Ousmane Christian Diarra, secrétaire général du Synac : «Les CEN Synac et Sylmat s’engagent désormais à poursuivre en justice toute autorité par la faute de laquelle il y aurait atteinte à la vie d’un représentant de l’Etat»

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Les membres des comités exécutifs nationaux du Synac et du Sylmat ont conjointement animé une conférence de presse, le samedi 22 juin, à la Bourse du Travail. Au cours de laquelle, ils ont réagi au communiqué et à l’interview du ministre de l’Administration territoriale. C’était sous l’égide des secrétaires généraux des deux syndicats. 

Le ton monte entre représentants de l’Etat et le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Les comités exécutifs du Synac et du Sylmat sont très remontés contre le chef de département de l’Administration territoriale. Une réaction qui fait suite au communiqué et à l’interview de Boubacar Alpha Bah dit Bill, demandant aux membres du corps préfectoral, qui réclamaient plus de sécurité, à mourir au nom des prescriptions de l’hymne national.

Dans un discours au vitriol, Ousmane Christian Diarra, secrétaire général du Synac, rappelle au ministre que «les représentants de l’Etat n’ont de leçon de patriotisme à recevoir de personne surtout pas les autorités actuelles du pays».  

Selon Ousmane Christian Diarra, le communiqué et l’interview de Boubacar Alpha Bah, ministre de tutelle, sont «des appels au suicide». D’autant qu’ils n’offrent «aucune garantie de sécurité à part les habituelles annonces sans suites ni effets».

Cet appel au sacrifice ultime, poursuit le secrétaire général du Synac, prouve que les autorités ne disposent d’aucune solution pour assurer à leurs représentants les conditions minimales nécessaires leur permettant de jouer pleinement leur rôle de coordination de l’action publique au niveau des circonscriptions administratives.

Selon Ousmane Christiane Diarra, les responsables du département de l’Administration territoriale, au lieu de s’engager résolument à assumer pleinement leur rôle régalien de protection et de sécurisation de leurs représentants, ont opté plutôt d’emprunter la voie facile de la menace et chercher à faire vibrer la fibre patriotique de l’opinion, qui, du reste, est fatiguée de compter et pleurer les morts par manque de précautions prises.

Le ministre a manqué l’occasion de se taire   

Le secrétaire général du Synac affirme ne pas considérer les intimidations de Boubacar Alpha Bah, qui a, selon lui, manqué une bonne occasion de se taire. Ce communiqué fait d’autant plus mal qu’il est signé par Baba Hamane Maïga, secrétaire général du département. Celui-là même qui a fui de l’arrondissement de Gossi lors de la rébellion de 1990. Il n’est à ce jour plus jamais retourné dans le commandement jusqu’à sa nomination dans la haute administration. «Autres temps, autres mœurs», dit-on !

Et comme pour narguer le ministre, Ousmane Christian Diarra réitère à nouveau son appel en invitant tous les représentants de l’Etat en poste dans les huit cercles et cinquante-cinq arrondissements de la Région de Mopti, à rejoindre la ville de Mopti ou toutes autres localités plus sécurisées, jusqu’au désarmement total de toutes les milices ou jusqu’à la prise de mesure de protection sécuritaire par les autorités compétentes. Déjà, il nous est revenu que certains préfets et sous-préfets ont regagné la ville de Mopti.

Pour terminer, Ousmane Christian Diarra prévient que les comités exécutifs du Synac et du Sylmat s’engagent désormais à poursuivre en justice, au pénal comme au civil, toute autorité par la faute de laquelle il y aurait atteinte à la vie d’un représentant de l’Etat.

Abdrahamane Sissoko

Source: Le Wagadu

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