La BCEAO publie son rapport annuel 2019 : Les réserves officielles de change se situent à 10.357 milliards Fcfa Adoption d’un régime de change flexible pour la future monnaie appelée ECO

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C’est à la fin du mois de juin dernier, où l’attention est plus retenue par la pandémie de Covid-19 que le rapport 2019 de la Bceao est rendu public. C’est un document de plus de 200 pages. Nous vous proposons une synthèse qui évoque les grandes lignes dudit rapport.

L’environnement économique et financier international a été marqué en 2019 par un net ralentissement de la croissance. Le taux de croissance de l’économie mondiale est ressorti à 2,9% en 2019 contre 3,6% en 2018. Malgré cet environnement peu favorable, l’activité économique a été bien orientée dans l’Union au cours de l’année 2019. Le produit intérieur brut de l’Uemoa est estimé à 6,6% en 2019, tout comme en 2018, contre 3,3% pour l’Afrique subsaharienne.” Dit le gouverneur de la Bcéao, Tiémoko Meyliet Koné.

Dans ce contexte, les experts de la Bcéao affirment qu’au niveau interne, les économies ont tiré profit d’un environnement sociopolitique globalement favorable et d’un climat des affaires en amélioration. L’activité économique a également bénéficié de la poursuite de la réalisation des investissements dans les infrastructures socio-économiques par les Etats membres de l’Uemoa. Le taux d’inflation en moyenne annuelle est ressorti à -0,7% en 2019, contre 1,2% en 2018.

Au niveau des finances publiques, le déficit global, base engagements, dons compris à fin décembre 2019, a été contenu à 2.349,9 milliards, soit 3,0% du PIB contre 2.758,7 milliards ou 3,8% du PIB en 2018. Cette diminution est le reflet d’une amélioration du recouvrement des recettes, conjuguée à une meilleure maîtrise des dépenses publiques, notamment des dépenses courantes.

Le déficit courant s’est accru de 1,7% pour ressortir à 4.686,5 milliards, en raison de l’aggravation du déficit de la balance des biens (+15,4%), en lien avec les acquisitions de biens d’équipement et intermédiaires ainsi que de biens de consommation. Toutefois, cette évolution a été atténuée par le repli des importations de produits pétroliers, dans un contexte de chute des cours internationaux et de consolidation des transferts courants reçus par les Administrations publiques. Rapporté au PIB, le déficit courant est ressorti à 5,8% en 2019 contre 6,2% en 2018. Au total, les échanges extérieurs des pays de l’Uemoa se sont traduits en 2019 par un solde global excédentaire de 1.659,4 milliards, après un excédent de 1.088,2 milliards un an plus tôt. Cette évolution est liée à la hausse des entrées nettes de capitaux au titre du compte financier, dont le niveau a largement couvert le déficit du compte courant.

7.315,2 milliards d’actifs extérieurs nets

Les actifs extérieurs nets des institutions monétaires se sont accrus de 1.940,1 milliards pour ressortir à 7.315,2 milliards, à fin décembre 2019. Cette évolution s’explique par la hausse de 1.687,9 milliards des actifs extérieurs nets de la Banque Centrale et de 252,2 milliards de ceux des banques.

Les réserves officielles de change de la Bceao ont augmenté de 1.795,9 milliards pour se situer à 10.357 milliards à fin décembre 2019, en relation avec les mobilisations importantes de ressources extérieures par les Etats et l’amélioration du profil du rapatriement des recettes d’exportation. Les rapatriements des ressources extérieures par les Etats se sont établis à 4.765 milliards. En conséquence, le taux de couverture de l’émission monétaire de la Banque Centrale s’est amélioré, en ressortant à 78,4% contre 77,1% en décembre 2018, ce qui permet de couvrir 5,7 mois d’importation de biens et services.

