Et si on se dit la vérité : Citoyens, payons-nous, tous, nos imports ?

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Dans notre pays, il est fréquent d’entendre certains se qualifier (avec emphase) d’être des bons citoyens, sans savoir ce que cela implique au fond. Le citoyen, selon la définition qu’en donne le dictionnaire le Larousse, est le membre d’un Etat, considéré du point de vue de ses devoirs et de ses droits civils et politiques. En tant que tel, le (bon) citoyen doit avoir le réflexe de jouer sa partition dans l’édification de la patrie, avant d’exiger de cette dernière le respect de ses propres droits. «Au lieu de demander ce que mon pays a fait pour moi, il faut se demander d’abord que l’on a fait pour son pays». Ramener au niveau de notre quartier, ou de notre commune, prenons-nous le soin de nous interroger sur ce que personnellement nous avons fait pour notre quartier, pour notre commune. Oui ! Des devoirs, nous en avons vis-à-vis de notre commune. Et cela passe par un certain nombre de choses, dont le paiement par chacun de ses impôts. En effet, c’est la somme de nos contributions qui font l’assiette fiscale, laquelle permet à la commune ou au pouvoir public de remplir leur part d’obligations vis-à-vis des citoyens que nous sommes. Comment exiger de l’Etat, ou de la commune, de nous construire des routes, de réaliser des écoles fonctionnelles dans les coins les plus reculés du pays ; comment demander au pouvoir public un plus grand accès à l’eau potable, à l’électricité, à la santé, à un environnement sain, si, au même moment, nous refusons, ou négligeons de nous acquitter de ce que nous lui devons. Combien sommes-nous aujourd’hui à nous acquitter régulièrement de la TDRL (taxe pour le développement régional et local) fixée à 3000 F CFA par an? En faisant une petite enquête sur la question, il n’est pas évident qu’on se retrouve avec un taux dont on peut être fier. Pourtant, il suffit qu’une rue soit jonchée de tas d’ordures, que des caniveaux soient obstrués, ou qu’une portion du goudron ne soit plus assez praticable pour que nous commencions à protester, accusant nos maires par-ci, et l’Etat par-là, de ne pas jouer leur rôle ; Si nous ne les accusons tout simplement de manquer à leurs engagements. Disons nous le franchement : un citoyen ce n’est pas qu’un simple mot sur les lèvres, mais un comportement. C’est bien d’exiger de nos conseils communaux l’exécution des projets prévus dans leur PDSEC (Programme pour le Développement Social, l’Education et la Culture), mais encore faudrait-il que nous soyons nous-mêmes sans reproches ; que nous soyons de «bons payeurs» de nos impôts et taxes. Or, nous sommes dans un pays où (il ne faut pas se voiler la face) les gens ne s’empressent pas pour aller s’acquitter de leurs impôts et taxes. A la limite, avant de s’acquitter de leur impôt, il y a beaucoup qui couvrent d’abord les agents de recouvrement avec toute sorte de méchancetés. Ce qui, admettons-le, n’est pas la bonne attitude pour un bon citoyen. Tout comme le fait de laisser ses impôts s’accumuler. Ce qui débouche toujours sur des contentieux. Pour s’en convaincre, il suffit simplement de faire le tour de certains de marchés de la capitale : marché des légumes, le Dibida, le Dabanani, le marché de Médine…., et voir tous ces magasins avec la même affiche à la porte : «fermer pour non-paiement d’impôts». C’est là généralement l’ultime moyen auquel font recours nos maires pour mobiliser les recettes communales. Qu’on soit à Kayes ou à Kidal, à Bambaramaoudé ou à Marka Coungo, c’est le même constat que font tous les maires : les gens s’acquittent de moins en moins de la TDRL. Alors, si nous sommes des citoyens, fiers de l’être, revisitons notre comportement ; ayons le réflexe de nous acquitter de nos impôts et taxes. Car, les maires que nous élisons, les autorités que nous choisissons pour nous diriger, n’ont pas de solutions miracles pour le développement de nos communes et de notre pays, en dehors de notre propre engagement en tant que citoyens, pas simplement sur le bout des lèvres, mais en le prouvant dans nos faits et gestes de tous les jours. A bon entendeur, salut !

Papa Sow.

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3 COMMENTAIRES

  1. Merci M Sow pour cet article qui traite d’un problème réel dans notre pays: l’incivisme fiscal. En espérant qu’il va aider ceux qui sont dans le cas à changer de comportement.

  2. Oui! à part la coquille dans le titre (impôts au lieu de imports), l’article est bien écrit et est le fruit d’une très bonne inspiration. Dans notre pays, certains ne savent même pas que payer ses impôts est un acte de bonne citoyenneté. Merci Papa Sow d’avoir rappeler cela à tous ceux qui ne sont citoyens que sur le bout des lèvres.

  3. Une belle analyse! Voilà des articles qui participent à la construction du pays. Et non certains types d’articles destinés à mettre le pays en feu. Merci Papa Sow pour votre belle analyse.

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