Le lapsus linguae de l’imam Mahmoud Dicko a propos des attentats terroristes : IBK rappellera-t-il, pour une fois, son ami et principal soutien politique à l’ordre ?

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C’est au moment où la nation toute entière, toutes obédiences politiques et religieuses confondues, condamnait et rendait un hommage aux victimes de la barbarie des gens sans foi ni loi les attaques terroristes de Bamako et de Paris, que l’imam Mahmoud Dicko crée l’une des plus grandes polémiques de son deuxième mandat à la tête du tout puissant Haut Conseil Islamique. Dans sa condamnation avec réserve de ces attentats meurtriers du vendredi 13 novembre à Paris avec ses 130 morts et ceux de l’hôtel Radisson Blu de Bamako avec 22 victimes, notre grand Imam se mélange les pédales et imputent ces drames à une punition divine à l’égard de la déviance humaine sur terre comme au temps de Sodome et Gomorrhe. Pourquoi la sentence divine devrait-elle passer par de tels mortels humains, de surcroît, par des fanatiques religieux musulmans qui galvaudent l’image d’une religion de paix comme l’Islam. L’imam Mahmoud Dicko comprendra-t-il enfin que dans une situation de crise comme celle que vit le Mali que chaque mot à son pesant d’or ? Et le Président IBK, pour une fois,  sévira-t-il enfin contre son ami et principal soutien politique ?

Le Président IBK à la COP 21 à Paris  avait eu à juste titre cette présence d’esprit à l’entame de ses propos d’un de ses meilleurs discours d’Etat que fut son adresse à la tribune de l’environnement de s’incliner, avant tout, devant la mémoire des victimes des attentats de Paris et de Bamako qui ont fait en tout, plus de 150 morts. Il est même allé très loin en appelant à l’union sacrée de l’ensemble de la communauté internationale contre le terrorisme dont le projet n’est autre que d’imposer son obscurantisme au monde entier. Comme pour dire que le discours de l’imam Dicko et celui d’IBK se contredisent totalement et même s’entrechoquent. Que dire de notre histoire séculaire qui nous apprend que  le Mali a toujours été un pays de paix et où l’Islam est plus d’inspiration malékite que salafiste. Le Mali respire un Islam modéré depuis des siècles qui est finalement entré profondément dans  nos traditions, us et coutumes. Allahou Soubahanahou Wat’Ala est de toute bonté et Mohammad (PSL), le sceau des Prophètes a toujours été un homme de pardon et de paix. Contrairement aux Jihads d’aujourd’hui, ceux menés par le Prophète (PSL) et ses compagnons furent des combats de légitimes défenses. Et il dira plus tard plus tard que le vrai Jihad pour un musulman est bien moins celui livré contre l’agresseur extérieur que celui que l’on mène contre ses vices les plus obscurs. Ces pseudo Jihadistes qui veulent nous imposer la charia ont, à n’en pas douter, un autre agenda différent de celui de l’islam. Leur objectif n’est point l’expansion de la religion musulmane. Il est à chercher dans leurs ambitions à gouverner le monde par la terreur en se cachant derrière l’islam. Sinon pourquoi s’attaquer à des frères et pays musulmans  qui professent depuis toujours la Kalimatoul Chahada ? Pourquoi font-ils de la violence leur moyen d’expression et de conquête du pouvoir? L’imam Mahmoud Dicko, en parlant comme il l’a fait, voudrait-il faire croire aux maliens qu’il soutiendrait une telle vision de l’Islam ? Nous pensons que c’est plus un lapsus linguae de sa part qu’une prime de soutien au terrorisme. Pour des questions de pédagogie nationale, IBK devrait pour une fois rappeler son ami et soutien à l’ordre. Cette pédagogie permettrait d’éviter l’amalgame entre la religion et le terrorisme comme l’ont fait l’ensemble des musulmans de France à la suite des attaques de Paris. A l’instar de la Communauté chrétienne qui a condamné à l’unisson ces attaques, il était aussi attendu du « premier des musulmans » du Mali de réunir sa chapelle pour prêcher la paix.

Si tant est que personne n’est au dessus de la République et que nul n’est censé ignorer la loi, comme aime du reste le rappeler le Président de la République, le premier magistrat et garant de la Constitution, devrait sortir de sa réserve. Lui qui avait affirmé à haute et intelligible voix que tant qu’il aurait  le soutien de ces religieux qu’il n’aura jamais peur de rien, devrait aujourd’hui indiquer les lignes rouges à ne pas franchir entre la religion et la politique.  Son amitié et sa sympathie  qu’il n’a cachées avec les leaders religieux ne doivent pas être au dessus des impératifs de la cohésion et de la paix sociales. C’est pourquoi certains de ses détracteurs vont jusqu’à lui pointer un doigt accusateur. Ils pensent à tort ou à raison que le Président de la République a sa grande responsabilité dans l’irruption des religieux sur la scène politique et leur prétention à se substituer aux hommes politiques.  Cette sortie de l’imam Dicko, appuyée avec véhémence  par Mohamed Kimbiri, est le signe d’un danger qui guette la démocratie malienne. IBK est, alors attendu pour mettre fin à cette dichotomie, il doit intervenir pendant qu’il est encore temps. Le temps est venu pour les leaders religieux de clarifier au peuple malien leur prétention. Si un tant soit peu est  qu’ils ont des ambitions politiques, ils devraient laisser tomber le manteau de la représentation religieuse et revêtir celui de simple citoyen comme le militaire qui démissionne l’armée, pour faire de la politique.

En définitive, aucune religion révélée ne prône la violence. C’est la mauvaise interprétation du Saint-Coran, l’ignorance et les ambitions du pouvoir terrestre  sont à la base de la violence au nom de la religion musulmane.

 

Youssouf Sissoko

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