Éducation au Mali : instauration de l’activité livresque à tous les niveaux, une nécessité

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La baisse de niveau des apprenants au Mali est tributaire du manque de lecture. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le quotidien des élèves pour se rendre compte de leur désamour pour les livres. La lecture, excellent moyen d’acquisition des savoirs, des connaissances, a tendance de tomber dans l’oubli. C’est pourquoi on peut se retrouver à l’université sans être en mesure de bien parler français.

De nos jours, la majeure partie des apprenants maliens préfère de loin l’image au livre, c’est-à-dire qu’ils font fi des livres au détriment de la prolifération des images sous prétexte qu’elles sont accessibles à un public plus large. Ce constat est général dans les écoles, où les élèves ne lisent plus. C’est ce qui impacte leur niveau de langue, avec un français qui date des tirailleurs sénégalais « le forofiton nespa ». Nous ne maîtrisons ni la conjugaison ni les règles grammaticales.

Dans cette logique, pouvons-nous nous parler de véritable culture ? Impossible ! Car sans les livres, les legs du passé ne verront jamais le jour et ne seront utiles ni pour nous ni pour les générations futures.

Pourquoi l’élève malien se détourne-t-il de la lecture sachant bien qu’elle est une ouverture à la connaissance ? Les responsabilités sont partagées entre les élèves, les enseignants, les parents et également l’État même en question.

Avec l’émergence des nouvelles technologies, les élèves ont tendance à prendre le savoir pour acquis sous prétexte qu’on a accès à toutes les informations en un clic. La responsabilité des parents dans cette situation est qu’ils devraient dès le bas âge, inculquer l’amour de la lecture à leurs enfants afin qu’ils s’habituent à la pratique au lieu de vite les laisser aller vers l’Internet. Ils devraient les aider à canaliser leurs énergies. Les parents contrôlent moins les apprenants à la maison, excepté quelques-uns. De même, certains enseignants refusent de mettre à l’épreuve les élèves qui ont des difficultés de lecture sous prétexte d’éviter qu’ils soient le bouc émissaire des autres élèves. C’est une erreur très grave, car personne ne naît pas avec une bonne diction, l’art de la prononciation. On l’apprend. Comme le dit un adage, « c’est en forgeant qu’on devient forgeron ”.

En dehors des parents et des enseignants, les autorités ont aussi leur part de responsabilité dans cette crise de la lecture chez les jeunes maliens. Cette responsabilité de l’État peut se situer au niveau de l’élaboration des programmes scolaires où la lecture n’occupe pas la place qui lui revient. Au Mali, l’accès à certaines bibliothèques est très cher alors que les bibliothèques doivent être gratuites afin d’attirer l’attention des jeunes passifs à la lecture. L’État doit exiger l’implantation des bibliothèques dans toutes les écoles privées du pays. Enfin, certains élèves sont très paresseux.

Les répercussions de cet abandon des livres sont nombreuses. Il nous faut impérativement faire volte-face dans le monde des livres afin qu’on ne tombe pas dans une crise d’instruction totale, car cela incommode notre société et notre niveau de vocabulaire empatit de jour en jour entraînant une perte d’originalité. Le progrès et l’épanouissement d’un pays reposent sur la valorisation inconditionnelle des livres. Comme le disait Nelson Mandela, “une nation qui lit est une nation qui gagne”.

De toute évidence, la lecture est l’un des facteurs essentiels de la réussite scolaire et professionnelle. Je vous invite à la lecture chers (ères) confrères et consœurs, car quand on ne lit pas aujourd’hui, la réussite scolaire est très difficile à espérer. La lecture est la clé des connaissances.

Par Maïmouna Traoré

Bamako, le 25 novembre 2020

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