Approchés pour saboter leur grève : Cinq préfets ou sous-préfets « corrompus » démasqués par les syndicats

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Les Syndicats des administrateurs civils répondront avec fermeté aux mesures illégales des autorités transitoire  au moment opportun, affirme-t-on au sein des grévistes. Aussi, sont-ils arrivés à démasquer 5 membres du corps préfectoral qui voulaient saboter leur grève.

Parmi les missions assignées à la Transition figure le lancement du chantier des reformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives ; le redressement de l’Etat et la création des conditions de base pour sa refondation de l’Etat ; l’organisation des élections générales. Pour mener à bien ces reformes, le rôle et la place des administrateurs civils ne sont pas à négliger, pour ne pas dire qu’ils constituent l’épine dorsale des reformes administratives et institutionnelles envisagées. Mais malheureusement, certaines autorités à l’image du président de la Transition, le ministre de l’Administration territoriale, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga, n’arrivent  pas à mesurer, semble-il,  ce que valent les administrateurs civils dans les réformes envisagées. C’est pourquoi, agissent-ils comme si de rien n’était. Leur comportement vis-à-vis des grévistes n’est plus ni moins que « du mépris », affirment les syndicats grévistes. Le mépris est confirmé par la volonté du ministre Maïga de vouloir les « remplacer ».

Cette crainte des grévistes de les remplacer est sur le point de se matérialiser. En effet, le conseil des ministres du 16 décembre 2020, a adopté un projet de décret portant modification du décret n°2015-0067/P- RM du 13 février 2015 fixant les conditions de nomination et les attributions des chefs de circonscription administrative.

Ce projet de décret adopté et soumis par le ministre de l’Administration territoriale, le colonel major Abdoulaye Maïga, « élargit les possibilités de nomination des préfets et des sous-préfets à d’autres corps de la fonction publique et aux personnels des forces armées et de sécurité pour tenir compte de l’insuffisance du personnel du corps des administrateurs civils et du corps préfectoral et de la situation sécuritaire du pays ».

Tentative de sabotage de la grève

La réaction des 4 syndicats ne s’est pas fait attendre. Aussi, ont-ils tenu une réunion d’urgence pour examiner le décret de modification et la communication verbale dont les syndicats ont eu accès et qu’ils n’ont pas voulu publier.

La communication verbale  dont il s’agit a pour objet de soumettre à  l’approbation du conseil des ministres, le projet  de décret portant  abrogation  des dispositions des décrets de nomination de certains membres du corps préfectoral au nombre de 22 : préfets, 1er et 2e adjoints et de sous-préfets. Selon nos informations, parmi les 22 personnes dont le décret de nomination a été soumis au gouvernement, 5 noms circulent comme étant ce que les autorités ont « corrompu et n’ont pour mission que de saboter » la grève. En contre parti, ils auraient des « récompenses », selon nos informations.

Sur le sujet portant approbation, les syndicats ont décidé d’attendre la suite des événements, c’est-à-dire que le gouvernement se prononce officiellement « pour entreprendre leurs actions».

Sur le décret portant modification du décret n°2015-0067/P- RM du 13 février 2015, les syndicats des administrateurs civils, affirment mener le combat sur le plan syndical pour obtenir sa non application. Pour eux, ledit projet de décret « n’est pas valable dans la mesure où il est contradictoire à l’ordonnance ».

Ce bras de fer et cette volonté affichée de l’Etat de mettre de côté les grévistes n’aura-t-il pas de conséquences fâcheuses sur le bon déroulement  des reformes de nos institutions, voire tenir les élections générales à la date indiquée ?

De deux choses l’une. Soit le gouvernement est en train de travailler pour que les élections ne se tiennent pas à la date indiquée ou il va les organiser dans ces conditions-là avec la probabilité que nous nous retrouvions devant une nouvelle crise.

D’autres estiment que les autorités de la Transition sont dans la dynamique d’un report des élections. Pour ce faire, elles pourraient avancer l’argumentaire, selon lequel les administrateurs civils sont en grève illimitée et qu’ils sont techniquement dans l’incapacité de tenir le délai imparti de la tenue des élections et des réformes.  Ils n’auront pas à se soucieux du comment proroger la date. Le Conseil national de la Transition (CNT) déjà acquis à leur cause qui sera mis à contribution pour proroger le délai de la Transition.

En tout état de cause, les deux options envisagées par les militaires qui sont d’organiser les élections sans les administrateurs ou reporter les élections ne feront que créer plus d’instabilité politico-sociale. La conséquence de l’une ou de l’autre serait catastrophique pour la Transition.

Depuis la mise en œuvrer de la décentralisation, le travail des préfets et sous-préfets n’est plus le commandement en tant que tel, c’est un travail intellectuel et technique, c’est l’appui conseil aux collectivités, la coordination, l’orientation et le contrôle des services publics.

Un bras de fer entre les deux parties ne fera que nous rendre la situation encore plus difficile.

Djibril Diallo

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3 COMMENTAIRES

  1. Ces grévistes comme les acteurs politiques prouvent qu’ ils sont pires que les terroristes ! La transition par définition est un état transitoire , par conséquent faire des grèves durant cette période c’est faire preuve de malveillance : la malveillance est la caractéristique des maliens , c’est pour cela que le Mali a des problèmes !
    Les maliens doivent changer : surtout les acteurs politiques en premier !

  2. Il faut donner les noms des corrompus.un point barre point.si non tout ce que vous dites est faux.Vous serez alors vous aussi des manipulateurs.

  3. Il est clair que le seul motif derrière ce manque de considération pour les syndicats est d’avoir des arguments pour prolonger la transition et ce maintenir au pouvoir, ils seront comptables devant le PEUPLE qu’ils continuent avec leurs entreprises périlleuses. La seule motivation du pouvoir malien est de se maintenir et de s’accaparer de ressources. L’argument de manque de ressources financières est totalement faux et ne tient pas. Le fonctionnaire malien a l’un des plus bas salaires en AFrique et vit dans une misère éternelle tandis que l’effectif de la fonction publique est aussi l’un des plus faible de la sous-région, alors dites-nous où vont les ressources de l’Etat????

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