Stabilisation et sécurisation du Mali : 80% des citoyens insatisfaits du travail de BARKHANE contre 78% de la MINUSMA

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Après une enquête qui s’est déroulée du 12 au 26 novembre 2019 sur un échantillon global de 2186 personnes âgées de 18 ans et plus, réparties dans le District de Bamako et l’ensemble des capitales régionales, y compris Kidal, Ménaka et Taoudéni sur plusieurs sujets, Mali-mètre dans son rapport lève le voile sur la perception des maliens sur la stabilisation et la sécurisation du pays.

Instrument d’analyse sociopolitique, Mali-mètre a pour but de recueillir les perceptions et les opinions politiques des Maliens. Il s’agit par ailleurs de les porter à la connaissance des décideurs politiques.

Par rapport à l’évolution du niveau de sécurité dans la région, 37% des citoyen(ne)s indiquent que le niveau d’insécurité a diminué, contre 33% qui pensent qu’il a augmenté et 28% pensent qu’il est resté le même au cours des 12 derniers mois, sans incidence significative du sexe, du niveau d’instruction ou de l’âge.

Comparé à la 10ème édition de Mali-Mètre, le nombre de citoyen (ne)s  pensent que le niveau d’insécurité de la région a augmenté de 5 points. Cependant, l’insécurité a surtout augmenté à Gao (65,3%), Mopti (58,1%), mais aussi à Bamako (47,7%) et Ménaka (47,6%). Elle a par contre diminué à Tombouctou (79,8%), Koulikoro (55,5%) et Kidal (48,5%).

S’agissant de la connaissance du renouvellement pour un an du mandat de la MINUSMA, une minorité (20,3%) des citoyen(ne)s est au courant. À ce titre, les hommes (30%) sont plus informés que les femmes (11%). Enfin, la proportion de ceux qui sont au courant de ce renouvellement augmente avec le niveau d’instruction et l’âge.

Principaux défis de la MINUSMA au Mali : Tandis que près des deux tiers (65%) de la population déclarent ne pas connaître les problèmes/défis que rencontre la MINUSMA dans l’exercice de ses missions, une minorité cite « les attaques des groupes terroristes » (16%) et « le manque de confiance entre les parties maliennes » (11%), sans incidence significative du sexe, de l’âge ou du niveau d’instruction.

Par rapport au niveau de satisfaction du travail de la MINUSMA, 78% des citoyen(ne)s estiment être non satisfaits de la MINUSMA, contre 16% qui le sont et 6% sont sans opinion. Ces personnes interrogées reprochent à la MINUSMA de « ne pas protéger les populations contre la violence des groupes armés et les terroristes » (54,1%), puis dans une moindre mesure « être complice des groupes armés » (34,4%) et « se protéger elle-même » (25,2%).

Il ressort de cette enquête de Confiance que 79% des citoyen(ne)s sont insatisfaits du travail de BARKHANE pour lutter contre le terrorisme au Mali, contre 13% qui pensent le contraire et 8% sont sans opinion. Les personnes enquêtées lui reprochent surtout d’ « être complice des groupes armés » (57,7%), de « ne pas protéger les populations contre la violence des groupes armés et les terroristes » (53,5%) et moins fréquemment, « se protéger elle-même » (24,5%) et « soutenir la partition du pays » (21,1%).

En ce qui concerne l’évolution du niveau de confiance en BARKHANE, 80% des personnes interrogées pensent que le niveau de confiance en BARKHANE a diminué depuis le début de l’intervention militaire de la France, contre 10% qui estiment qu’il est resté le même et seulement 2% qu’il a augmenté. Cependant, 9% sont sans opinion.

« L’opinion d’une baisse de confiance en Barkhane est partout largement majoritaire, mais en particulier à Ségou (92,6%), Kidal (90,9%) et Koulikoro (90,6%) », indique le rapport.

Pour ce qui est la mise en place de la force conjointe G5 Sahel, 65% ont entendu parler de la mise en place d’une Force conjointe G5 Sahel, contre 35% qui déclarent le contraire. Par ailleurs, si 48% pensent que le G5 Sahel en est capable de lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, 49% pensent le contraire.

Quant au niveau de confiance aux forces de défense et de sécurité dans la lutte contre l’insécurité, 92% des citoyen(ne)s ont confiance en elles contre 7% qui ne font pas confiance aux forces de défense et de sécurité dans la lutte contre l’insécurité, sans incidence significative sur le sexe, le niveau d’instruction ou l’âge. « La minorité qui n’est pas satisfaite est surtout enregistrée à Kidal où 66% des enquêté (e)s ont déclaré être non satisfaits et 29% sont sans opinion », nous rapporte-t-on. Le rapport indique que 92% des enquêté(e)s font confiance aux forces de sécurité pour la sécurisation des personnes et des biens contre 7% qui pensent le contraire.

Toutefois, 61% pensent que la société civile peut jouer « un grand rôle » dans la sécurisation de la région, contre 23% qui estiment qu’elle peut jouer « un petit rôle » ; et pour 14% elle « ne peut rien faire ».

Au sujet de la perception de la fréquence des conflits inter ou intracommunautaires, 62% des enquêté(e)s pensent que les conflits inter ou intracommunautaires sont inexistants dans la région. 11% trouvent qu’ils sont fréquents, 5% très fréquents et 9% pensent qu’ils ne sont pas fréquents, et 13% sont sans opinion. La part des enquêté(e)s qui estiment que les conflits inter ou intracommunautaires sont très fréquents ou fréquents dans la région sont surtout enregistrés à Mopti (83%), Ménaka (63,1%), et Kidal (52,6%). Ces conflits sont jugés inexistants à Bamako (80,3%), Koulikoro (79,7%), Gao (79,6%), Tombouctou (75,8%) et Ségou (71,3%).

Adama Coulibaly

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