Désaccord entre paysans à Bougouni : Eviter que le conflit prenne des dimensions inquiétantes pour la stabilité de toute la zone

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Le conflit entre agriculteurs dans le cercle de Bougouni, et ayant fait de nombreuses victimes, doit être vite circonscrit afin d’éviter qu’il ne prenne des dimensions inquiétantes pour la stabilité de toute la région.

Que s’est-il passé dans le cercle de Bougouni qui interpelle les plus hautes autorités du pays ?

Des agriculteurs ressortissants du Miniankala, installés dans le cercle de Bougouni, ont été sommés par les différents chefs de village, de payer une taxe locale liée à l’exploitation des surfaces cultivées. Faute de consensus, leur expulsion a été ordonnée. Expulsion opérée dans la violente qui se serait soldée par deux morts, selon certains médias et plusieurs blessés. Les médiations initiées n’ont, jusque-là, pas permis de ramener l’attente entre ces acteurs.

Ce conflit entre agriculteurs en ce début d’hivernage et au moment où certaines localités du pays, sont confrontées à des conflits que d’aucuns qualifient communautaires et/ou inter communautaires, inquiète profondément. La moindre étincelle pourrait, en effet, mettre le feu à la poudre et c’est toute la région qui pourrait s’embraser.

La région de Bougouni est une zone agricole par excellence. C’est l’un des réservoirs du Mali en termes de ravitaillement en céréales et autres produits agricoles. Cette année, la coordination régionale CMDT, projette de réaliser 190 000 tonnes de coton sur les 800 000 tonnes prévues par le directoire de la CMDT pour la nouvelle campagne qui commence. Comment atteindre des objectifs de production, si les paysans n’arrivent pas à s’entendre ? Comment réussir des exploits agricoles si les agriculteurs s’entredéchirent et se tuent ? Voilà les questions légitimes qui doivent pousser les plus hautes du pays, à prendre les devants afin d’éviter que cette zone s’embrase.

En plus de l’inquiétude autour des performances de l’agriculture, c’est de la stabilité et de la cohésion sociale qu’il s’agisse. Le nord du pays est en proie à des attaques répétitives mettant à mal le tissu social, économique et culturel. De la rebellion armée pour des questions d’indépendance territoriale, le Mali serait-il en train de glisser dangereusement vers le terrain de conflits communautaires/intercommunautaires ?

Le massacre de populations ciblées dans les régions nord du pays, nous ramènent à la dimension de l’entente qui doit régner entre les populations pour contrer les ennemis qui veulent faire plonger le Mali dans le chaos. Alors, il revient aux plus hautes autorités du pays, de prendre les devants, pour vite circonscrire le conflit entre agriculteurs dans le cercle de Bougouni. Il en va de l’unité du pays ; il en va de la survie de la cohésion sociale ; il en va de l’hospitalité légendaire socle de la cohésion sociale qui a toujours été à la base de la stabilité du Mali. Justement, au Mali, cette notion d’étranger n’existait pas au point de mettre à mal le vivre ensemble entre Mali. C’est pour cela, que nous ne souhaitons pas qualifier ce qui s’est passé entre agriculteurs dans le cercle de Bougouni de « chasse aux étrangers » pour ainsi séparer « autochtones » (propriétaires terriens) et « migrateurs ».

Il ne doit qu’avoir une seule règle ; une seule loi à laquelle toute la population doit se soumettre. Cultivons la paix et non la haine. Cultivons la fraternité et l’entraide. Cultivons enfin l’unité !

Tièmoko Traoré

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