L’encours des créances intérieures a augmenté de 1.705,7 milliards ou 5,7% par rapport à son niveau à fin décembre 2018, pour se situer à 31.727,6 milliards à fin décembre 2019. Cette évolution est induite par l’effet combiné de la consolidation des créances nettes sur l’Administration Publique Centrale, qui sont ressorties à 8.116,7 milliards à fin décembre 2019, en hausse de 6,3 milliards par rapport à leur niveau à fin décembre 2018, et de l’accroissement des crédits aux autres secteurs des économies de l’Union de 1.699,4 milliards ou 7,8%, pour s’établir à 23.610,8 milliards à fin décembre 2019, après 21.911,4 milliards à fin décembre 2018.

La masse monétaire a augmenté de 2.874,0 milliards ou 10,4%, pour ressortir à 30.600,8 milliards. Ce renforcement de la liquidité globale s’est reflété dans l’accroissement des dépôts auprès du système bancaire de 2.205,1 milliards ou 10,3% et par une moindre hausse de la circulation fiduciaire de 668,9 milliards ou 10,7%.

Les prélèvements et versements effectués aux guichets de la Bceao ont porté sur 36.155,2 milliards de Fcfa

Sur les marchés des capitaux de l’Union, l’activité a été globalement bien orientée en 2019. Au niveau du marché monétaire, l’encours cumulé des avances sur les guichets des appels d’offres à une semaine et à un mois s’est établi à 4.410,0 milliards à fin décembre 2019 contre 4.070,0 milliards un an plus tôt, soit une progression de 340,0 milliards (+8,3%). L’évolution du marché interbancaire de l’Umoa a été marquée par une hausse du volume des échanges de liquidités et le recul du taux d’intérêt moyen pondéré des opérations à une semaine. Le volume moyen des transactions hebdomadaires s’est élevé à 455 milliards de Fcfa en 2019 contre 276 milliards de Fcfa en 2018 (+65%). Au niveau du marché régional de la dette publique, l’encours global des titres publics est ressorti à 10.883,5 milliards à fin décembre 2019.

Sur le plan de la gestion des signes monétaires, les prélèvements et versements effectués aux guichets de la Bceao ont porté sur 36.155,2 milliards de Fcfa en 2019 contre 33.992,7 milliards de Fcfa l’année précédente. Comparée à 2018, la part des billets dans la circulation fiduciaire est restée quasiment stable à 97,6%.

En 2019, la Banque Centrale a poursuivi ses efforts en matière de stabilité financière, avec le renforcement du dispositif de surveillance du risque systémique dans l’Union, qui s’est traduit par l’adoption d’un cadre méthodologique d’identification des Etablissements Bancaires d’Importance Systémique, ainsi que l’implémentation des normes de Bâle II et III dans l’Uemoa. Dans le cadre du renforcement de la réglementation prudentielle, une Instruction relative à la reconnaissance des organismes externes d’évaluation du crédit à des fins prudentielles a été édictée.

Avancées du chantier afférent au programme de la monnaie unique de la Cedeao

Au titre des actions en faveur de l’inclusion financière, la Bceao a poursuivi ses efforts d’accompagnement des Etats dans la mise en œuvre de la stratégie régionale d’inclusion financière (Srif) dans l’Uemoa et participé aux activités de l’Alliance pour l’Inclusion Financière. Elle a également continué la mise en œuvre des projets initiés en faveur de la promotion de l’inclusion et de l’éducation financières, à savoir le projet d’interopérabilité des services financiers numériques dans l’Uemoa et le programme régional d’éducation financière.

Dans le domaine de l’intégration régionale, l’année 2019 a été marquée par des avancées du chantier afférent au programme de la monnaie unique de la Cedeao. Dans ce cadre, des évolutions importantes ont été enregistrées dans la mise en œuvre des activités identifiées dans la feuille de route révisée pour la création de cette monnaie, adoptée le 21 février 2018 à Accra, au Ghana.

En outre, la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Cédéao a adopté, lors de ses 55e et 56e sessions ordinaires, tenues les 29 juin et 21 décembre 2019 à Abuja, au Nigeria, le régime de change flexible pour la future monnaie, assorti d’un cadre de politique monétaire axé sur le ciblage de l’inflation et le système fédéral pour la Banque Centrale Communautaire. Elle retient également le terme “ECO” pour le nom de la monnaie unique de la Cédéao.

                 Amadou Bamba NIANG

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