Comme les touaregs libyens, il est urgent de mettre en Ĺ“uvre les accords de paix dans le nord

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Des récents pourparlers dans le sud de la Libye montrent que les processus de paix impliquant les Touaregs peuvent aboutir en actes. Espérons que cela arrive également dans le nord de notre pays et protégeons tous ceux qui œuvreront pour la paix !

 

Il y a quelques jours de cela, Touaregs et Toubous du sud de la Libye ont décidé d’enterrer la hache de guerre et de signer la réconciliation, à Oubari. Tandis qu’au Mali, les groupes armés du nord peinent toujours à mettre en œuvre les accords d’Anefis. Les luttes intestines n’ont que trop duré, nous devons nous aussi réagir vite et nous unir pour faire front commun, alors que la menace d’infiltration massive dans la région de « jihadistes » fuyant la Syrie va croissante. Le Mali ne doit pas devenir le dernier refuge et sanctuaire de tous les assoiffés de sang du monde !

 

Dans le sud de la Libye, les Toubous et les Touaregs l’ont bien compris, s’unir est la seule voie pour exister et pour avancer, voire pour subsister, alors que la région toute entière est menacée par un afflux de terroristes de l’Etat islamique, mis en fuite de Syrie par la coalition internationale instaurée après les attentats de Paris. Nos voisins ont donc su se mobiliser pour mettre fin à leurs différends et pour créer les conditions d’un cessez-le feu permanent, car ils ont compris l’urgence de la situation.

 

Au Mali, cette menace d’infiltration de terroristes venus du Levant pèse tout autant. Elle pèse même d’autant plus chaque jour que tous les pays concernés autour de nous se rassemblent. Car, une fois les autres pays de la région organisés en remparts, vers où croyez-vous que vont se diriger les illuminés et les bourreaux de l’Etat islamiste ? Ils iront directement s’installer dans les zones de non-droit qui grignotent le Mali, avec l’aide de nos narco-jihadistes locaux d’Ansar Dine ! Pour autant, nous Maliens, nous continuons à traîner, à nous éparpiller et à nous opposer.

 

Ne nous leurrons pas, il est évident que, si nous ne parvenons pas à nous entendre, cela nous conduira à toujours plus de chaos, à toujours plus de violence et à toujours plus de misère. Seuls quelques mêmes continueront à tirer un bénéfice du malheur de tous les autres : Iyad Ag Ghaly en premier lieu. Lui, qui continue de vouloir s’attaquer au Mali et aux Maliens. Lui, qui a tué sans sourciller jusqu’à ses propres « lieutenants », au gré de ses intérêts immédiats. Lui, qui depuis recherche ouvertement de nouvelles alliances : que ce soit auprès des bandits du Front de libération du Macina de Kouffa ou bien des terroristes de l’Etat islamiste. Qu’importe avec qui il s’allie, qu’importe quel en est le prix pour le Mali et pour les Maliens, tant qu’il assouvi son besoin maladif de pouvoir, d’argent et de sang.

 

Et, pendant que nous voyons la menace se diriger vers nous, pendant qu’ailleurs nous voyons d’autres populations se tendre la main pour régler leurs crises et faire barrage aux vagues de dégénérés, pour les empêcher de venir déferler chez eux et s’en prendre à leurs familles, nous apprenons que, chez nous, notamment à Tessalit, des groupes armés se targuent d’accueillir des soi-disant « réfugiés ». Ils ont même le culot de déclarer le faire par solidarité, alors que des milliers de Maliens ont été contraints de fuir le nord du pays et n’attendent que la paix pour pouvoir enfin rentrer chez eux !

 

Nous savons que ces prétendus migrants Syriens sont pour certains d’entre eux des terroristes venus se réorganiser sur notre sol, avec l’appui du mafieux-en-chef Iyad Ag Ghaly et de ses acolytes criminels d’Ansar Dine.

 

Je vous le dis, mes chers frères et soeurs, la désunion ne fait qu’ouvrir la porte au terrorisme, qui se nourrit ensuite de l’instabilité pour gagner du territoire et contrôler les populations toujours plus enfoncées dans la pauvreté. C’est pourquoi il ne faut plus perdre de temps. Il faut nous rassembler et, pour commencer, tout faire pour mettre en œuvre sans plus tarder les décisions qui ont été courageusement prises à Anefis. Il est plus que jamais urgent d’agir, car une fois l’Etat islamique implanté au Mali, il n’y aura plus rien à négocier, et pour personne !

 

Ne dit-on pas souvent que l’histoire bégaye ? Ne donnons pas raison à ce dicton. Ne laissons pas se reproduire ce qu’il s’est déjà passé quelques années plus tôt, lorsque des terroristes venus de l’étranger, de Libye précisément, sont venus s’installer chez nous et nous ont conduits à ce que nous vivons aujourd’hui. Nous voulons que le Mali retrouve sa grandeur d’antan. Pour y parvenir, il nous faut la paix, la réconciliation entre tous les Maliens et la mise en œuvre des accords de paix, maintenant.

 

Auteur : Ibrahim KEITA

 

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