Le Mali, témoin du réchauffement climatique

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On le sait, le Mali est un pays à la diversité naturelle riche. Traversé par deux fleuves majeurs, le désert comme des régions humides, le pays est le parfait terrain d’observations pour les scientifiques. Car le Mali est à la fois un formidable témoin du réchauffement climatique, mais aussi un des acteurs de la lutte contre celui-ci.

Avec une politique agricole novatrice, des ateliers à l’école pour sensibiliser les élèves, et la recherche d’une énergie renouvelable, le pays se place comme un laboratoire des techniques de demain pour l’Afrique. Zoom sur quelques pratiques et innovations qui peuvent faire du pays un leader en matière d’écologie sur le continent.

Un continent touché

Les événements comme le Jour de la Terre sont bénéfiques, car ils démontrent l’importance du réchauffement climatique et ramènent le sujet sur la table. Alors, quand ces mêmes scientifiques qui veulent éveiller les consciences ont les preuves tangibles de ce qu’ils avancent, ils sont à même de toucher plus de monde. Car l’urgence n’est pas visible partout, et c’est bien le grand drame pour la communauté scientifique.

L’Afrique, elle, n’a pas tardé à comprendre les enjeux et les défis qu’il fallait devoir relever. Les lacs se sont mis à s’assécher, les cours d’eau disparaissent, le désert grignote les territoires alors que les terres arables s’amenuisent. Heureusement, des solutions existent.

Une sensibilisation dès le plus jeune âge

Avec une augmentation significative de la densité de population dans les grandes villes, surtout Bamako, le Mali doit relever le défi des ordures ménagères et de la pollution. Et pour préparer les prochaines générations, des documentaires et des expositions sont proposés à l’école. Que ce soit un petit film sur la transformation des ordures en énergie, ou une conférence sur la pollution dans l’air, la volonté des Maliens de préparer leurs enfants à un monde plus écologique est indéniable.

Plusieurs programmes sont en prévision et un savoir unique s’est déjà développé dans le pays. Oumar Diabaté, star de l’agroécologie, est aujourd’hui consulté par de nombreux étudiants et organismes pour son expertise par exemple.

Une nouvelle technique pour un savoir ancestral

L’agroécologie paysanne est un principe mêlant la permaculture et des techniques ancestrales pour améliorer les rendements tout en préservant la bonne santé du sol. Il existe plusieurs techniques qui ont presque toutes été enseignées à des agriculteurs maliens. La cohabitation entre les plantes, les unes se protégeant des autres, la fabrication d’engrais et de pesticides naturels, l’optimisation de la consommation d’eau. Autant de savoir-faire qui ont rappelé des souvenirs aux anciens des villages.

Car avec intelligence, les Maliens ont tout de suite utilisé des méthodes ancestrales parfaitement en phase avec les principes de l’agroécologie.

Avec les techniques modernes qui s’appuient sur le savoir ancestral, les rendements de ces agriculteurs ont plus que doublé, un véritable exemple pour tout le continent. Une autre preuve de la grande sagesse des ancêtres, qui, bien avant l’invention des pesticides modernes, utilisaient déjà la nature pour protéger les récoltes.

Le Mali mise sur l’énergie renouvelable 

par andreas160578, CC0

Légende : L’énergie solaire est privilégiée dans de nombreux pays africains 

Si, traditionnellement, la source d’énergie a longtemps été le bois et le charbon, le Mali ne veut pas faire l’erreur d’investir dans des centrales chères et consommatrices d’énergies fossiles. Avec un réservoir d’énergies naturelles très important, le pays se place parmi les pionniers dans la région. L’inauguration d’une centrale électrique toute neuve le démontre.

Mais le potentiel du pays est encore plus grand. Avec de vastes espaces sans barrière naturelle, les éoliennes peuvent trouver une place de choix sur les terres maliennes malgré des vents peu puissants. La répartition de biomasse est, elle, assez inégale. Mais, grâce à l’agroécologie, il existe un petit vivier de cette matière transformable en énergie. Les paysans sont donc à même de fournir une matière première énergétique en plus de nourrir le pays, une aubaine.

Cela dit, le principal apport en énergie sera sans doute le soleil. Avec des vallées plates et un ensoleillement puissant, le Mali peut rêver d’une indépendance énergétique. Une indépendance qui ne sera pas au détriment de la nature.

Une double victoire donc.

Par WhisperingJane_ASMR, CC0

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2 COMMENTAIRES

  1. En 1981, au poste d’inspecteur des Eaux e Forêts de la région de Sikasso (la plus humide soudanienne et guinéenne, avec 1.200mm de pluies par ans sur 8 mois), j’avais écrit, en collaboration avec feu le Père Denis MALGRAS (agronome français de formation technique), de la Paroisse chrétienne de Sikasso, un fascicule intitulé “Sécheresse: une fatalité?” que nous avions bien vulgarisé dans les écoles de la région et même au-delà, au Mali et en France, sans le faire publier (malheureusement), encore moins le vendre.

    M’assumant sous mon vrai nom “Mohamed AG HAMATY”, vivant à la retraite (depuis 2013, à Kalabancoro-dougoucoro, dans la banlieue Sud-Ouest de GRAND Bamakoà, à l’âge plus de 70 ans en 2021, natif du Nord-Mali/Lac Faguibine (dans le cercle de Goundam, région d Tombouctou) aux confins Nord-Ouest Mali-Mauritanie, dans la région agro-écologique sahélo-saharienne désertique, dite “Aklé-Azawad/Aragaï-Affella” qui n’enregistre que 150 à 200mm de pluies annuelles sur 2 mois (Août-Septembre), je témoigne des changements climatiques en cours qui font plus de dégâts au centre et au Sud du Mali que dans mon “Grand-Nord/Koronfè” qui semble même reverdir, depuis 10 ans, avec des précipitions nouvelles de plus de 200mm/an!

    Sincèrement

  2. PUISQUE LE RECHAUFFEMENT AU MALI ET EN MEME TEMPS L AFFROIDISSEMENT AU CAMEROUN AVEC UNE TOMBEE INTENSE DE NEIGE, ALORS GENERALEMENT EN AFRIQUE LE CLIMAT NE CHANGE PAS!

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