Présidence du Conseil National de Transition (CNT) : Les militaires vont-ils céder à la pression de reculer?

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Au risque de frustrer une partie importante de la classe politique et même des partenaires du pays, la junte militaire ayant renversé le président IBK le 18 août dernier est prié de bien vouloir renoncer à son ambition de propulser l’un de ses chefs à la tête du CNT.

-Maliweb.net- Dans la crise politico-sécuritaire que traverse le Mali, l’on note une unité de vue assez remarquable des partenaires du pays. C’est ainsi que la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne, les Nations-Unies parlent régulièrement de la même voix pour encadrer et accompagner le processus de déroulement de la Transition en cours.

C’est dans ce sens que pour parachever le processus de mise en place des organes de la Transition, les partenaires précités semblent unir leur voie pour recommander, au départ, une période transitoire dirigée par des civils, et non par des militaires. C’est donc avec une certaine « ouverture d’esprit » que la communauté internationale a fini par accepter que la Transition soit dirigée par un militaire à la retraite et qu’un poste de vice-président lui soit agencé, piloté par le colonel chef du commando qui a renversé le président IBK, Assimi Goïta. Ce dispositif avait été alors« toléré » (selon le mot d’un diplomate de la CEDEAO) du fait de la particularité du contexte socio-politico-sécuritaire du Mali, dominé par une crise aigüe au sein de son outil de défense et de sécurité. Dans ces conditions, il est apparu que les partenaires du Mali rechignent à accepter une architecture institutionnelle davantage dominée par des militaires, comme la nomination de plusieurs officiers supérieurs comme membre du gouvernement ; sans oublier la nomination de hauts gradés au sein des cabinets ministériels et à la tête de plusieurs régions du pays. C’est donc cette militarisation à outrance de l’appareil étatique qui a poussé l’Union Africaine et d’autres organisations partenaires à plaider pour que le futur organe législatif, le Conseil National de Transition (CNT) ne soit pas dirigé par un autre haut gradé.

En effet, alors que les démarches sont en cours pour la mise en place du Conseil national de Transition (CNT), il apparaît de plus en plus difficile aux colonels putschistes du CNSP de s’arroger le leadership de cet organe. Comme ils l’ambitionnent en préparant, visiblement, le numéro deux de la junte, le Colonel Malick Diaw à cette fonction. Vont-ils enfin reculer face à la pression pour renoncer à ce plan ?

Il semble que les colonels putschistes tiennent beaucoup au projet de faire présider le CNT par l’un des leurs pour avoir une emprise réelle sur le chantier des réformes qui sera la plus grande tâche du Parlement de Transition. Comment garder son influence sur les prochaines échéances électorales et les futures institutions du pays sans une influence quelconque sur le dispositif législatif de la Transition ? Telle semble l’équation que le CNSP veut résoudre en gardant la haute main sur le perchoir du CNT.

Or, il est établi qu’un organe stratégique comme le parlement de Transition est une tribune hautement politique qui ne saurait s’encombrer d’un pouvoir militaire. En plus, un principe cardinal de la démocratie veut que le pouvoir militaire soit soumis aux autorités civiles, qui sont généralement issues de l’arène politique. Il est donc inédit et inapproprié de bâtir un schéma institutionnel visant à renforcer la démocratie qui place un militaire à la place du parlement provisoire. Surtout que le pays est en guerre contre le terrorisme et que son outil de défense a plus que jamais besoin d’expertise militaire aguerrie pour contrer le péril terroriste. Ceci, dans la mesure où le poste de vice-président de la Transition est déjà stratégiquement réservé à des réformes touchant aux forces de défense et de sécurité. Comment alors comprendre que ce vice-président soit encore l’autorité de sélection des futurs membres du CNT ? Si cette pilule peut passer, l’on comprend aisément le refus de la classe politique à accepter que le CNT soit dirigé par un militaire. D’où des appels insistants à des concertations et à un renoncement à ce passage en force de la junte.

Toutes ces considérations pourraient contraindre les autorités militaires à revoir leur copie, pour ne pas se mettre à dos une bonne frange des forces vives du pays. Le schéma d’un vice-président militaire du CNT, lâche un diplomate, pourrait alors être envisagé pour sauver la face de tous les acteurs.

