Ce que je pense de la reprise des manifestations : préservons notre bien commun qu’est le Mali

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Sauvons pendant qu’il est encore temps ce qui peut être sauvé 

Ce mardi, des milliers de manifestants ont envahi la place de l’indépendance, bravant les intempéries à l’appel de l’imam Mahmoud Dicko et les leaders du  Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP). Cette énième sortie prouve à suffisance que les lignes n’ont réellement pas bougé malgré la médiation de la CEDEAO et les menaces de sanction en de non-respect de la résolution brandie sur les protagonistes. Aucune des parties n’a depuis lors respecté  les conclusions sortie de la rencontre des chefs d’états de la CEDEAO tenue au Niger. Au contraire, elles semblent  envenimer la situation comme de l’huile jetée sur le feu. Le M5-RFP se montre de plus en plus intransigeant  et reste campé sur sa position, la démission du président de la république Ibrahim Boubacar Keïta. Certains jeunes ont même passé la nuit au boulevard de l’indépendance dans l’espoir d’accentuer la pression sur Koulouba. Et pendant ce temps, le médiateur de la CEDEAO, Goodlock Jonathan, ancien président de l’État fédéral du Nigeria semble prêcher dans le désert. Les risques qu’il retourne une fois de plus bredouille s’intensifie à moins que le peuple malien tel un seul homme accepte de sauver le peu qui peut être encore sauvé : la république et ses institutions. Ce qui passera forcement par un dialogue inter-malien. Même si cette fois la note du maintien du président de la république jusqu’à la fin de son mandat sonne mal à l’oreille de l’opposition, elle semble être la seule alternative possible de retour à la normalité,  si on s’en tient à la constitution malienne qui est d’ailleurs est au-dessus de toutes considérations individuelles.

Jusqu’où le bras de fer peut plonger cet État déjà fragile ? 

Good look Jonathan a rencontré le chérif de Nioro, l’imam Mahmoud Dicko et le M5-RFP pour encore trouver une solution définitive. Si jusque-là rien n’a encore filtré, cette carte semble être la dernière de la communauté internationale. Et si par malheur les choses en restaient là, le Mali risquerait de sombrer dans le chaos qui serait fatale pour toute la sous-région comme ce fut le cas en 2012.   Les terroristes profitent déjà de cette faille pour reconstituer leur armée. Plusieurs actions conjointes ont été menées ces dernières heures contre les positions de l’armée. Pour l’heure, le bras de fer qui se passe au sud leur  est largement favorable et ils entendent en profiter au maximum. À cela s’ajoute la situation économique fragile qui s’est considérablement dégagée depuis le début des manifestations. La plupart des populations vivant le jour au jour commence à en avoir assez de ces manifestations à répétition. Pour cette catégorie de personne, il n’y a aucune différence entre le M5-RFP et le régime qu’il prétend combattre dans la mesure où ils se trouvent entravés dans leur mouvement. Leur entrée en scène même s’il ne semble pas  être à l’ordre du jour peut être catastrophique et provoquer une guerre civile.

Ainsi, cette dernière médiation de la CEDEAO doit être prise au sérieux à, défaut de trouver une solution inter malienne. Le Mali est un grand peuple qui a toujours su se mettre au-dessus des divergences pour se retrouver autour de l’essentiel.  Sa survie y dépend.

Amadingué Sagara 

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