Mesures de prévention du gouvernement contre le coronavirus : Le Langage duTiou-Tia continue !

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La gestion d’une famille, n’est pas facile à plus forte raison, celle d’une nation, ou du moins plusieurs états  tels que le Mali et l’État de l’Azawad. L’histoire qui suit est réelle : « Le vieux assis dans un coin en train de regarder deux enfants se battre, il crie soudain :  ne te laisses pas tomber sous les tacles de l’adversaire, place l’autre pied derrière en appui,incline l’autre pied en avant, pour garder ton équilibre, tacle à gauche, puis à droite, courbe le torse, incline l’adversaire pour le faire basculer en avant, serre tes fesses pour faire basculer l’adversaire ».

Le vieux a donné une belle leçon de lutte traditionnelle, mais ces leçons sont purement théoriques, et le vieux ne peut aller au-delà de ces cours magistraux sur la lutte. La gestion du pouvoir n’est pas chose aisée, surtout lorsqu’on ne prend pas  conseil là où il  le faut. Cette situation amène le dirigeant à parler un double langage, c’est-à-dire, une chose dans la théorie et son contraire dans la pratique. C’est ce que nous avons constaté depuis l’arrivée du Président IBK au pouvoir.

Pour rappel IBK  avait déclaré l’année 2014 comme  l’année de la  lutte sans pitié contre la corruption. Tout le peuple avait applaudi  cette mesure. Mais à la fin de l’année, qu’est-ce que nous avons vu ?

La surfacturation dans le processus d’achat de l’avion présidentiel au moment où le peuple avait besoin d’avions de combat. L’achat de cet avion a surpris le peuple qui a cru au père Noël. Plusieurs chiffres ont été avancés concernant le prix de cet avion. À l’Assemblée Nationale, Moussa Mara en tant que Premier ministre a parlé de 17 milliards F CFA, au Maroc, devant les ressortissants maliens à Rabat, IBK a avancé le chiffre de 18 milliards F CFA, la main sur le cœur. Fily Bouaré, interpellé à l’Assemblée Nationale a parlé de 21 milliards F CFA, ses yeux dans les yeux des honorables députés de la cinquième législature. Pour prouver que tout cela est faux, et que ces chiffres avancés par-ci et par-là n’étaient que de la poudre aux yeux des Maliens. Lorsque Soumeylou B. Maïga a été évincé du ministère de la Défense,ce dernier a avancé le chiffre de 7 milliards F CFA tout au plus. À partir de ces contradictions, le peuple avait compris que ce langage de Tiou-Tia du régime était inquiétant. Dans ce langage, il avait un manque de sincérité vis-à-vis du peuple qui a élu le même président à 78% en août 2013. Ce qui a davantage surpris le peuple, c’est lorsqu’il s’est étonné de ce scandale, comme quoi, il n’était pas au courant de cette magouille. Il a fallu que son ancien ministre de la défense dise que le Président IBK a été informé à toutes les étapes et qu’il a  à chaque étape, donné son accord. C’est là que le peuple malien a compris qu’il s’était donc trompé en choisissant, celui qu’on croyait être un messie pour sauver le Mali d’un éclatement certain.

Le peuple a douté à cause du double langage révélé au grès des révélations de ces proches collaborateurs. Pour rappel encore, en novembre 2013, lors de la rencontre de notre tout nouveau président de la République avec une forte délégation du conseil de sécurité des Nations-Unies, il a clairement dit, qu’il ne se mettra pas au même niveau que les rebelles touareg et qu’il ne négociera pas avec eux, et en plus qu’on ne le trimbalera pas.

Le peuple a cru en cette grande détermination de son nouveau chef, mais à notre grand étonnement après la débâcle du 21 mai 2014 de notre armée au cours de laquelle elle a été chassée de tout le nord, le langage du régime a diamétralement pris le chemin contraire. En l’attendant pendant la campagne électorale.

Nous nous sommes dits que certainement, qu’il avait eu raison sur ATT, qui a signé en juillet 2006, un accord à Alger avec la rébellion du 26 mai 2006 qui venait de fomenter une rébellion, à partir des deux camps, celui de Kidal et celui de Ménaka. Il a taxé  cet accord de capitulation d’ATT face à quelques rebelles. Il a même été proposé par son parti, le Rassemblement Pour le Mali (RPM)  pour aller remettre une lettre de protestation au Président ATT à Koulouba par une délégation de l’Assemblée Nationale dont IBK était le président à l’époque. Cet accord de 2006 comparé à celui d’Alger n’était que de la poudre aux yeux des rebelles, et c’est ce que notre président à l’époque n’avait pas compris. Il s’est même offusqué par le fait que pour une affaire entre Maliens, comment peut-on aller à Alger pour discuter ?

Il a fallu que le peuple donne du temps au temps, pour voir le même dirigeant, à l’œuvre, mais cette fois dans la posture du chef  suprême du pays. Enfin que le 21 mai soit arrivé et après  des accords imposés au peuple malien d’un côté par IBK et de l’autre côté, des autorités françaises à IBK cela était impensable.

