A la rencontre des bâtisseurs de la République : Kolokani, le juge à la probité étendue !

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Dans notre rubrique « Ces bâtisseurs inconnus du Mali », notre reporter a fait un  déplacement spécial à  Kolokani pour recueillir des informations sur un juge de paix dont on nous a parlé comme étant « l’oiseau rare » dans cette profession qui, à tort ou à raison, est décriée. Certains maliens ne disent-ils pas que « la prochaine révolution sera contre les juges ? » Toujours est-il que pour notre part, nous pensons que le magistrat n’est ni meilleur, ni pire que les autres. Mais dans  toute profession, il y a toujours des hommes et des femmes d’exception. Notre intention, c’est de montrer ces hommes et femmes qui dans l’anonymat, travaillent inlassablement afin de mériter de la nation. Nous invitons donc nos lecteurs à nous signaliser de façon anonyme s’ils le désirent un témoignage sur ces « oiseaux rares » qui existent bel et bien dans la société. Après vérification, ils feront l’objet d’une publication. C’est pour nous une façon de contribuer à la magnificence de l’excellence que tout le monde réclame.

Fousseyni Konaté, magistrat de son Etat, est notre oiseau de la semaine. Dans un pays où la justice est décriée du fait des hommes qui l’animent, trouver un homme doué d’une telle intégrité morale à toute épreuve relevait de l’utopie. Pourtant, nos investigations, nous ont mis sur la route de monsieur Fousseini Konaté, juge de paix à compétence étendue de Kolokani. Ayant appris la probité morale de l’homme, nous nous sommes rendus dans la localité de Kolokani pour en avoir le cœur net.  Arrivé dans la capitale du Beledougou, nous avons, sous couvert d’anonymat, interrogé plusieurs justiciables et acteurs de la justice. De nos enquêtes, il ressort que Fousseyni Konaté a été nommé juge de paix à compétence étendue de Kolokani en 2013.

Dans l’ensemble, les personnes interrogées retiennent du magistrat un homme doté d’une  conduite quasi irréprochable. Au tribunal où nous nous sommes rendus, un collaborateur parlant sous couvert de l’anonymat ne tarit pas d’éloges sur la personne du magistrat. Aux dires de notre interlocuteur, Fousseyni Konaté est le 13e  juge de paix à compétence étendue de la localité, sous les ordres de qui il a servi.  Et sans jeter l’opprobre sur les autres juges, il affirme que Konaté reste celui qui a le plus retenu son attention sur le plan de l’intégrité morale. Toujours selon notre interlocuteur, Fousseyni Konaté reste jusqu’à ce jour,  parfaitement intègre tant dans sa vie privée que dans sa vie professionnelle.

« Il  a une très bonne connaissance du droit et est doué d’un sens élevé d’écoute », a ajouté notre interlocuteur.  Il ajoute par ailleurs que le magistrat, pendant les audiences, sait se montrer courtois, mais ferme lorsqu’il s’agit de rappeler à l’ordre le public ou quelques individus turbulents.

« Le juge à compétence étendue est celui qui joue à la fois le rôle du juge d’instruction, du procureur et du juge au siège. C’est une responsabilité qui doit être confiée aux hommes comme Fousseyni Konaté », martèle notre interlocuteur. Après le tribunal, nous avons poursuivi nos investigations à travers la ville. Le constat est le même : Fousseyni est un juge incorruptible. Même son de cloche au niveau des autorités politiques et administratives de la localité. Un maire interrogé dira qu’en plus de sa probité morale, Fousseyni Konaté est un homme sociable, qui prend part à toutes les cérémonies sociales auxquelles, il est convié. L’élu reconnait qu’avec rigueur, Konaté tranche les affaires, l’autorité de l’Etat est en train d’être restaurée.

« Si j’avais mon mot à dire au sommet de l’Etat, je demanderais à ce que Fousseyni Konaté reste environ 10 ans pour parachever sa mission, celle du combat contre le laisser-aller », martèle notre interlocuteur. Puis il ajoute : « Ce sont des agents de l’Etat de cette espèce qui méritent les hautes distinctions avant leur mort ».

A la question de savoir si trouver un juge comme Konaté au Mali relevait d’une utopie, la vendeuse de galettes installée à l’entrée du marché déclare : « un juge peut être bon, car les hommes ne sont pas tous mauvais ».

Nous n’en revenions pas lorsqu’une des victimes de Konaté, s’est présentée à nous pour saluer la sagacité avec laquelle le magistrat tranche. « Bien que je n’étais pas content d’aller en prison, je reconnais que Fousseyni Konaté est incorruptible. Je le dis car, toutes mes tentatives pour échapper à la prison ont été vaines », révèle l’ex-détenu.

