Sur les marchés de Bamako : Sale jeu de la DNCC

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Jeudi 24 dĂ©cembre, Maouloud et veille de NoĂ«l, des Pick-up de la police dĂ©barquent au marchĂ© de MĂ©dine. Il Ă©tait juste 7 heures du matin. Sur ordre de leur Commissaire, les agents du 3ème Arrondissement s’emparent de 50 cartons de poulets congelĂ©s d’un jeune commerçant. RĂ©quisition, parait-il , de la part du patron de la Direction Nationale du Commerce et de la Concurrence (DNCC) qui se trouvait dans la Cour du Commissariat. La mĂŞme scène s’Ă©tait produite dans la zone ACI 2000, Ă  DjĂ©libougou, etc. Colère et indignation dans les rangs des ” petits ” citoyens importateurs de poulets congelĂ©s. Ils en appellent Ă  la sagacitĂ© du Chef de l’Etat.

 Dans l’après-midi de cette honteuse opĂ©ration policière, ils Ă©taient plusieurs dizaines de jeunes commerçants Ă  se retrouver dans la salle de spectacles du Stade Omnisports Modibo KĂ©ĂŻta. Au marchĂ© de MĂ©dina-coura oĂą s’Ă©tait dĂ©roulĂ©e la descente policière, tout le monde croyait d’abord Ă  une menace terroriste tant la dĂ©termination des agents tranchait avec la normalitĂ©. Les vendeurs de poissons pensaient qu’ils Ă©taient Ă  la recherche de trafiquants de drogue ou d’armes. En fait, les policiers Ă©taient venus s’emparer des cartons de poulets congelĂ©s appartenant Ă  un jeune commerçant. Sans mandat, ni le concours d’agents des Services vĂ©tĂ©rinaires, cela a ses raisons, ils retournèrent au Commissariat du 3ème Arrondissement avec cinquante (50) cartons.

Plus tard, l’infortunĂ© commerçant apprit que la police avait agi sur rĂ©quisition du Directeur national du Commerce et de la Concurrence qui se trouvait d’ailleurs sur place au Commissariat. Quelques jours auparavant, le mĂŞme genre de saisie s’Ă©tait produit Ă  Hamdallaye ACI 2000, au marchĂ© de DjĂ©libougou, etc.

Souvent, nous-a-t-on rapportĂ©, il arrivait que des agents vĂ©reux de la DNCC passent de temps Ă  autre devant les Ă©tals. Dès qu’ils reçoivent deux ou trous poulets, ils dĂ©talent. Mais, que s’est-il passĂ© pour que la donne change ? Notre pays, le Mali, serait-il frappĂ© par la grippe aviaire ? Ou un autre mal qui frappe les poulets et autres volailles ? Des jeunes commerçants ont parfois perdu 40 Ă  60 millions Ă  la suite des opĂ©rations policières. Une seule explication leur est fournie : ” le gouvernement a interdit la vente des poulets congelĂ©s “.

Dans la salle des spectacles du Stade Omnisports Modibo KĂ©ĂŻta, c’Ă©tait en tout cas la colère et l’indignation. Les importateurs de ces poulets, des jeunes gens, issus en majoritĂ© du Mali d’en-bas, se disaient surpris par une telle mesure. Au fil des minutes, leurs rangs grossissaient. Des dĂ©taillants gonflèrent l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale improvisĂ©e. ” Nous avons tous les documents nĂ©cessaires. Nous importons nos Ĺ“ufs et poulets du BrĂ©sil, d’Irlande, Ă  l’instar des autres Maliens. Ils sont rĂ©gulièrement soumis aux contrĂ´les sanitaires. Tenez, en nous remettant copie d’un rapport des examens de laboratoire datant de fin aoĂ»t, voici une preuve “, confia l’un d’eux.

Un autre a renchĂ©ri en ces termes : ” Nos poulets sont propres, conformes Ă  la consommation. Nous vendons tous les poulets, d’ici et d’ailleurs. Ce sont les consommateurs qui ont le choix. Sachant que le poulet congelĂ© coĂ»te moins cher, ils se l’approprient rapidement “.

A la question de savoir si on leur avait montrĂ© une dĂ©cision d’interdiction, les jeunes commerçants rĂ©pondent par la nĂ©gative. Ils pointent un doigt accusateur vers la DNCC qui jette Ă  leur figure l’ArrĂŞtĂ© interministĂ©riel N° 00-3445-MDR – MICT – MEF du 18 mars 2004.

Faut-il rappeler qu’Ă  cette date, la grippe aviaire avait seulement frappĂ© une partie de l’Europe, de l’Afrique dont notre pays. Les autoritĂ©s de l’Ă©poque avaient donc pris soin des mesures conservatoires.

Aujourd’hui, la DNCC fait du DĂ©cret N° 2011-440-PRM du 14 juillet 2011 instituant le contrĂ´le des denrĂ©es alimentaires d’origines animales et aliments pour animaux. Les intervenants du secteur sont tenus de se conformer aux contenus de ces deux textes.