La suite de la gestion de la crise de 2012 par le Président IBK a donné un accord qui est le pire que l’Afrique ait connu excepté le Soudan d’Oumar El Béchir qui a abouti à l’indépendance du Soudan du Sud. En effet, l’accord arraché  après  6 mois de négociation à Alger a été piloté par des novices qui ne connaissent rien de  l’histoire des rébellions au Mali. Il a créé deux états dont chacun a son peuple, ses lois, son territoire, sa capitale, son drapeau, son armée. En somme le président IBK a obtenu le contraire de ce qu’il avait promis au peuple malien lors de la campagne électorale pour les présidentielles de 2013.

Et tout récemment lors de la résolution de notre crise par voie de négociation, il a été question de négocier avec les leaders intégristes non signataire de l’accord d’Alger selon le président de la transition et Haut représentant du Président de la République au centre du Mali.

Immédiatement Tiébilé Dramé, ministre des Affaires étrangères a aussitôt répliqué au nom du Président IBK, que ces négociations n’étaient aucunement envisageables. Cependant une semaine après,  à notre grand étonnement on a entendu notre IBK national dire sur les antennes de Radio France Internationale (RFI), comme quoi les négociations avec les chefs djihadistes étaient des pistes à envisager. Encore là, le langage du Tiou-Tia a été constaté. ‘’Aucun  rebelle ne se mettra à mon niveau selon IBK, tout fraichement venu au pouvoir. Quatre ans plus tard, voilà que Kidal dicte ses lois à Bamako en terme clair.

En effet le deuxième bataillon de l’armée reconstituée (ce terme ne se trouve nulle part dans l’appellation d’une armée nationale) s’apprêtait à rejoindre Kidal après l’arrivée du premier bataillon. Mais aussitôt en route, elle a été  stoppée, par la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) l’autre république voisine du Mali du Sud.

Kidal n’accepte donc pas le contingent parce que certains de ses éléments ne sont pas acceptables par les autorités de Kidal, du fait qu’ils sont membres des mouvements signataires. Kidal les soupçonne d’être des agents doubles au service du Mali et aussi, ils sont pro-Bamako, donc susceptibles de refuser d’aller à l’indépendance au moment venu. C’est la preuve que le pays est divisé, tout le monde le sait, mais tout le monde fait semblant de ne rien comprendre, ni voir, ni entendre. C’est la même gestion avec un double langage, une double pratique qui est en cours pour la prévention de la maladie de Corona virus. C’est pourquoi Me Tall qui semble être le dernier gardien de la démocratie malienne, ainsi que Dr Choguel Maïga, ont , dans une vidéo, dépeint les contradictions du Président IBK dans la gestion de la maladie de Corona virus encore une fois de plus en ces termes : Ainsi, dans une vidéo de quatre minutes, le président du CNID revient à la charge et réaffirme son attachement à un report de ces élections législatives. Et pour cause ? Me Tall pense qu’il y va de la protection de notre pays contre la maladie qui fait des ravages.

Saluant les mesures prises par le gouvernement de restreindre les libertés, MountagaTall a déploré toutefois sa non-application à toutes les activités. « Pour le Mali, le peuple est d’accord avec les décisions du gouvernement. Le peuple a décidé de faire ses mariages et baptêmes dans la sobriété. Plus difficile, la population a accepté la fermeture des établissements d’enseignement y compris les medersas. Tous ces sacrifices sont consentis afin de mettre le Mali à l’abri du coronavirus pour préserver la santé publique », a commenté Tall dans son speech en Bamanakan.

De même, il a indiqué que des pourparlers sont en cours entre les autorités politiques et leaders religieux pour la fermeture des mosquées, l’interdiction de certains regroupements à caractère religieux. Toutefois, Me Tall relève la contradiction de ces approches avec le maintien des campagnes et des élections législatives. Or, ces deux activités sont des facteurs de rassemblement, a-t-il indiqué. Pour lui, il y a un paradoxal que les religieux soient interdits d’aller à la mosquée et au même moment, les activités politiques pour les législatives battent leur plein.

« À ce jour, des campagnes de sensibilisation sont en cours pour demander aux électeurs d’aller retirer leur carte. Ce qui fait appel à un regroupement de plus de 50 personnes. Également, le jour du vote, il est impossible d’interdire les groupements de plus de 50 personnes en interdisant d’autres activités l’Etat se contredit et expose le pays.

« Il faut que le Président évite de donner l’impression qu’il accorde plus d’importance à la politique qu’à l’éducation des enfants. Que le vote a plus de valeur que les rites religieux. Que le retrait des cartes d’électeur vaut mieux que les cérémonies de mariage, de funérailles », a-t-il souligné avant de rappeler que des élections ont été reportées dans le pays pour des situations moins que ça. Pour lui, l’enjeu c’est la santé des Maliens, surtout que le Gouvernement reconnait que deux individus sont testés positifs.

Voilà, comment au Mali, l’éléphant annoncé pour restaurer la République, l’honneur et le bonheur des Maliens est venu avec deux pattes cassées et une oreille sourde. Le peuple doit enfin crier : Ô rage, Ô désespoir, nous avons été trahis avec le double langage du Tiou-Tia à chaque occasion !

Badou  S KOBA

 

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