Pour tous ceux qui liront cet article, sachez que nous ne connaissons pas Fousseyni Konaté et pendant notre enquête, nous ne l’avons pas rencontré non plus, sinon nous aurions livré une photographie de lui. L’objectif de notre démarche ne consiste qu’à magnifier les hommes et femmes qui font honneur à leur profession. Fousseyni Konaté par ses actes, vient donner raison au philosophe italien, Machiavel Nicolas qui disait : « un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le cœur des hommes que la violence et la barbarie».

A Kéné

 

 

Cercle de Kolokani : c’est le développement qui manque le plus

Le cercle de Kolokani situé à 120 km de Bamako sur la route nationale 3 (RN3), est aujourd’hui confronté à d’énormes difficultés d’infrastructures socioculturelles de base. Tel est le constat que nous avons fait au cours d’un voyage  effectué dans la localité.  Pour nous rendre à Kolokani, nous avions emprunté cette RN3 qui va jusqu’à Kayes et à la frontière mauritanienne.

Notre calvaire  commença dès que nous  avons quitté le poste de contrôle de Kati. En effet, les nids de poule ayant eu raison des 120 km qui séparent Kati de cette ville, ont fait de notre voyage un véritable parcours du combattant. Après 2 heures et demie de route, nous arrivâmes cahin-caha à la gare routière de Kolokani. Après s’être débarrassé de toute la poussière amassée en cours de route, nous nous enfonçâmes dans la ville.

La première impression sur l’abandon  de la ville nous est donnée par l’architecture coloniale des bâtiments publics. Depuis le départ du colon, aucun bâtiment public  n’a été reconstruit comme dans plusieurs localités. Interrogées, les populations racontent qu’elles sont confrontées à plusieurs difficultés.

Dans le domaine économique, la population broie  du noir. En effet, les  bâtiments coloniaux servant de bureaux pour l’administration publique sont tous situés en bordure de la RN3. Cette situation fait qu’il n’y a pas de commerce au bord de la RN3. L’autre difficulté à laquelle la population reste confrontée, est celle du manque de système d’adduction d’eau.  L’eau potable n’existe que de nom.  Composée  en majeure partie d’agriculteurs, la population se trouve confrontée au manque criard de point d’eau pour les activités de maraichage. Ainsi, elles sollicitent du gouvernement des aménagements hydro-agricoles. Dans le domaine des infrastructures routières, en plus de la route nationale qui est dégradée, les populations locales espèrent donc le bitumage des axes routiers économiques, notamment les voies reliant les communes du cercle. Ces pistes sont impraticables pendant l’hivernage. Selon, un ressortissant de la localité,  l’aménagement des pistes rurales permettra de relier Kolokani à plusieurs localités d’autres régions.

« Le bitumage de la voie Bamako-Kayes,   vaut un deuxième mandat pour Ibrahim Boubacar Kéita », soutient de son côté avec un brin d’humour, Hamidou Traoré, fils de la localité. Dans le domaine de la santé, le tableau est noir. Il suffit de faire un tour au Centre de santé de référence du cercle pour s’en rendre compte. Les matelas des lits sont tous en lambeau (voir photos).

Au centre de santé, il n’existe aucun véhicule de liaison. Pour l’évacuation des patients, la seule ambulance pour démarrer doit être poussée (voir photo).  «Souvent, lorsqu’elle refuse de démarrer ou tombe en panne, le patient est évacué dans un véhicule personnel », raconte un interlocuteur. La nouvelle ambulance acquise en 2013 n’est plus opérationnelle. Les femmes en état de grossesse ne savent plus à quel saint se vouer à cause du manque criard d’infrastructures sanitaires dans les communes rurales relevant du cercle. Quant au personnel, il se plaint du traitement qui lui est infligé par le comité de gestion. Le manque d’électricité qui constitue un problème de tout le cercle, reste un handicap dans le bon fonctionnement du centre de santé.

En effet, par le manque d’électricité, l’hôpital est alimenté par des panneaux solaires qui ne fonctionnent que 2 heures par jour. Les personnes interrogées trouvent inadmissible le retard dans lequel se trouve le cercle de Kolokani, pourtant situé en bordure d’une route nationale.

«Nous sommes abandonnés par les autorités depuis l’indépendance du pays. On ne sait pas pourquoi », se lamente un interlocuteur. L’abandon ou du moins l’oubli de la localité par les autorités serait-t-il dû à la révolte du Beledougou, de il y a 100 ans ? En effet, Kolokani, capitale du Beledougou, fût en 1915 le siège d’une importante révolte contre le recrutement forcé de troupes par les autorités coloniales françaises, menée par Koumi Diossé.

Tout compte fait, face à tous ces problèmes, les populations de la localité disent attendre du président, Ibrahim Boubacar Kéita, “une thérapie de choc” pour sonner l’amorce de leur essor. Il faut noter  que le cercle de Kolokani est dans la région de Koulikoro. Il compte 10 communes : Didiéni, Guihoyo, Kolokani, Massantola, Nonkon, Nonssombougou, Ouolodo, Sagabala, Sébékoro et Tioribougou.

A Kéné

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