AES : les États-Unis prennent leurs distances avec la stratégie française au Sahel

Alors que la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), réunissant le Mali, le Niger et le Burkina Faso, consolide sa coopération régionale, les États-Unis adoptent une posture différente de celle de la France. Refusant d’aligner leur politique sur celle de Paris, les autorités américaines privilégient un dialogue pragmatique avec les dirigeants sahéliens, dans un contexte de recomposition des équilibres diplomatiques.

05 Août 2025 - 12:46
4
Ecouter cet article
AES : les États-Unis prennent leurs distances avec la stratégie française au Sahel
00:00
AES : les États-Unis prennent leurs distances avec la stratégie française au Sahel

Une reconfiguration imposée aux anciens partenaires
Le départ des troupes françaises du Sahel n’a pas été le fruit d’une décision unilatérale. Sous pression des autorités nationales, la France a été contrainte de mettre fin à sa présence militaire, d’abord au Mali, puis au Burkina Faso et enfin au Niger. Ce retrait forcé a mis en lumière un rejet croissant d’une certaine approche sécuritaire, jugée inefficace et perçue comme intrusive.

En parallèle, les trois pays de l’AES ont quitté la CEDEAO et mis en place une confédération axée sur la coopération militaire, économique et politique. Ce recentrage régional s’accompagne d’une volonté claire de diversification des partenariats, notamment avec des acteurs comme la Russie, la Chine, ou encore l’Iran.

Washington choisit le dialogue
Face à cette évolution, les États-Unis ont opté pour une stratégie moins rigide. Après le retrait de leurs troupes stationnées au Niger en juillet 2024, Washington a amorcé un réengagement diplomatique dès le début de 2025. L’arrivée officielle de l’ambassadrice Kathleen FitzGibbon à Niamey, longtemps retardée, a marqué une inflexion. Des visites récentes de hauts responsables américains au Burkina Faso et au Niger, dont celle de Will Stevens, témoignent d’une volonté de reprendre contact avec les autorités en place.

Cette approche s’appuie sur des considérations sécuritaires, économiques et géostratégiques. Les États-Unis entendent préserver une présence régionale, notamment pour suivre l’évolution des groupes armés, sécuriser les routes migratoires et rester compétitifs dans l’accès à certaines ressources naturelles stratégiques.

Une rupture de méthode avec la France
Contrairement à Paris, Washington ne conditionne pas son engagement à une transition politique immédiate ou au respect de modèles institutionnels imposés. Ce choix illustre une volonté d’adaptation aux réalités locales, sans pour autant valider explicitement les orientations internes des gouvernements concernés.

La France, de son côté, reste confrontée à un rejet marqué dans la région. Sa politique, longtemps fondée sur une présence militaire et une coopération sécuritaire prioritaire, est désormais largement contestée. Son retrait forcé du Sahel souligne l’échec d’un modèle d’intervention perçu comme vertical et peu attentif aux aspirations locales.

Vers un nouvel équilibre diplomatique
Les réactions divergentes de Washington et Paris face à l’AES traduisent des visions opposées du rôle des puissances étrangères en Afrique de l’Ouest. Tandis que la France semble en quête d’un nouveau positionnement, les États-Unis avancent prudemment, sans confrontation directe, dans l’objectif de maintenir des relations fonctionnelles.

Cette évolution reflète un tournant dans les relations internationales du Sahel, où les rapports de force se redessinent. Dans un environnement marqué par l’affirmation des souverainetés nationales, la montée en puissance de nouveaux partenaires et la redéfinition des priorités régionales, les puissances occidentales doivent adapter leurs stratégies si elles souhaitent rester des acteurs pertinents.

Source: https://lanouvelletribune.info/

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Ouah Ouah 0
Triste Triste 0
Hmmm Hmmm 0

Commentaires (4)

User
Toto
Toto 1 an
La France ne fait que réamorcer sa politique de désengagement adoptée dans les années 2000 et interrompue à la demande du Mali. Elle a d’ors et déjà diversifié ses partenariats. La situation actuelle ne fait l’objet d’aucun débat en France.
Kankan
Kankan 1 an
In nutshell we approve NATO United States being pragmatic but this position NATO to do what it have been doing for decades which is playing role in all positions. Only now with thank you to degree words unable to express to our reliable partners of Russia, Turkey plus China along with ongoing rising of FAMA plus AES militaries we control which position will win. We will honor United States doing equitable as perceived fitting for circumstance but, United States still possess bunch in government plus society that pretend not to know what is honorable treatment. For that cause keep it strictly business plus we will be far less offended by punks in United States government plus society. Wish I was home so I could manage my healthcare problems, get to work on my development projects plus give aid to AES plus Africa nobody able to give like me. I perceive I will have huge staff of educated plus skilled people very much like Mansa plus Kankan before him. Africa First People of Books. Henry Author Price Jr aka Kankan
Kinguiranke
Kinguiranke 1 an
le Ministre Abdoulaye Diop des Affaires Étrangères a dit et répété publiquement les 3 regles diplomatiques et de cooperation entre le Mali et les autres pays Russie, USA, Chine, ou autres!
nimp
nimp 1 an
Quel est le but de cet article ? la Mali aimerait-il que la France fasse comme les USA ? est-ce un appel à l'aide ?
Les commentateurs les plus actifs de la semaine:
  • Kinguiranke (109)
  • Nfp (75)
  • Kankan (58)
  • Sissoko (27)
  • Citoyen du monde (22)