Inondations récurrentes dans la ville de Bamako : Le gouvernement veut-il anticiper ?

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Les inondations dans la ville de Bamako, précisément pendant les périodes hivernales, sont devenues annuelles ou presque. Et l’une d’elles qui aura marqué l’histoire est celle de 2013. Raisons principales, les grandes quantités d’eau de pluie reçues dues aux effets du changement climatique, s’évacuent difficilement du fait que les collecteurs principaux de la ville sont devenus des dépotoirs d’ordure des populations, mais aussi que les lits des cours d’eau sont occupés illicitement. Pour éviter les inondations de cette année, le gouvernement veut anticiper en donnant un coup de pousse au projet d’aménagement des deux grands collecteurs : Tienkolé et Woyowayanko.

Ainsi, le samedi 10 avril 2021, le ministre des Affaires foncières, de l’urbanisme et de l’habitat, Dionké Diarra, en compagnie de son collègue de l’Environnement, de l’assainissement et du développement durable, Bernadette Keïta, sont allés s’enquérir de l’état d’avancement du projet dont la réalisation permettra de réduire les inondations avec son  corollaire de pertes en vies humaines et de dégâts matériels énormes.

Financé par l’organisme allemand KFW et l’État malien pour un montant global de 13,120 milliards de FCFA, ce projet concerne l’aménagement  du marigot Tinkolé, sur une longueur de 4,100 km, et du collecteur Woyowayanko, où l’intervention se fera sur 3,500 kilomètres.

 

Sur place, le constat des ministres est sans appel : occupations illicites du lit des marigots et de leurs servitudes. Par endroit, les collecteurs ont quasi disparu à cause de l’emprise des déchets d’ordures et des constructions anarchiques.

 

Dépassée par l’occupation illicite des lits des collecteurs et les ordures, le ministre Bernadette Keïta a jugé la situation très alarmante et préoccupante. Il urge de prendre les devants, au risque de vivre chaque année des inondations, des pertes en vies humaines et des dégâts matériels.

« Nous voulons éviter ce qui s’est passé en 2013 », a-t-elle expliqué. Elle a ensuite invité la population à s’investir pour assainir l’environnement et comprendre que tout ce qui se fait, c’est dans leur bien. « Si nous transformons ces marigots en dépotoirs, nous courrons le risque de subir les dégâts causés par l’inondation, comme chaque fois. Donc, il faut que les populations comprennent que c’est dans notre intérêt à tous que nous devons veiller sur ces marigots. Déjà, sur les six collecteurs, nous avons le financement de deux collecteurs, et bientôt nous allons poser les actes », a fait savoir le ministre Bernadette Keïta

 

Pour le ministre Dionké Diarra, la concrétisation de ce projet permettra de rendre la ville propre et aussi de minimiser les dégâts causés chaque hivernage aux populations riveraines. Malheureusement, il se trouve bloqué aujourd’hui parce que le bailleur allemand pose la condition d’accélérer le processus d’indemnisation des populations affectées par le projet (PAP).

 

« L’objectif recherché est d’avoir une ville propre, de prévenir les dégâts causés par l’inondation. Pour cela, nous sommes obligés de prendre des décisions pour rectifier ce qui a été fait jusqu’ici, c’est-à- dire l’occupation illicite des lits de marigot», a expliqué Dionké Diarra. Et d’ajouter : « Ce qui nous a amenés ici, c’est l’occupation illicite du lit du marigot et de ses servitudes. Je pense que tout aménagement passe nécessairement aujourd’hui par l’évacuation des constructions illicites et dans le lit du marigot et dans les servitudes. Les gens s’installent là où ils veulent sans respecter les règles d’urbanisme, cela ne peut pas continuer », a-t-il prévenu.

Selon le ministre Diarra, sur le plan de l’urbanisation, il est impératif de prendre des dispositions pour rectifier ce qui a été mal fait jusqu’ici. «Le problème est très compliqué. C’est pourquoi, le financement du Tinkolé et du Woyowayanko étant, il faut diligenter des plans pour aménager 7 autres collecteurs, afin de rendre Bamako propre dans les deux à trois années à venir ». Le ministre de rassurer que la Transition pourra aménager deux collecteurs, à savoir le Tinkolé et le Woyowayanko. Il a saisi l’occasion pour dénoncer la ‘’bureaucratie’’ et ‘’l’insouciance’’ qui ont amené les gens à abandonner le projet après l’aménagement du Diafaranako. Pour ce qui est de l’indemnisation, il a annoncé que le gouvernement va engager des négociations avec les PAP et pour prendre en compte les occupants qui sont en faute.

Fabrice Abdoul

Source : La Plume

 

 

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