L’œil de Le Matin : Refuser d’être la plume des mauvaises causes

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Il y a quelques années, quand j’ai commencé à écrire et partager mes écrits sur Facebook, j’ai été approchée, plus d’une fois, pour «écrire sur des dossiers» qu’on me confierait. En fait, peut-être a-t-on pensé, que je me mettais sur le «marché» des activistes et que je comptais ainsi gagner ma vie… Ou devenir célèbre !

Puis avoir un poste, non pas en fonction de mes compétences, ni de mon patriotisme, mais plutôt de ma capacité à gagner des sous et à faire la Star. C’est ça la vie rêvée de la réussite non ? Tchhhiiiiipppp, hali aw té maloya (vous n’avez même pas honte) ! Bon, depuis, on ne m’approche pas hein car on sait que ma «folie» n’est pas feinte et elle fait peur.

Mais, il faut maîtriser ses peurs, me dit mon ancêtre car, comme je l’ai appris à ma descendante KKS hier soir, le contraire de l’amour ce n’est pas la haine ni l’indifférence, mais plutôt la peur. Mais, ça c’est un autre discours. Mais, j’avoue avoir été un peu «vexée». J’assume mon «Musokorobanafiguiya», autrement ma condition de «vieille rapporteuse», mais franchement je ne suis pas «escoro» (escroc).

Et puis, j’aime cette liberté de pouvoir écrire quand je veux, sur ce dont j’ai envie et à ma manière… Donc de pouvoir assumer sincèrement ce que j’exprime. Les dites propositions n’ont rien à voir avec celles de la presse écrite, je le précise car dans ce pays on marche sur des œufs !

Mais à cause de, ou plutôt grâce à cette envie, de ne pas être dans un «carcan» autre que ma conscience, fusse-t-il léger je n’ai encore accepté aucune proposition «formelle». Je dis et redis, que je me sens profondément femme africaine, celle qui a une aiguille et qui coud ce qui se défait au sein de la communauté, que ce soit sur le plan social ou même spirituel… Ceux qui le perçoivent, ne rigolent pas et ne ricanent pas.

Mon aiguille est guidée par l’intuition, le libre arbitre et le bon sens. Faire de la délation, en ayant reçu des informations d’un «camp», ça me dérange car pour moi c’est signer son entrée dans un monde flou, dont on peut certes se sentir maître ou l’un des maîtres à un moment. Mais, la réalité nous rattrapent toujours, soit vite, soit de manière fulgurante, soit les deux à la fois…

Plutôt que de diriger la hargne, la colère, l’admiration sur l’un ou l’autre, je privilégie le partage par l’exemple en sachant que personne n’est parfait. Aussi, mon sens de la justice ne me fait pas la voir selon des critères liés aux individus. Ce qui compte, ce sont les actes posés. Justifier ses bêtises ou les bêtises des autres par celles d’un tiers est irresponsable. Une petite histoire pour illustrer.

J’étais ado et j’avais projeté de faire le mur, à savoir sortir par la fenêtre. Et hop, je tombe nez à nez avec ma maman, paix à son âme.

-Où vas-tu ?

-Nulle part.

-Habillée et maquillée tu vas où à cette heure de la nuit ?

-Nulle part, mais comme tu m’accuses de vouloir sortir, voilà, je vais sortir.

J’en rigole encore. Mauvaise foi, quand tu nous tiens ! Sinon on tombe dans des délations dans tous les sens, à la hauteur des embrouilles et des esprits embrouillés, dont l’objectif est de nous embrouiller. Je ne le dirai jamais assez, le système que nous devons combattre, est un mécanisme complet, un peu comme les «plateformes multifonctionnelles», dons de la Communauté Internationale aux villages ou communautés d’Afrique.

Il y a tout, en son sein pour faire croire qu’il est libre et démocratique, comme on aime dire, alors que l’existence même du système est un déni de démocratie et de libertés. Pire, le système se nourrit et véhicule la haine, y compris celle de soi, même si tout ça se fait de manière subtile et même inconsciente.

Comprenne qui pourra, mais franchement le Mali a besoin d’amour et de respect, mais pas de cette confusion qui mêle égocentrisme, hargne et les fanfaronnades supposés cacher l’ingrédient principal qui est la cupidité. Sur ce à ciao !

KKS

 

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