Situation humanitaire au nord : Malgré l’urgence, les progrès demeurent timides !

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Malgré la fin des hostilités entre la Coordination des Mouvements Armés (CMA) et la Plateforme concrétisée par la signature de l’Accord de paix en juin et matérialisée par les ententes subséquentes des affrontements et tensions à Anéfis, Aguelhok et Ménaka, les progrès restent timides en matière d’accès humanitaire au nord. Pourtant, le dernier bulletin sur l’aperçu humanitaire du bureau de la coordination humanitaire des Nations Unies (OCHA Mali) révélait que les acteurs humanitaires avaient augmenté leur usage de l’axe routier Gao-Kidal sans incidents sécuritaires notoires.

Malgré une tendance positive notée, de nombreux ménages éprouvent encore des difficultés à avoir accès aux services sociaux de base dans les régions touchées par le conflit, c’est-à-dire, une partie de la région de Mopti, les régions de Tombouctou, Gao et Kidal. Bien qu’une assistance ait été déployée pour réduire leur vulnérabilité, les communautés de ces régions continuent à ressentir les conséquences du conflit, de l’insécurité ambiante et de deux mauvaises campagnes pastorales successives. Ces résultats démontrent l’importance d’une approche intégrée d’interventions urgentes à court et long terme faisant un lien entre la réponse aux crises et la réduction des risques et de la vulnérabilité aux chocs, afin de briser le cycle de la faim et atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnelle de façon durable.

 

Selon l’analyse du Cadre Harmonisé de novembre 2015, 2 millions de personnes sont actuellement en insécurité alimentaire. Pendant la prochaine période de soudure (juin – aout 2016), ce nombre augmentera à 2,5 millions de personnes, dont 315 000 en insécurité alimentaire sévère et nécessitant une assistance alimentaire immédiate. Alors que la projection du Cadre harmonisé pour la période de soudure de juin-aout 2015 faisait état de 3,1 millions de personnes touchées par l’insécurité alimentaire dont 410 000 en besoin d’aide immédiate. Selon la dernière Enquête Nationale de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (ENSAN1) réalisée en septembre 2015, ce sont 40% des Maliens qui sont en sécurité alimentaire (c’est-à-dire capables d’obtenir une quantité suffisante de nourriture pour couvrir leurs besoins alimentaires) comparativement à 25% à la même période en 2014. Cette amélioration globale serait principalement liée à la campagne agro-pastorale relativement bonne cette année ainsi qu’à l’aide distribuée aux plus vulnérables à travers les interventions humanitaires et de développement.

Quant à la situation scolaire, le Cluster éducation fait son bilan de la rentrée scolaire 2015-2016 qui fait état de 282 écoles toujours fermées en raison de l’insécurité et de l’absence des enseignants. Ce qui représente 17% du nombre total d’écoles dans les zones affectées par l’insécurité. Rappelons qu’à la fin de l’année scolaire 2014-2015, ce chiffre était de 454 écoles. Une amélioration qui a été possible grâce aux efforts du gouvernement et de ses partenaires en éducation, notamment à travers une série d’activités telles que  l’organisation de sessions régionales de dialogue inclusif, l’organisation de sessions locales de concertation avec les collectivités, les autorités éducatives, et les associations de femmes et de jeunes, la distribution de matériels scolaires, la formation des enseignants.

Daniel KOURIBA

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