 

Des fonctionnaires dans le secteur

Pour de nombreux intervenants, tout leur malheur proviendrait de la boulimie de hauts cadres de la DNCC. En plus des Ministres, dĂ©putĂ©s et autres PDG d’entreprises, des responsables de la DNCC importeraient Ă©galement des Ĺ“ufs et poussins du BrĂ©sil, d’Irlande. Or, ce sont eux qui sont chargĂ©s de contrĂ´ler l’organisation du commerce dans notre pays. A la veille donc des fĂŞtes de fin d’annĂ©e, l’occasion Ă©tait bonne pour mener la vie dure aux ” petits ” citoyens. ” Les plus gros producteurs de poulets de notre pays sont les patrons de la DNCC. Ils veulent nous asphyxier, nous tuer “, clame-t-on cĂ´tĂ© jeunes importateurs. Avant d’ajouter : ” Nous en appelons Ă  la sagacitĂ© du PrĂ©sident de la RĂ©publique, M. Ibrahim Boubacar KĂ©ĂŻta. Nous n’avons pas fait de longues Ă©tudes. Nous nous dĂ©brouillons ainsi dans notre pays. Qu’allons-nous faire si nous ne travaillons pas ? Il faut qu’il mette fin Ă  l’injustice et l’arbitraire qui nous frappent dans notre cher Mali !”.

 

B.Koné

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5 COMMENTAIRES

  1. Excellente enquête, dimanche dans Capital – pour ne pas dire délicieuse. Sous le titre « Poulet : révélations sur la viande la moins chère », le magazine de M6 n’a pas seulement désossé la filière du poulet, il a aussi volé dans les plumes de Xavier Beulin, patron de la FNSEA, le puissant syndicat qui cogère la politique agricole de la France depuis des décennies.

    Thomas Sotto se demande : « A trois euros le kilo, que mange-t-on vraiment ? » Pas de la poule de luxe, rĂ©pond le prĂ©ambule de l’enquĂŞte, tournĂ© dans le paradis verdoyant des volailles de Bresse. Mais, comme on s’en doutait, du poulet qui n’en a plus que le nom, Ă©levĂ© par dizaines de milliers dans d’immenses hangars, engraissĂ© en un temps record, pataugeant dans sa fiente, bourrĂ© de bactĂ©ries E. Coli, gavĂ© d’antibiotiques de la naissance Ă  l’abattage. Rien de très nouveau, seulement des tĂ©moignages Ă©cĹ“urants et des images vomitives – qui m’ont donnĂ© envie de dĂ©guster un bon bifteck de cheval roumain.

    Une découverte, tout de même : la moissonneuse-batteuse à poulets. Quelle ingénieuse invention ! Aussi indispensable à l’aviculteur que l’aspirateur à la ménagère. Imaginez que vous souhaitiez expédier 40 000 poulets à l’abattoir. Si vous les priez un par un de bien vouloir prendre place à bord de leur transport collectif, vous risquez d’y passer la journée. Avec la moissonneuse-batteuse à poulets, c’est plié (au sens propre) en moins de temps qu’il n’en faut pour se réchauffer un cordon bleu surgelé. Admirez :

    Europe n’acheter plus des poules au BRÉSILIENS
    Alors ce déchés aujourd’huit sont vendu en AFRIQUE. 👿 👿 👿

    • A.D
      “Alors ce dĂ©chĂ©s aujourd’huit sont vendu en AFRIQUE.”

      Ils sont “vendus Ă  l’Afrique”, ou ils sont plus simplement vendus…..A CEUX QUI LES ACHETENT? 🙄 🙄 🙄

      Comme toujours au Mali, 🙄
      comme systématiquement au Mali, 🙄
      comme forcément au Mali, 🙄
      comme obligatoirement au Mali, 🙄 ……………….C’EST LA FAUTE DES AUTRES! 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄

      C’est nous qui achetons et importons de notre plein grĂ© des poulets de qualitĂ© douteuse, mais bien entendu, c’est ceux qui les vendent qui sont FAUTIFS et nous qui (bien entendu) sommes VICTIMES! 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄

      A.D, ces propos pleurnichards “Ă  la Malienne” sont LAMENTABLES! đź‘ż đź‘ż Si le BrĂ©sil nous vend des poulets de qualitĂ© infĂ©rieure, c’est tout bonnement parce que NOUS LES ACHETONS! 🙄 🙄 🙄 🙄 🙄

  2. N’encourageons pas ces commerçants car les la chaine du froid n’est pas respectĂ©e dans 80% des cas. Donc vigilance car si une maladie se declare par rapport Ă  ces viandes nous compterons nos victimes comme ces poulets respectr.

  3. Nous sommes en Decembre et vous pensez qu’un document du mois d’Aout est encore valable pour dire que ces poulets sont sains???

  4. Moi j ai pitié du Mali quand je lis des articles pareils.Du chiffon à jeter ds la poubelle. De la partialité de voir en bout.L intérêt d une minorité contre la santé de tout une ville.Savez vous d ou viennent ces poulets et dans quelles conditions on les élèvent et les abat.En plus il faut protéger les producteurs locaux.Merde

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