Assises nationales sur l’efficacité du financement de l’agriculture et le changement climatique : Les exploitants-es agricoles familiaux déplorent le manque d’accès aux crédits, aux intrants, à l’équipement, à la terre, aux semences paysannes, à l’encadrement

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Mardi 29 décembre 2021 s’est tenue   à l’Office des Périmètres Irriguées de Baguinéda (OPIB) l’assise nationale   sur l’efficacité du financement de l’agriculture et le changement climatique organisé par la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali). Quatre-vingt participants ont pu prendre part à cette assise les élus nationaux et locaux, des autorités Administratives, des leaders féminins, des organisations paysannes et de la société civile. Cette assise sur l’agriculture et le changement climatique pourra contribuer à renforcer les débats autour d’enjeux qui impactent  l’efficacité et l’efficience du financement du secteur de l’Agriculture, analyser les  mécanismes innovants pour le financement du  secteur de l’agriculture, échanger sur l’harmonisation et la prévisibilité des PTF du secteur Agricole, échanger sur la problématique d’accès des femmes et des jeunes aux ressources allouées à l’Agriculture y compris le foncier et enfin proposer des  initiatives locales pour lutter contre le changement climatique et plaider pour une augmentation des ressources publiques  y affectées.

 

L’assise a constitué des moments de réflexions et d’échanges sur les différentes thématiques. De ces échanges sont issus des prises de positions et des propositions, recommandations qui ont été ressorti dans la déclaration finale des assises. Ils constituent des moments de réflexions et d’échanges sur les différentes thématiques tel que Thème 1 : Financement de L’Agriculture : Quels efficacité et efficiente des ressources allouées à l’Agriculture pour une souveraineté alimentaires ? et le Thème 2 : le changement climatique : Innovations locale d’adaptation aux changements climatiques et financement public conséquent.

À la fin des travaux, une équipe restreinte composée de la société civile et des organisations paysannes a été mise en place pour suivre la mise en œuvre des recommandations à court moyen et long thème.

Ce qui ressort des débats, le Mali connaît un nombre de changements socio-économiques et démographiques importants : les derniers 10 ans le pays affichent une croissance démographique annuelle d’environ 2,9%, avec une population jeune. La population urbaine s’accroît (actuellement à 43% des 20 millions d’habitants), concentrée au Sud et au Centre. Depuis 2000 le PIB a considérablement augmenté. Les exportations dominantes restent l’or et le coton, mais l’économie se diversifie progressivement. Malgré la croissance, l’économie reste vulnérable aux chocs politiques, sanitaires, climatiques et/ou économiques. Selon la statistique nationale 42% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (CREDD 2019).

Les politiques Agricoles du Mali notamment la Loi d’orientation Agricole sont bien structurées  avec la participation de tous les acteurs et actrices (État, Collectivité, Partenaire, organisation paysanne, Société civile). Malgré la ratification des différents engagements internationaux et surtout l’après Maputo le budget alloué à l’Agriculture  est revenu à 15%  en plus d’autres financement parallèles du secteur tel que le FNAA, les financements des partenaires, les paysans et paysannes Maliens ont toujours faim et incapable d’assurer les besoins essentiels à leur famille. Il est  injuste qu’en dépit du rôle prépondérant que les paysans jouent     ils continuent de vivre dans la pauvreté et voire leurs conditions de vie se dégrader de manière continue et inquiétante.

 

Les effets du changement climatique complique la donne et cela malgré l’existence d’une politique en la matière. Les ressources allouées aux changements climatiques sont insignifiantes face aux défis qui se présentent. La population rurale vit dans l’extrême vulnérabilité accentuant  leur misère, les déplacements vers les villes, l’enrôlement par les groupes djihadistes. Les exploitants-(es) agricoles familiaux, ont difficilement accès aux crédits, aux intrants, à l’équipement, à la terre, aux semences paysannes, à l’encadrement. Sont –ils vraiment    victimes d’une mauvaise gouvernance du secteur agricole et des effets du changement climatique.

 

M Souleymane Dembélé, directeur exécutif de la CAD /Mali « aaujourd’hui, nous faisons face à l’invasion des produits importés, (lait, riz, niébé etc.) qui compromettent nos efforts. Il urge alors de clarifier les rôles de l’État, des Collectivités, des Organisations paysannes et des partenaires dans l’efficacité et l’efficience des politiques sectorielles de l’Agriculture et du changement climatique. En d’autres thème les ressources allouées au secteur doivent être obligatoirement efficaces mettant fin à la misère des populations rurales avec une souveraineté alimentaire garantie à long terme. »

 

Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net

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