Pour la stabilité du Mali : La refondation de l’Etat passe par la prolongation de la transition

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Textes inadaptés à la bonne marche du Mali, corruption généralisée, impunité accordée aux démocrates, gaspillage des terres agricoles, pauvreté, manque de ressources humaines de qualité, incivisme, indiscipline… Le Mali a plus que besoin des femmes et des hommes dignes de son rang pour le remettre sur le bon pied afin de conjuguer au passé la rupture constitutionnelle. Sans cela, les militaires trouveront toujours des failles pour occuper l’espace politique avec toutes les conséquences que nous connaissons. Et pour éviter à notre pays un pas en avant et dix pas en arrière, nous devons sans ambages accepter la prolongation de la transition pour ne pas créer d’autres problèmes au nouveau président de 2022.

Entre le marteau du respect du délai de la transition de dix-huit mois accordé à la transition malienne par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’enclume des réformes réclamée par l’ensemble des Maliens qui ne souhaitent plus revivre l’irruption des militaires sur la scène politique, les autorités de la transition soufflent le chaud et le froid. Elles n’arrivent toujours pas à se décider s’il faut aller au- delà des dix- huit mois imposés à notre pays par le bras armé de l’impérialisme rampant, la CEDEAO. Ce qui est sûr et certain, le respect du délai de l’organisation sous- région sera un danger permanent pour notre pays et créera plus de problèmes que de solutions de sortie de crise. Il est insuffisant pour l’avènement du Mali nouveau qui ne verra jamais le jour sans les réformes politiques et institutionnelles. Ce sont elles seules qui peuvent annoncer un nouveau départ pour le peuple malien qui ne cesse de blanchir sous le harnais depuis l’arrivée des valets de l’Occident au pouvoir le 8 juin 1992 et non des élections bâclées qui donneront encore l’occasion à une certaine race d’hommes politiques sans l’amour du pays de se hisser à la tête du pays.

N’en déplaise à ceux qui réclament l’organisation des élections, la transition de 2020 est une chance pour le peuple malien de faire le toilettage des textes qui plombent son avenir et son devenir depuis l’avènement de la démocratie. Ce tournant, le Mali ne doit jamais le rater sous la pression d’une soi- disant communauté internationale et des sangsues du peuple malien qui bénéficient de la couverture de celle-ci pour piller les richesses nationales. C’est au peuple malien de décider de son sort pour construire pays un stable et envié de par le monde. Et ce rêve d’un Mali nouveau ne se réalisera pas dans le carcan de la CEDEAO et de ses mandibules maliennes qui commencent à empoisonner l’atmosphère politique par la tenue des élections à date indiquée. Il se fera par la volonté des Maliens qui ont compris depuis l’envahissement de notre pays par des forces armées étrangères en 2013 que le Mali s’est plus enfoncé dans la crise et l’insécurité, pour laquelle elles tiennent leur mandat, a gagné en intensité. Leçon à tirer : personne ne viendra construire le Mali à notre place. Il est bon que nos compatriotes sachent que celles-ci ne vont jamais combattre à la place de nos militaires qui ont préféré les bureaux climatisés.

Pour cela, les Maliens ont intérêt à se mettre au travail en accordant leurs violons pour sauver leur pays des cycles de crises dus au comportement de certains de nos compatriotes qui pensent qu’une fois au pouvoir, c’est la voie royale ouverte à toutes sortes d’abus. Ce consensus est aujourd’hui un impératif si le peuple malien souhaite vraiment le changement qu’il ne cesse de réclamer avant et après la chute du général Moussa Traoré, un lieutenant inconnu en 1968, qui a brutalement mis fin au régime progressiste du président nationaliste Modibo Keïta. D’ailleurs, ce coup d’Etat de la soldatesque est à l’origine de toutes les crises socio- politico- économiques de notre pays.

