General Moussa Traoré : L’iconoclaste

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Avec le temps, le recul, la distance, on se dit que tout n’était pas mauvais en l’homme. Le temps a effacé des douleurs, les expériences suivantes permettent de disposer d’éléments de comparaison. Le régime GMT a brimé, tué, souvent sans donner aux mises en cause le droit de bien se défendre. La dictature n’a pas été accompagnée d’un développement, ne s’est pas exercée dans le souci de créer des conditions meilleures pour le plus grand nombre.

Il n’y a pas à faire la fine bouche : Moussa Traoré a été un dictateur. Il a instauré un régime qui a maintenu le Mali et le Malien dans la terreur, la pauvreté et le dénuement extrême. Le témoignage seulement des compagnons et acteurs de cette double décennie plus que noire fournit de meilleurs renseignements sur la gabegie et la prévarication, et le peu de cas qui était fait de l’Etat. L’aviation militaire était juste des avions de courses pour madame et maîtresses. De valeureux militaires ont été embastillés et tués simplement parce que son épouse avait été plus généreuse que l’épouse d’un plus haut gradé envers une griotte. Les moyens militaires ont servi à détruire l’armée et les officiers qui gênaient, qui n’avaient pas fait allégeance ou insuffisamment.

Pour les travailleurs, c’était la clochardisation. Ils étaient nombreux de grands commis de l’Etat à faire le taxi pour nourrir la famille. La carte du parti unique était la clef, le sésame. Mieux valait l’avoir, car elle valait toutes les recommandations. Pour entrer dans la salle d’examen pour le bac, mieux valait oublier sa pièce d’identité que la carte de membre de l’Union nationale des jeunes du Mali (UNJM). Il y a eu des abus, des arbitraires, du sang.

Après, il n’a certes pas été fait mieux, mais avec les démocrates sincères et la patriotes convaincus, qui, sans tuer et embastiller, ont quand même sucé le sang des Maliens, par le vol et la concussion, ce qui en soit, constituent également des violations des Droits de l’Homme.

Finalement, Moussa Traoré aura été le seul bénéficiaire d’un système qu’il n’a pas voulu, qui a été mis en place dans le sang. Au soir de sa vie, il paraissait comme le sage du village, le Walidju que tout le monde allait consulter.

Paix à son âme !

Alexis Kalambry

 

Commentaires via Facebook :

