Incarcérée à Bolé pour avoir escroqué Seydou Kane à hauteur de centaines de millions Fcfa : La femme d’affaires Aminata Doumbia dite “Dado” s’évade lors de son transfert dans les hôpitaux

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La femme d’affaires qui a escroqué le milliardaire malien Seydou Kane basé à Libreville, au Gabon, pour un marché d’achat de “Caterpillar” est activement recherchée puisqu’elle a pris la tangente depuis quelques jours. Profitant de son hospitalisation, elle s’est évadée lors d’une extraction pour raisons médicales, alors qu’elle était incarcérée à la prison de Bolé suite à un mandat de dépôt placé contre elle par le procureur du Tribunal de la Commune V. Beaucoup de têtes risquent de tomber suite à cette évasion rocambolesque.

L’évasion de détenus au Mali est devenue monnaie courante, même si la manière diffère parfois. Mais celle qui vient de se passer à la prison pour femmes de Bolé a tout l’air d’un film de fiction, tant cette histoire d’évasion est intéressante, du début à la fin.

Pour faire court, disons tout simplement que c’est une évasion rocambolesque d’une détenue qui était incarcérée à la prison pour femmes de Bollé, depuis près de 2 ans. Cette prisonnière n’est autre que Mme Aminata Doumbia dite “Dado”, connue comme une “femme d’affaires” qui ferait du business à l’international.

Elle était embastillée à Bollé pour avoir carotté des centaines de millions de nos francs à l’opérateur économique Seydou Kane, un Malien résidant à Libreville, au Gabon. Pour des besoins d’exécution de ses marchés au Gabon, ce milliardaire d’origine malienne et natif de Nioro du Sahel avait fait confiance à Dado, étant une Malienne, pour commander des machines “Caterpillar” à un coût s’élevant à plusieurs centaines de millions de FCFA.

Le fait d’être une Malienne ne suffisait pas pour convaincre Seydou Kane. C’est qu’en plus de cela, la bonne dame s’est fait passer pour la représentante de la maison “Caterpillar” basée en Allemagne. Ce qui est loin d’être vrai, mais certainement un moyen efficace pour parvenir à ses fins : faire tomber l’homme d’affaires Seydou Kane dans ses filets. Elle y est parvenue.

Pour être remis dans ses droits, Seydou Kane a porté plainte contre Mme Aminata Doumbia dite “Dado” devant le Tribunal de grande instance de la Commune V. Après des enquêtes, la prétendue représentante de Caterpillar a été placée sous mandat de dépôt par le procureur du Tribunal de la Commune V pour escroquerie et abus de confiance.

C’est ainsi que l’indélicate femme d’affaires a été conduite à la prison pour femmes de Bolé qui accueillait ainsi une prisonnière VIP, comme la prison pour femmes de Bolé n’en a jamais vue. Comme une princesse, elle ne mangeait pas ce qui était servi aux pensionnaires des lieux, tous ses repas venant d’un grand traiteur de la place. Mais comment est-elle parvenue à s’évanouir dans l’espace, devenant invisible malgré toutes les recherches entreprises ?

Retenons que pour bien mener le complot ayant conduit à son évasion, Dado a trouvé comme prétexte son état de santé nécessitant une hospitalisation.

Et, arguments à l’appui, elle était munie de tous les documents y afférents, notamment un certificat médical délivré par un médecin qu’on dit promoteur de deux cliniques à Bamako.

Notons aussi que la détenue était gardée par deux surveillantes de prison pendant les trois mois qu’elle a passés entre les hôpitaux, puisqu’on parle de Point-G, de la Clinique Pasteur, de la Clinique Golden Life et de la Clinique Almed à Sotuba. Une information qui reste toujours à vérifier puisque certaines de ces structures médicales ont tenu formellement à la démentir.

Curieusement, il y a quelques jours, des alertes de risque d’évasion de la détenue ont été données au niveau de la prison de Bolé. Il fallait donc la réintégrer. Mais c’est là que les déboires ont commencé pour l’administration pénitentiaire. Aucun signe de Dado. Elle s’est évaporée dans la nature. Les deux surveillantes qui l’accompagnaient n’ont pu livrer aucune information, alors que, elles seules, étant ses anges gardiens, pouvaient situer la détenue.

La direction nationale de l’administration pénitentiaire a été informée de la situation ainsi que la directrice de la prison de Bolé. Tous les moyens ont été mis en place pour chercher la dame Dado. En vain. La grande battue organisée reste infructueuse, à ce jour.

Selon certaines indiscrétions, cette “femme d’affaires” aurait même quitté le Mali. Toujours selon les mêmes sources, elle se serait même évadée bien avant le jour où on a signalé sa disparition. C’est grave !

Face à cette situation, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué, a pris le dossier en main afin de faire la lumière sur cette affaire troublante. Naturellement, des enquêtes sont ouvertes et les deux surveillantes pointées du doigt auraient même été entendues à la Brigade d’investigation judiciaire.

Selon nos informations, beaucoup de têtes risquent de tomber concernant cette affaire qui révèle une chaîne de complicité depuis l’établissement des documents médicaux ayant motivé l’hospitalisation de la détenue, en passant par le prétendu suivi médical et la surveillance qui devait s’exercer sur elle à tout moment. Les prochains jours, en tout cas, nous édifieront, mais en attendant, tout le peuple malien ouvre grandement les yeux, après avoir tendu les oreilles, pour en savoir davantage sur cette évasion qui défraie la chronique dans les milieux pénitentiaires. Et surtout, il est nécessaire de savoir comment cela a pu être possible et qui l’a aidé à décamper.

Autant de questions dont les réponses sont attendues de l’enquête en cours.

Affaire à suivre !

      El Hadj A.B. HAIDARA

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