Dialogue politique inclusif : Que peut-on en attendre vraiment ?

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Une locution latine dit ceci: «Parturiunt montes; nascetur ridiculus mus.» (Les montagnes sont en travail: il en naîtra une souris ridicule.)

Depuis un certain temps, les commentaires fusent de partout sur la tenue ou non du dialogue politique inclusif dans notre pays. Selon certaines sources, le président Ibrahim Boubacar Keïta avait fixé la date de la tenue dudit dialogue à fin avril 2019.  Mais visiblement, cette date n’était pas opportune. Ce qui expliquerait, si besoin en était, le report sine die de ce dialogue.

En tout état de cause, le président IBK a fini par se rendre à l’évidence que ce dialogue s’impose au corps politique pour juguler la crise endémique qui frappe de plein fouet notre pays depuis maintenant des années.

Le dialogue politique sera l’occasion pour les Maliens de se dire les vérités crues les yeux dans les yeux et fraternellement. Mais il semble que le virus des manœuvres politiciennes a infecté les fondements du dialogue politique inclusif voulu par le président IBK. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur les termes de référence qui définissent et délimitent les contours de l’agenda présidentiel de ce dialogue.

Selon certaines sources, la rencontre politique inclusive, si elle a lieu  doit plancher  sur des thèmes comme: «la révision constitutionnelle, la problématique de la paix dans notre pays». Visiblement, il y a ici une volonté manifeste du président de borner le dialogue inclusif aux seules préoccupations présidentielles. Si cet agenda est maintenu, il y a fort à parier que le dialogue politique inclusif serve tout sauf le peuple travailleur du Mali.

Certes, parmi les préoccupations de ce peuple, il y a la crise sécuritaire mais la révision constitutionnelle à laquelle tient le président IBK est pour une large part le gage présidentiel de mettre sur pied un Sénat au service de la présidence, certainement pour préparer des arrières politiques.

A faire un sondage indépendant auprès des citoyens, l’on se convainc que ni le Sénat, ni la révision constitutionnelle, ni le dialogue politique n’intéressent le peuple travailleur du Mali. Que peut-on donc attendre de cet événement politique pendant que le fossé se creuse de plus en plus entre les démocrates maliens et leur peuple ?

Pratiquement, le dialogue politique inclusif tel que délimité ne peut servir utilement le peuple malien.

Les Maliens souffrent de plus en plus de la misère économique, des difficultés de se soigner, du manque de logements et du boulot pour la jeunesse, toute chose qui constitue le nid de l’insécurité chronique qui affecte dangereusement la vie de la nation. Aussi, le Mali est victime de la politique hégémonique et néocoloniale de la France de se faire inviter dans notre pays au nom de l’«amitié» des deux (02) pays.

Pour que le dialogue politique serve notre peuple travailleur, il faut une indépendance véritable des citoyens invités au débat non seulement dans le choix des thèmes, mais aussi dans leur nature inclusive. Cela est d’autant indispensable que personne ne peut sentir le bonheur du peuple à sa place. Il est temps de poser sur la table des débats les vrais problèmes du Mali comme l’insécurité dont la France coloniale est comptable, la misère économique, l’état désagréable des services de santé et de l’école.

Les fuites en avant politiques ne servent pas le peuple. La rencontre politique telle qu’envisagée par IBK risque fort de décevoir le citoyen ordinaire. Comme le dira donc cette locution latine: «Parturiunt montes; nascetur ridiculus mus.» (Les montagnes sont en travail: il en naîtra une souris ridicule.)

Vivement des concertations nationales dépolitisées sur les problèmes véritables pour servir utilement et durablement notre peuple laborieux.

Fodé KEITA

 

 

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