard de tous ces constats, le président de la Maison de la Presse Dramane Aliou Koné déplore une pression sur le tribunal afin qu’il donne raison au plaignant. D’où son inquiétude dès cette première audience.

Par ailleurs cette première audience avait pour objet de fixer le montant de la consignation. Elle a été fixée à 500.000 FCFA sur recommandation du ministère public. L’audience de fond est prévue pour le 13 décembre prochain et la presse est déterminée à apporter son soutien sans faille au confrère Yalcoué. Outre la presse, ce dernier bénéficie du soutien de plusieurs jeunes qui étaient venus le soutenir hier matin.

Cependant, ces jeunes se sont vus empêcher de s’approcher au tribunal.

Yacouba TRAORE

 

Procès Manassa Dagnoko / Boubacar Yalkoue

” Le  procès du 29 novembre n’est pas seulement contre Boubacar Yalkouyé, mais contre toute la presse ” dixit le Secrétaire général de l’UNAJEP Benjamin Sangala

Le Directeur de publication du journal “Le Pays” est appelé à la barre le jeudi 29 novembre au Tribunal de la Commune V pour répondre à une plainte de Manassa Dagnoko, présidente de la Cour Constitutionnelle. En attendant, l’Union Nationale des Jeunes Editeurs de Presse (UNAJEP) a organisé une conférence de presse le lundi 26 novembre à la Maison de la Presse pour exprimer son soutien à leur confrère.

” Entre la peur des gaz et matraques des forces de l’ordre, des enlèvements par des individus inconnus et des procès à n’en pas finir, le journaliste malien est quotidiennement stressé dans l’exercice de son métier “, déplore le Secrétaire général de l’UNAJEP Benjamin Sangala.

En effet, c’est aujourd’hui le cas de Boubacar Yalkoué, Directeur de publication du “Le Pays “ qui fait face à Manassa Dagnoko, présidente de la Cour Constitutionnelle.

Si ce procès est perçu comme une atteinte à la liberté d’expression, les hommes de média n’entendent point se laisser faire. Ils ne comptent pas abandonner leur confrère seul face à Manassa qui est la présidente de la Cour Constitutionnelle. D’où cette conférence de soutien de l’UNAJEP à l’égard de M. Yalkoué. En plus de l’UNAJEP, l’ASSEP (Association des Editeurs de la Presse Privée) soutient également l’accusé. ” Yalkouéa-t-il raison ou pas, ce n’est pas la question […] il serait très bien de sortir massivement pour soutenir Yalkoué ” martèle le président de l’ASSEP M. Bassidiki Touré. Avant d’ajouter ” on va gagner ce procès “.

Par ailleurs, c’est toute la presse malienne qui est mobilisée derrière les organisations faitières pour demander un non lieu de ce procès. Car celui-ci est le troisième procès intenté par les Institutions de la République à l’encontre des journalistes en 2018. Il s’agit des cas : de l’Assemblée Nationale à l’encontre de Ammy Baba Cissé du journal “Le Figaro “ du Mali, de la Cour constitutionnelle qui l’a opposé à Dramane Aliou Koné de “L’Indicateur du Renouveau.”

Yacouba TRAORE

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1 commentaire

  1. Cette fois-ci chers journalistes nous disons et demandons de laisser la vérité couler de source. Cette mobilisation pour soutenir Yalkoué n’est pas faite que des journalistes venus assister un justiciable mais ressemble fort à un rassemblement de vandales prêts à réagir à la moindre décision défavorable à votre collègue, donc c’est de bonne guerre que les dispositions sécuritaires soient à la hauteur de la persuation.
    Ne donnons aucun autre caractère tendancieux à ce procès, il doit avoir lieu pour la simple raison qu’informer vrai pour le combat qui est le vôtre démeure absolument nécessaire pour l’érection de la justice contre les abus et les brimades de tous genres sur le plus grand nombre.

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