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

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10 COMMENTAIRES

  1. La mise en place du Conseil National de transition (CNT), ne doit pas poser de problème. L’application de la charte doit être notre guide . Ce document élaboré et accepté par tous dit que cet organe législatif pendant la transition , peut etre présidé par un civil ou un militaire . Je ne vois rien de suspect qui puisse amener certains hommes et femmes politique de la sincérité des membres du CNSP a vouloir s’accaparer de cet organe . Il y’a eu la clé de répartition des (121) cent vingt un sièges entre les composantes de la nation en tenant compte des critères. Ce sont ceux-ci qui éliront en leur sein , le President et les autres postes a pourvoir . Maintenant si la majorité se dégage pour X ou M pourquoi le rejeter ? Avant tout civil ou militaire , il est malien . Dire que cet organe est politique , ignorant superbement les raisons qui ont amené le pays à cette transition , est vraiment étonnant. En 30 ans d’exercice de la démocratie, les seuls civils étaient à l’Assemblée Nationale entrain d’enregistrer au lieu de légiférer. Malgré qu’ils étaient seuls à l’Assemblée Nationale, le pays va toujours mal. La preuve , le pays a enregistré (03) trois coups d’Etat (1991, 2012 et 2020). Le peuple doit maintenant prendre conscience en acceptant la vraie refondation qui passe nécessairement par les textes qui seront votés par le CNT. Certains sont restés députés pendant plus de 20 ans , rien à changer . Cette fois ci , est la bonne. Le temps presse , nous n’avons que 15 mois pour finir avec la transition, il est temps de cesser les querelles mesquines pour se mettre au travail .

  2. Kinguiranke
    On demande à chacun d’être un démocrate.
    LE POUVOIR APPARTIENT AU PEUPLE.
    Quand on n’est pas démocrate, on n’a pas droit à la parole car on est ipso facto l’ennemi du peuple.
    DIRE QU’IL FAUT ÉCARTER TEL OU TEL, C’EST MONTRER QU’ON N’EST PAS DÉMOCRATE.
    Il s’agit pour les dirigeants de la transition de créer un espace d’expression de tous les maliens à la construction du pays.
    Cela s’entend qu’il faut réunir les acteurs politiques qui ont exercé le jeu politique depuis 1992 afin de corriger les défaillances constatées.
    La classe politique dite ancienne est l’incarnation de l’expérience des institutions.
    Les écarter, c’est enterrer ce pays.
    Nos ennemis n’attendent que ça notamment ceux qui veulent diviser le Mali.
    On n’aura commis la même erreur qui a consisté à arrêter les hauts cadres militaires pendant que l’ennemi attaque le pays.
    SEUL LE PEUPLE EST AUTORISÉ À JUGER ET SANCTIONNER.
    Personne n’est autorisé à dire tel ou tel homme politique est mauvais.
    Le peuple, à l’état actuel de notre système démocratique, a t’il le pouvoir d’influer sur la marche du pays?
    Le coup d’État du 22 mars 2012 ,le coup de force du 18 août 2020 sont des signes que le peuple est écarté obligeant les militaires à intervenir.
    Les élections présidentielles de 2007 et celles de 2018 devraient permettre de relegitimer celui qui doit incarner la présidence de la république.
    NOTRE SYSTÈME DÉMOCRATIQUE NE FAVORISE PAS L’ALTERNANCE POLITIQUE PAR LES URNES.
    Que les militaires décident d’écarter certains hommes politiques, c’est une autre crise qu’ils préparent pour notre pays.
    Ils vont connaître le destin qu’ont connu tous les président de la république du Mali à part ALPHA OUMAR KONARE qui était véritablement légitime car adossé à un grand parti politique
    NE PAS RESPECTER LES RÈGLES DÉMOCRATIQUES, C’EST AFFIRMER SA VOLONTÉ DE PRIVILÉGIER SES INTÉRÊTS INDIVIDUELS.
    Et pourtant c’est sur ça qu’on accuse la classe politique dite ancienne.
    Des officiers supérieurs qui ne respectent pas les paroles prononcées sont motivés par des intérêts individuels.
    Cette génération est façonnée ainsi.
    Notre pays n’a pas encore fini de compter ses morts depuis janvier 2012.
    Pour sauver ce pays, la haine contre la classe politique doit cesser pour privilégier la participation de tous les maliens à l’établissement d’un système démocratique juste.
    L’organisation d’une élection sincère et transparente fondée sur une nouvelle constitution consensuelle est le fondement du MALI KOURA.
    Les militaires manifestent t’ils ce rêve pour notre pays?
    Il faut fortement en douter.
    OSER LUTTER,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