3 COMMENTAIRES

  1. SEYDOU
    L’arbre planté produit ses fruits quand il est entretenu et arrosé régulièrement.
    LA DÉGRADATION DE LA QUALITÉ DE L’ÉCOLE MALIENNE A COMMENCÉ QUAND LES ENSEIGNANTS ONT PERDU LEURS PRIVILÈGES ACQUIS AVEC MODIBO KEITA.
    La mentalité incarnée de privilégier ses intérêts individuels en se servant de sa fonction pour s’enrichir a dégradé l’image de toutes les professions qui n’avaient que leurs salaires comme ressources.
    L’ENSEIGNANT, EN PLUS DE NE SE CONTENTER QUE DE SON SALAIRE,N’ÉTAIT PAS PAYÉ RÉGULIÈREMENT.
    Il est devenu le rejeté de la société perdant ainsi son autorité.
    DEVENIR ENSEIGNANT EST DEVENU DE PLUS EN PLUS DÉGRADANT.
    C’est la période de la dictature militaire qui l’a favorisé.
    Il fallait être dans le milieu pour connaître qu’avec la carte UNJM,on bénéficiait des sujets traités.
    Les enfants des membres du bureau exécutif de l’UDPM avaient les sujets traités.
    À l’approche des examens les rumeurs insistantes circulaient sur les sujets.
    J’en connais qui sont devenus des commerçants de sujets justifiés.
    J’en ai fait l’expérience.
    On est venu me voir, en 1987,pour traiter un sujet qu’on pense celui du DEF.
    C’était vrai.
    En fait, vendre les sujets était une manière pour les enseignants moins scrupuleux d’arrondir les fins du mois.
    On a vu les enseignants donner des notes de papier aux enfants des plus nantis pour les aider à nourrir la famille.
    AVEC MOUSSA TRAORÉ LES ENSEIGNANTS SONT DEVENUS DES MENDIANTS.
    Cette image dégradante de l’enseignant est restée indélébile.
    COMMENT VOULEZ VOUS QUE LE NIVEAU DE L’ÉLÈVE SE RELÈVE SI L’AUTORITÉ DE L’ENSEIGNANT EST BAFOUÉE.
    L’ère démocratique n’a rien entrepris pour l’améliorer malgré le niveau élevé de leurs salaires car la corruption favorisait d’autres professions continuant à dénigrer l’enseignant.
    L’arbre fixé par MOUSSA TRAORÉ a continué à produire ses fruits.
    Les thuriféraires de MOUSSA TRAORÉ font en sorte qu’on ne voit que les fruits afin qu’on continue à n’accuser que les successeurs du dictateur.
    L’école, c’est d’abord L’AUTORITÉ de l’enseignant, ensuite L’EFFECTIF recommandé.
    Si ces deux conditions sont réunies, le niveau suit.
    Avec MOUSSA TRAORÉ, l’effectif était respecté car le besoin d’études n’était pas aussi élevé qu’à l’ère démocratique.
    AVEC LA DÉMOCRATIE, IL Y A EU ÉMANCIPATION DE LA MENTALITÉ CONCERNANT L’IMPORTANCE DES ETUDES.
    L’école publique a été débordée obligeant l’autorité politique à faire recours aux écoles privées permettant à certains mafieux de profiter des deniers publics car le contrôle n’est pas rigoureusement mené.
    L’effectif PLÉTHORIQUE s’ajoutant à L’AUTORITÉ BAFOUÉE des enseignants,le fruit se bonifie
    Commencer à sanctionner durement les fonctionnaires qui profitent de leurs fonctions pour s’enrichir,les gens vont commencer à envier les enseignants.
    Qu’un programme de construction d’école et de formation des maitres soit mis en place et exécuté à souhait, on aura réglé le problème d’effectifs.
    OSER LUTTER,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

  2. Monsieur le journaliste avec tout le respect que je vous dois.
    Tout ce que tu dis n’est peut etre pas faux.
    Mais quand tu dis que pour rentrer dans les salles d’examen du bac ou DEF il faudra la carte de membre UDPM.
    Vous avez menti.
    Etant eleve a l’epoque, je savais meme pas qu’il y avait une carte UDPM pour eleves et etudiants.La carte d’identite scolaire oui.A 750F
    Pour le bac 1ere et 2eme partis tous les candidats de la rive gauche etaient regroupe au lycee Askia avec les eleves du prytanee militaire de Kati.On nous demandait meme pas la carte scolaire.Jamais attendu parler de la carte UDPM pour eleves.
    On ne parlait pas politique a l’ecole.Il y a vait pas AEEM et Dieu merci
    L’ecole c’etait pour etudier
    Le taux de reussite pas moins de 70%.
    Et puis toutes ces ecoles etaient tres propres avec jardin,fleur, toilettes propres, eau potable, electricite, dispensaire pour soins gratuits et en cas de complication on pouvait aller au point G sans payer un franc.
    Cahier, bics gratuits.Les manuels scolaires, livres on nous donnais aussi.
    La discipline etait de rigueur. Par exemple au lycee Bouillage Fadiga les cours commencent a 07.45, le proviseur Mr Samake, petit frere du Gal Sada Samake(paix a son ame) etait a la porte a 7.40.Et gare a ceux qui arrivent en retard.Tes parents etaient convoques pour explication et mise en garde.
    Dans la cour beaucoup de piaggio, il n’a jamais eu de vol.
    Nos prof n’etaient pas payes regulierement.Mais quel devouement! Quel patriotisme!
    Quand je vois que la democratie a tue l’ecole Malienne au lieu de la rendre plus forte que sous GMT.
    Alors je me demande a quoi sert tout cela si nous ne pouvons meme pas garantir un l’avenir accepetable pour nos enfants c’est a dire l’avenir de notre nation.
    Pour le reste je prefere ne pas commenter.
    On prefere deverser tout sur Moussa Traore.Mais a part Alpha Oumar Konare tous nos presidents allaient trouver conseils aupres de Balla.Pourquoi?

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