Sous l’égide d’ARCAD-SIDA 1 176 enfants signent une pétition pour solliciter l’engagement de la première dame : Mme Fatoumata Konaté Chargée de Plaidoyer nous en dit plus

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Mme Ongoïba Fatoumata Konaté Chargée de Plaidoyer
Mme Ongoïba Fatoumata Konaté Chargée de Plaidoyer

Dans le cadre du mois de lutte contre le Sida, l’ARCAD-Sida, en partenariat avec le parlement des enfants, a présenté une pétition signée par 1 176 enfants et jeunes, demandant l’engagement de la Première Dame, pour Stopper la transmission de la mère à l’enfant du VIH-Sida. La pétition a été remise au président du Haut conseil national de lutte contre le Sida pour Mme Kéita Aminata Maïga. C’était au cours d’une conférence de presse  animée par les responsables d’ARCAD-Sida au Centre international de conférence de Bamako il y a deux semaines. A l’issue de cette cérémonie, nous avons rencontré Mme Ongoïba Fatoumata Konaté, l’une des chevilles ouvrières de l’institution, pour nous en dire plus et faire le point de la lutte contre la pandémie au Mali.

 

Mme Ongoïba est chargée de Plaidoyer. En ce sens, elle s’occupe de tout ce qui est amélioration des politiques publiques qui ont un impact dans la lutte contre le Sida mais aussi sur l’accès à la santé en général au Mali. A l’international, explique-t-elle, “on fait exactement la même chose en essayant d’améliorer les politiques publiques au Fonds mondial, pour améliorer la lutte contre le Sida”.

Elle est donc de par sa profession Plaideuse professionnelle. En quoi donc consiste concrètement la lettre adressée à la Première dame du Mali ? Elle l’explique : “L’objectif c’est vraiment d’attirer l’attention des plus hautes autorités, notamment la Première dame qu’on a décidé d’interpeller sous le slogan de #Première maman de la République du Mali. L’idée est de l’interpeller et d’attirer son attention sur le nombre important d’enfants qui naissent avec le VIH au Mali. Il y a des efforts qui sont faits, qui sont réalisés, mais c’est toujours un peu lent. Donc nous, en tant que société civile, on essaie de jouer ce rôle de toujours être là et rappeler que le travail n’est pas terminé et qu’il faut redoubler d’effort. Donc, c’était cela l’objectif de la pétition et les structures de santé, telles que Arcad Sida ou d’autres, se sont déjà exprimées sur ce sujet. Maintenant je me suis dit que si les enfants eux-mêmes parlaient au nom de tous les autres enfants qui naissent avec le VIH, peut-être que cela peut susciter une certaine émotion auprès de la #Première maman de la République du Mali”.

Mais sur le chemin se trouve un blocage

Fatoumata Konaté constate que, malheureusement, le principal problème dans la transmission mère-enfant au Mali, c’est réellement le manque de volonté politique. En faisant remarquer que dans la plupart des pays dans le monde, la transmission du VIH de la mère à l’enfant, c’est du passé et on n’en parle plus. Il y a quelques mois, Cuba venait d’éliminer la transmission mère-enfant. En gros, la plupart des pays du monde ont démontré que c’est la volonté politique, l’engagement politique clair qui peuvent aider à mettre fin au fléau. Elle s’explique : “Vous savez au Mali, on a toutes les solutions qui sont relayées sur le Plan National d’Elimination de la Transmission Mère-Enfant qui a été validé et lancé il y deux ans. C’est toujours lent et finalement on s’est dit que toutes les solutions sont là, mais il n’y a pas cet engouement de la part des politiques, il n’y a pas cette volonté, cet engagement clair. Parce qu’aujourd’hui, si les autorités se disent c’est notre combat, on ne veut plus qu’aucun enfant naisse avec le VIH Sida au Mali, on y arriverait. C’est ça la principale difficulté qui ralentit la fin de ce fléau“.

On se demande si en la matière il n’y a pas un déficit de communication 

La spécialiste du plaidoyer n’en pense pas moins. Puisqu’elle reconnait qu’au niveau de la population, tout le monde n’est pas mobilisé. Mais elle ramène principalement ce problème au niveau de la volonté politique. Parce que le peuple ne regarde que ses dirigeants, et si les dirigeant se mettent debout pour mettre fin à la transmission mère-enfant, forcément le peuple suivra. Elle pense que les autorités et les politiques savent développer toutes sortes de moyens pour amener les populations à les suivre. Alors pourquoi pas dans la lutte contre le Sida ?

 

L’impact de la cérémonie de remise de la pétition

Cela est certain à son avis.  Certes c’est récent, mais elle croit que “le fait de pouvoir rassembler 1 176 enfants qui ont signé une pétition et qu’il ait 300 parmi eux qui se sont déplacés pour venir assister à l’événement, a eu beaucoup d’impact. Cela prouve qu’il y a eu un gros travail de mobilisation qui a été fait pour engager ces enfants derrière cette cause. Selon elle, c’est  tout simplement une grande victoire. Mais ce n’est pas tout“. Elle ajoute qu’”après qu’Arcad-Sida eut remis officiellement remis la pétition au gouvernement et aux mains de M. Malick Sène (Président du Haut conseil national de lutte contre le Sida Ndlr) ce dernier se chargera de la transmettre à la #Première dame, et il y aura tout un travail de suivi derrière. Mais nous n’allons pas nous arrêter-là“.

 

Le cas des enfants d’autres régions 

Ce serait l’idéal de pouvoir réaliser ce cas avec les autres enfants des régions du Mali, dans un contexte plus global, pour éviter que tout ne soit pas centralisé sur Bamako. C’est une idée que Fatoumata Konaté a déjà eu à discuter avec les responsables du Parlement des enfants. “Ils sont partants pour que cette initiative soit promue dans la plupart des régions où le Parlement des enfants a des bureaux. Ce serait très intéressant, pense-t-elle,  d’impliquer les autres enfants des régions, dans le but de créer un mouvement global qui aura beaucoup plus d’impact“.

 

Son dernier message…

Pour finir avant de présenter ses vœux de bonne année 2016 qui, espère-t-elle, va sonner le déclic pour l’engagement des autorités de mettre fin à la pandémie, elle lance ce message important : “Vous savez, ce sont les mobilisations politiques qui ont changé le cours de l’histoire dans le monde, et je suis convaincue que la volonté politique des autorités maliennes pourrait mettre fin à la transmission mère-enfant du VIH. Pour la jeunesse aussi, il est important qu’elle se mobilise, se responsabilise et s’implique aussi sur des questions de santé. Lorsqu’on nait dans un pays en voie de développement, tel que le Mali qui connaît tant de problèmes politiques, économiques et sociaux, on a la responsabilité de mûrir vite, de grandir vite et de s’impliquer“.

Propos recueillis par Freddy Matar Sylla (Maliweb.net)

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2 COMMENTAIRES

    • Vous êtes appelé a la donner des conseils et indication pour l’aider à éradiquer le sida. On ne vous a pas demandé de l’apprécier. Elle Mme Ongoiba. Mr es le seul habilité à l’apprécier. Ok ?
      Bonne et heureuse année 2016 à tous.

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