    • Sangare, on doit dire la verite et seulement la verite, Alpha n’etait pas bien pour le Mali et tu le sais car c’est sous ses regimes que les fonctionaires millirdaires sont apparus au Mali y inclu Boua le ventru IBK. Le democratie ne veut pas dire mentir, mais dire la verite et etre honnete et tous ceux qui aujourd’hui s’agitent derriere Choguel ou le soi-disant M5-RFP ont des casseroles derriere eux. C’est pourquoi tu ne voies plus Bathily, Cissoko ou Mariko et la CMAS est partie aussi. L’organisation d’une election sincere doit se faire dans la neutralite du CNT et pas avec les memes acteurs comme Tiemoko, Tieblen, Treta, Hubert, Boubeye, etc qui ont tous mis le Mali dans le gouffre avec Alpha et Boua le ventru IBK.

      • TOUT A FAIT UNE VERITE ABSOLUE SACHONS RAISONS GARDER SI ON VEUT L’AVANCEMENT DE CE BEAU PAYS IGNORER SES POLITICIENS ASSOIFFES SINON C’EST COMME JEAN EST PARTI PAUL EST REVENU A BON ENTENDEUR SALUT QU’ALLAH NOUS ACCORDE TOUS SA GRÂCE ET SA MISERICORDE YARABI

  3. Under total circumstance especially Mali needs that must be met to fulfill in proportion upgrade in living conditions, security plus development over next 20 years to exceed in proportion progress made ove last 400 years. This is easily possible provided we use existing modern world development in way that serve Mali above all. It is like transitioning government personnel to pursue line of action it perceive feasible plus in Mali best interest. Transitioning government is forming one democratic political system by establishing base that will at some point make clear that you either become member to system or be left out of governing.
    Transitional government method is taking into account Malian politicians much too often resort to rhetoric to make government ineffective unto government bribe politicians to be more progressive. Transitional government to this point have eliminated that corrupt procedure that have hindered war efforts plus generously benefitted terrorists. Though transitional government actions may not be likeable it is productive plus far less costly in funds plus lives.
    Transitional government should be commended for this action.
    Henry Author Price Jr aka Kankan

  4. Les civils doivent être absents les affaires du pays pendant deux ans, on a plus besoin de vous !!! Il faut que vous attendrer des devoirs civiques en 2022, c’est ça vos combats démocratique .

  5. Civil ou Militaire comme Président du CNT… ?
    S’il n’y a pas d’entente, on pourrait choisir une FEMME… ?
    Avec les FEMMES en général en Politique, il n’y aura pas de tricherie.
    Le problème avec Manassa Dangnoko, c’est que elle, elle était commandée par un HOMME, le Président IBK.
    Si on désigne une FEMME qui n’est inféodée, ni au Président de la TRANSITIN ni au Vice-Président, ou au Premier Ministre de la TRANSITION, elle sera incorruptible dans la perspective des élections présidentielles et législatives.

    Vivement le Mali pour nous tous.

  6. Civil ou Militaire comme Président du CNT… ?
    S’il n’y a pas d’entente, on pourrait choisir une FEMME… ?
    Avec les FEMMES en général en Politique, il n’y aura pas de tricherie.
    Le problème avec Manassa Dangnoko, c’est que elle, elle était commandée par un HOMME.
    Si on désigne une FEMME qui n’est inféodée, ni au Président de la TRANSITIN ni au Vice-Président, ou au Premier Ministre de la TRANSITION, elle sera incorruptible dans la perspective de élections présidentielles et législatives.

    Vivement le Mali pour nous tous.

  7. Le CNT ne doit pas etre la cour de jeu pour ceux qui depuis 1992 sont en train de piller le Mali et de s’enrichir illicitement. Les militaires doivent aller jusqu’au bout de leur devoir et faire en sorte que personne ne va ou ne doit utiliser le CNT pour s’enrichir ou pour acquerir la presidence ou des deputes, car des politicines comme Choguel, Tieblen, Marioko, Treta, etc doivent tous partir a la retraite et sinon aller sur le champ s’occuper de la preparation des elections qu’ils doivent gagner par la voix du peuple Malien. La meilleur facon d’aboutir c’est de mettre Diaw a la tete du CNT.

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