Violences conjugales au Mali : Le Mouvement collectif “Halte à la violence conjugale” bat le pavé

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Violences conjugales : quand l’amour «se mue» en haine
Kamissa Sissoko et Mariam Diallo

Le mouvement collectif “Halte à la violence conjugale” a organisé, le 30 janvier dernier, une marche pacifique pour condamner la violence dans les foyers. Du Monument de l’Indépendance jusqu’au Centre Aoua Keïta, les marcheurs portaient plusieurs banderoles avec des slogans révélateurs tels que « Hommages à Kamissa et Mariam et à toutes les anonymes mortes dans le silence ».

Ils étaient nombreux à venir soutenir cette initiative du Mouvement collectif “Halte à la violence conjugale”. Selon Abdoul Kassim Fomba, membre du mouvement collectif, le but de cette marche est de dénoncer cette violence souvent mortelle. « Suite à l’événement tragique arrivé à Kamissa Sissoko, abattue par son époux, le samedi dernier, je crois qu’il est important d’attirer l’attention des autorités pour dire non à la violence conjugale ». Pour lui, plusieurs femmes subissent quotidiennement la violence dans leurs foyers. « Leurs souffrances ne sont pas médiatisées ». Et d’indiquer qu’il est temps de briser le silence et de prendre des mesures pour que ce phénomène ne soit plus qu’un mauvais souvenir dans notre société.

Dans la déclaration du mouvement collectif, on note qu’au Mali 30% des femmes sont victimes de violence sous forme d’agression et 36% en Afrique. Selon le rapport d’ONU Femmes, 353 femmes ont subi la violence conjugale. Le mouvement collectif ‘’Halte à la violence conjugale’’ estime que ces statistiques ne reflètent pas la réalité car par peur, beaucoup de victimes restent dans l’anonymat. « Le 23 janvier 2016, Kamissa Sissoko a été abattue à l’arme automatique par son époux et le Collectif se rappelle encore que le 05 février 2015 Mariam Diallo était poignardée à plusieurs coups de couteau par son mari. Beaucoup d’autres victimes souffrent encore des  actes ignobles de leurs conjoints.  A travers toutes ces violences, le Collectif appelle les autorités à condamner, dénoncer et sensibiliser les auteurs pour dire non à ces barbaries », peut-on lire dans la déclaration.

Bernadette Ippet, l’une des initiatrices du Collectif, dans son intervention a appelé les autorités maliennes à décréter le 05 février, journée nationale de la lutte contre la violence conjugale au Mali. Elle a remis la déclaration de condamnation au nom de tous les membres du Collectif à l’honorable Mme Fomba Fatoumata Niambaly, Présidente du Réseau des Parlementaires contre les violences faites aux femmes. Mme la députée a assurée les organisateurs du soutien de l’Assemblée Nationale dans toutes leurs manifestations. Le mouvement collectif ‘’Halte à la violence conjugale’’ est composé de personnes venant de divers milieux sociaux. Son but est de sensibiliser, dénoncer et condamner cet acte sous toutes ses formes.

  Bintou Diarra *Stagiaire *

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