Boni : La traversée du « Saratou » pour les FAMa

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La traversée de Boni pour atteindre le septentrion malien devient d’autant plus difficile pour les forces armées maliennes qu’on est tenté de la comparer au «Saratou », ce pont sur lequel chaque humain est appelé à passer le jour du jugement dernier. Jeudi 19 août, un convoi des FAMa, quittant Douentza pour Boni, a été la cible d’une attaque complexe des groupes armés terroristes. Nos militaires sont tombés dans une embuscade après l’explosion d’une fourgonnette piégée abandonnée sur la RN16, aux environs de Boni. Le bilan de cette attaque barbare et lâche a été particulièrement lourd pour nos hommes. Il nous revient que dix-sept (17) y ont perdu la vie, dont treize (13) gendarmes (GRM), deux (02) du régiment des commandos parachutistes (RCP), un élément (01) de l’Armée de terre (AT) ; un élément (01) de l’Armée de l’air (AA). L’attaque a fait également quarante-deux (42) blessés, dont vingt-cinq (25) gendarmes (GRM) ; dix-sept (17) élément du RCP et un  (01) disparu.

D’important lot de matériels emportés par les assaillants, notamment dix (10) Toyota avec armements, dont deux (02) équipés de 12,7 DSHK, un (01) équipé de AGS 17, un (01) équipé de deux (02) VZ- J, quatre (04) PKM, deux (02) Lrac, trente (30) PM, trois (03) PA ; Matos Trans, un (01) Codan ; deux (02) DM Motorola sur véhicule ; deux (02) Motorola portatif 3400 1E ; six (06) batteries pour Motorola 3400-1E. Ils ont également brûlé un (01) Caspir.

Enième passage, énième attaque meurtrière et énième prise importante de matériels. Toujours les mêmes modes opératoires, toujours les mêmes erreurs de la hiérarchie militaire qui peine à contrer l’ennemi. La dernière attaque à Boni remonte au vendredi 26 juin dernier. Elle a fait six morts et un blessé parmi les FAMa et les forces de la Minusma.

On se pose finalement la question si nos officiers savent pas tirer leçons des échecs antérieurs. Tout le monde sait que le tronçon Sévaré-Hombori-Gossi-Gao est le couloir de la mort. La traversée nécessite d’énormes précautions pour nos hommes, dont la couverture aérienne des convois militaires comme cela se fait par d’autres armées qui opèrent dans la zone. A défaut d’une couverture aérienne, l’Etat-major peut s’organiser pour affréter des avions de transports des troupes pour assurer le déplacement de nos hommes et leurs matériels. Même s’il faut réquisitionner les avions des armées amies qui se trouvent sur notre sol dans le cadre de cette lutte anti-terroriste. N’est-ce pas que la France s’offre régulièrement les services des avions anglais et américains pour transporter ses hommes et leurs matériels sur le terrain ? Alors pourquoi notre pays qui est le plus concerné par la crise se prive-t-il de ces avantages. Si les Etats-Unis se permettent d’ériger des obstacles devant pour obtenir la livraison de notre avion de transports de troupes qu’on a acquis sur fonds propre, ils ne peuvent logiquement refuser de contribuer à transporter nos troupes pour éviter ces genres de pertes en hommes et en matériels, affaiblissant la capacité de frappe de nos militaires et renforcer celle de l’ennemi. A moins qu’ils soient en intelligence avec l’ennemi pour défaire l’armée malienne, au profit des groupes armés prétendus djihadistes et terroristes ?

Au demeurant, il appartient au président de la Transition, colonel Assimi Goïta, de sortir de ses réserves pour parler à son peuple qui a du mal à comprendre son silence injustifié.

Wait end see

M. A. Diakité

 

Remous des troupes à Boni

Mauvais quart d’heure pour la hiérarchie militaire

 

Le week-end dernier restera longtemps gravé dans la mémoire des officiers qui s’étaient rendus à Boni pour s’enquérir de la situation et profiter de l’occasion pour présenter leurs condoléances aux frères d’armes meurtris par la perte de 17 compagnons, tombés au champ d’honneur, à 5 km de Boni, dans l’embuscade que l’ennemi avait posée sur leur passage.

Très heurtés par cette attitude de la hiérarchie, les hommes ont tout simplement bloqué l’avion qui devrait ramener à Sévaré le directeur général de la gendarmerie, le col-major Sambou Minkoro Diakité, et la délégation qui l’accompagnait. La délégation, composée du colonel Mahamadou Siné Doucouré,  commandant de la région GRM-Mopti, colonel Moustapha Sangaré, chef de corps du Régiment des commandos parachutistes (RCP), colonel Makan Alassane Diarra, Com-Théâtre PCAT et colonel-major  Claude Coulibaly, Cemga par intérim.

Les hommes auraient exigé de la crème des officiers qui avaient effectué ce déplacement de retourner par voie terrestre pour que chacun d’eux évalue par soi-même la dangerosité du tronçon. Les discussions ont duré toute la journée du samedi. C’est finalement dans la nuit qu’un terrain d’entente a été trouvé entre les deux parties. Les hommes ont levé le verrou et très tôt le dimanche matin, l’hélicoptère est retourné chercher Sambou Minkoro Diakité et sa délégation pour les ramener à Sévaré.

Ces genres d’incident doivent être évités à tout prix. Car, le moment est délicat, le pays est encore fragile. Les chefs militaires doivent revoir leur stratégie afin d’éviter des pertes aussi importante du genre. Cette situation peut arriver à toutes les armées du monde. Mais la répétition des erreurs peut susciter des doutes dans la tête des hommes vis-à-vis de leur commandement, comme ce fut le cas en 2012 et tout au long de la gouvernance du président IBK. La suite, on la connait. Ce remous des hommes doit pour la hiérarchie, notamment le général Oumar Diarra, chef d’Etat-major général des armées, à revoir très rapidement sa copie.

Wait end see !

M. A. Diakité

 

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1 commentaire

  1. Ce n’est pas au colonel Assimi d’aller sur le terrain. Il faut que nos hommes apprennent à se battre. C’est facile de le dire en étant derrière un clavier, mais c’est la vérité. Assimi ou Assimou, le Mali ne s’en sortira que par le combat. Même au front nous sommes dans l’insouciance et dans l’appel à Allah.

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