La prolongation de la transition permettra aux Maliens de doter leur pays d’un arsenal juridique qui garantira des chances égales pour les citoyens à quelque niveau qu’ils se trouvent et en le débarrassant du système mafieux créé par une minorité qui ne représente aucun poids politique sur l’échiquier national, mais qui bénéficient du soutien international. Elle sera donnera l’occasion à nos compatriotes d’adopter de nouveaux textes qui briseront l’étau qui accorde l’impunité aux vrais faux démocrates, à savoir l’immunité dont bénéficient un président- prédateur de la République en activité et à la retraite, des ministres voleurs, des députés et autres agents de l’Etat.  Aussi, supprima- t- elle des privilèges et avantages indument accordés à une poignée de femmes et d’hommes.

Si ce n’est pas la refondation de l’Etat, aucune élection ne peut garantir ce changement souhaité par les Maliens. Et maintenir le peuple malien dans le verrou de la CEDEAO du respect d’un délai équivaudrait à la mort programmée du Mali et nos concitoyens n’auront leurs yeux que pour pleurer.

Et bâcler la volonté populaire, à savoir les réformes pour satisfaire les désidératas d’une minorité qui demande la tenue des élections, c’est livré le Mali aux puissances étrangères et leurs dignes représentants maliens qui veulent récupérer la victoire du 18 août au peuple malien, qui dans un sursaut national, est parvenu à chasser l’agent de la mauvaise gouvernance du 8 juin 1992.  Il convient de dire aussi que si les autorités actuelles ne prennent pas leur courage avec leur demain pour entamer les réformes nécessaires devant garantir un bien-être au  peuple malien et demander la prolongation de la transition pour continuer le processus de réformes, la surprise sera grande. Car le peuple prendra son destin en main pour prolonger la transition de la refondation. Cette fois-ci sans les dirigeants de la transition actuelle.

Yoro SOW

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5 COMMENTAIRES

  1. Est-ce que ce yacouba Traoré est au Mali ? De grâce on loin de la sécurité , rien ne bouge , aujourd’hui ceux qui nous parlent de cette refondation où étaient ils de 1991 à nos jours ? Quand les coupables se prennent comme des victimes c’est dommage, ils ne pourront rien refonder ni rectifier si c’est pas piller encore les maigres ressources de l’état, laissez nous en paix , le 28 février ils n’ont qu’à dégager ils ont eu déjà leur part de gâteau.

  2. JOURNALISTE SOW! FOULAKEH!
    IL N YA PAS DE PROLONGATION DU POUVOIR ILLEGITIME DE CHOGUEL M5 RFP, PAS DE PROLONGATION DU DESORDRE, PAS DE PROLONGATION DU POUVOIR DE L IMAM DICKO….MBOUYE, AUTRES…

    NOS COLONELS SERONT TOUJOURS LA POUR SUPPERVISER LA POLITIQUE ET LES CIVILS IDIOTS IMORAUX, DEBILES, VOLEURS….

  3. “Refondation”. Ceux qui font usage de ce mot fourre-tout ne prennent jamais la peine d’en donner une définition précise et d’expliquer aux maliens ce qu’ils mettent dans ce terme. C’est dommage pour la qualité du débat public.

    “Refondation”. Il faut être bien naïf pour croire qu’une énième rencontre à Bamako entre quelques personnes et groupes qui ne représenteront rien d’autre qu’elles-mêmes suffira à impulser la “refondation” du Mali, voire à rendre possible sur le plan constitutionnel la révision de la loi fondamentale du Mali.

    Les acteurs et analystes politiques qui nous rebattent les oreilles avec ce mot “refondation” sont dans la continuation des vieilles recettes et pratiques, faites de palabres inutiles, qui n’ont rien donné de bon au Mali et ailleurs dans le monde.
    Et croire qu’il sera possible dans le contexte actuel au Mali, caractérisé par l’occupation du territoire national, de réviser ou de changer la Constitution du Mali pour “refonder” le pays, sans tenir compte du fait qu’il s’agira non de refonder mais d’appliquer constitutionnellement le volet politique et institutionnel de l’accord d’Alger, relève d’une forme de cécité intellectuelle et/ou de mauvaise foi.

