Lettre à grand-père : Cher grand père…

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J’ai appris avec une grande douleur qu’à chaque fois que tu reçois ma lettre, tu fais recours à un cardiologue. Grand-père, je suis désolé de te le faire savoir ainsi, moi aussi je fais recours à un psychiatre pour dormir à chaque fois que je cogite sur la situation du Mali.

Cher grand-père, je ne suis pas un peintre pour embellir le mur qui ne l’est pas. Je suis un bâtisseur. Pour cela, il faut aller aux fins fonds de soi et faire ressortir les vérités sur lesquelles se bâtissent tous les grands temples, les grands Etats et même les grandes personnes. L’oreiller du mensonge est mou et doux, mais son réveil est brutal. Celui de la vérité est épineux, mais il panse et guérit à long à terme. Cher grand-père, je ne sais pas qui, mais on ment sur la crise du Centre. On ment trop. Trop ! Je dis. Certains mentent par leur silence et d’autres qui en font par leurs mots et actes. Cher grand-père, le mensonge conduit à l’abime et l’irréparable.

Cher grand-père, un pays est bâti entre ce que dit un optimiste et ce que prévoit un pessimiste. Le Mali va à l’abime et certains le savent. Je me demande souvent si le fameux général Pinétal n’a seulement pas prévu des faits et non jugé un passé. Oui ! Grand père, si on ne fait pas quelque chose pour le Centre, le Mali risque de tomber à jamais. Cher grand-père, je te murmure qu’on est en train de fabriquer de potentiels terroristes à la place de djihadistes. Qu’Allah nous en préserve ! Amine.

Cher grand père, le Mali a longtemps fonctionné par formalité. Je vous dis ici un secret, il n’y aura ni ‘’Dialogue politique inclusif, ni révision constitutionnelle, ni application d’accord, ni reforme. Il n’y aura rien”. Tant que la situation du Centre restera telle qu’elle. Dire la vérité sur le Centre et appliquer le Droit. La solution se trouve dans nos textes. Tout a été prévu. L’armée défend et le procureur poursuit, tout entrave à ces principes, ruinera notre chère démocratie, sanguinairement arrachée.

Cher grand-père, en attendant le mardi prochain, j’espère qu’à travers cette quatorzième lettre, j’ai pu faire le dessin du Mali coloré en rouge-sang, entre l’ignorance et la violence. Désormais, au Mali, on a tous besoin d’opiums pour vivre. Changer de loupe et attendre que le drame soit ou que nous soyons à la portée du drame. Dieu seul sait ! Mon opium aussi ! S’il vous plait.

Lettre de Koureichy

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