    Le contexte politique, sécuritaire, économique et géopolitique est complètement différent dans le Mali de 2021 par rapport à celui de 1991. Il n’y a actuellement rien à refonder puisque la Constitution actuelle du Mali est moderniste et la législation et la réglementation d’application sont foisonnantes.
    La priorité est d’amener, par la pédagogie et la contrainte, le maximum de Maliens, gouvernés et gouvernants, à respecter la Constitution et les lois existantes pour avancer. La priorité, c’est aussi de trouver les moyens de libérer le territoire national de l’emprise des terroristes séparatistes et religieux.
    Entre-temps, rien n’empêche les autorités actuelles de transition d’adopter des nouvelles lois pour assouvir leur soif de refondation du Mali. C’est à la Constitution qu’elles ne peuvent pas et ne doivent pas toucher. Elles n’en ont ni le pouvoir politique ni la compétence juridique de nature constitutionnelle, dans un contexte sécuritaire qui est au demeurant défavorable à tout projet de révision de la Constitution qui doit obligatoirement passer par la validation populaire lors d’un referendum organisé sur l’ensemble du territoire national.

  4. LA PROLONGATION DE LA TRANSITION VA S’IMPOSER D’ELLE MEME, ON A PAS BESOIN DE DEBAT SUR CELA.
    COMME ON NE DIRA PAS A UN ENFANT QUI VIENT D’APPRENDRE A MARCHE DE COURRIR LES 100 METRES.
    CELUI QUI LE DIT EST FOU.
    CE QUI EST IMPOSSIBLE EST IMPOSIBLE.

  5. je sous favorable pour la prolongation de la transition dans notre pays, ces militaires font de travail remarquable partout et sur tout les terrains ( la sécurité de personnes et de leurs bien, la sécurité alimentaire, la souveraineté sur l’ensemble du territoire national et autres), comme je l’ai déjà dit, le Mali appartient au peuple malien et c’est à nous de décider ce qui est mieux pour notre pays et de l’avenir de notre Pays.
    Ce n’est ni la communauté internationale de nous dire ce que nous devons faire ni la CDÉAO ni un pays membre de G5 Sahel, encore moins de certaines de nos partenaires qui ne font que profiter la situation d’insécurité de notre Pays.
    Les autorités maliennes doivent consulter la population par tout le moyen ( le sondage ou autre) pour connaître leurs avis sur la prolongation de la transition.
    Il y a à peine quelques mois que le Mali commence à retrouver sa place parmi le pays de notre continent.
    IL FAUT DIRE HAUT ET FORT QUE LE JUNIOR DE NOTRE MODIBO (GOÏTA) KEÏTA QUI EST DE RETOUR DANS NOTRE PAYS SANS COMMENTAIRE.
    Si nous, les maliens veulent avoir: l’intégrité territorial sur notre territoire, le développement et une bonne gestion de notre ressource, que notre Pays soit respecté par les autres et le reconstruction de notre pays, nous devons laisser un peu du temps aux militaires à la tête du Pays quelqu’en soit des critiques à leurs égard par les autres pays car ce n’est pas ces critiques qui résoudront nos problèmes.
    A force de précipiter les élections que le Mali envisage pour l’année prochaine, cela risquerait de maintenir notre pays dans sa situation actuelle, ou même pire encore, car si nous nous retrouvons avec un Homme qui est INCAPABLE DE DIRE NON AUX AUTRES AU PROFIT DE NOTRE PEUPLE, le Mali se retrouvera certainement dans une pire situation que la fin de mandat d’IBK ( que Dieu nous en préserve).
    La tête de notre peuple était sous l’eau depuis plusieurs années et vient de sortir pour respirer, ALORS POURQUOI PRÉCIPITER ALORS QUE RIEN NOUS L’OBLIGE ???
    NE SOYONS PAS ENNEMIS DE NOUS MÊME.
    Nous soutenons notre armée et JUNIOR DE NOTRE GRAND MODIBO (GOÏTA) KEÏTA

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