Spéciale AN I de la chute d’IBK et de son régime : Le trio M5RFP/ex CNSP/Opposition

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Rappeler la chute du Président IBK réélu en 2018 malgré les contestations de l’opposition à travers son porte-étendard, feu Soumaila Cissé, c’est décrire la fin d’un régime vomi par le peuple dans sa majorité. C’est dans ce climat de violences survenues lors de différents meetings du M5RFP emmené par sa personnalité morale, l’imam Mahmoud Dicko et le chérif de Nioro du Sahel y compris d’autres figures religieuses et non les moindres comme le guide spirituel Lassana Kané de Ségou, que l’armée à travers le Comité National de Salut du Peuple (CNSP) de jeunes officiers drivés par le Colonel Assimi Goïta déposera le Président IBK et son régime pour enfin rejoindre le peuple qui se reconnaissait au M5RFP, une coalition hétéroclite de partis politiques, d’associations, ce leaders. Après quelques jours de tergiversations et d’atermoiements au sein du M5RFP, les jeunes officiers du CNSP feront appel au Colonel à la retraite, Bah N’Daou pour présider la transition de 18 mois fixée par la CEDEAO et la communauté internationale. Celui-ci nommera M. Moctar Ouane comme Premier Ministre au grand dam du M5RFP.

L’armée dont la quintessence se battait sur le terrain contre des groupes armés qui semaient la terreur tant au nord, qu’au centre du pays, verra un groupe de jeunes officiers à majorité des Colonels comme Malick Diaw, Assimi Goïta, Modibo Koné, Ismaël Wagué, Sadio Camara et leurs camarades tous corps confondus créent le Comité National de Salut du Peuple (CNSP) parachevant la lutte du M5RFP. Le M5RFP qui faut-il le rappeler est composé de vieilles têtes dont la plupart avaient à eu à bien servir le Président IBK après l’élection présidentielle jugée « truquée » par l’opposition en 2018. Remercier par le Président IBK, ils viendront grossir les rangs d’EMK, la CMAS et le FSD pour créer ce mouvement hétéroclite.

En réalité, ce sont les résultats des élections législatives organisées par le PM Dr Boubou Cissé, un néophyte qui a remplacé Soumeylou Boubèye Maîga à la primature non moins ministre des Finances, qui seront la goutte d‘eau qui fera déborder le vase. Après des mois de pression, le navire IBK et compagnie sera accoster le 18 août 2020 au grand soulagement du peuple qui ne se fera pas prier en envahissant le boulevard de l’indépendance pour exprimer leur délivrance. Le hic, c’est que le M5RFP est gangrené par les présence et en tête du combat des politiciens (Dr Choguel Kokalla Maïga, Konimba Sidibé, Me Mohamed Aly Bathily , Me Mountaga Tall entre autres) qui ont bien servi le Président IBK et dont certains doivent rendre des comptes de leurs gestions enlevant toute crédibilité à leur lutte dite « du changement ».

SBM et ses mésaventures

Bombardé Premier Ministre le 30 décembre 2017 en remplacement d’Abdoulaye Idrissa Maïga, cadre du RPM, après avoir occupé le poste stratégique de Secrétaire Général du gouvernement avec rang de ministre, l’enfant de Gao, aura comme objectif primordial de faire réélire le Président IBK pour un second quinquennat. C’est fort de ce pari dont il avait le secret que SBM par ses stratégies créera un conflit ouvert avec les religieux (l’imam Mahmoud Dicko et le chérif de Nioro) qu’il a traité « d’hybrides ».

Homme clé du régime IBK, SBM, cet homme de réseau qui selon nos confrères français « est populaire dans les chancelleries basées à Bamako », se battra pour faire réélire le Président IBK. Celui-ci le reconduira le 04 septembre 2019. Au total de 30 décembre 2017 au 23 avril 2019, SBM aura durer dans son fauteuil qu’un an, 3 mois et 24 jours pour servir le prince de Sébénikoro et son régime. La suite était connue.

SBM contraint à la démission

Trop sûr de lui grâce à ses réseaux nous dit-on, SBM commettra bien de fautes dont la plus grave est d‘avoir minimisé tant l’opposition mais surtout le duo Mahmoud Dicko et le chérif de Nioro du Sahel. Le dépôt de la motion de censure en date du 18      avril 2019 à l’AN par d’abord la majorité présidentielle en tandem avec l’opposition ainsi que la bénédiction des religieux cités plus haut, en un mot, SBM a cristallisé les critiques autour tant de sa gestion que de sa personne, sa démission a été la condition sine qua none pour le M5RFP pour faire baisser la tension sur le régime d’IBK chancelant. Rejeté par le RPM pour cause d’ostracisme, parti majoritaire, (débauchage, déloyauté, agenda personnel…) l’opposition et les religieux, mauvaise gestion, le Président IBK n’avait pas d’autre choix que de lâcher son bouillant PM qui s’est réfugié au « quartier du Fleuve » son domicile. « Coup de massue pour SBM, que ses supporters qualifient de hérisson », caricature cet observateur.

IBK trahi par les siens

Depuis l’avènement de la démocratie au Mali en 1991, jamais les relations d’un Président élu avec sa formation politique n’ont été aussi tendue et compliquée que celles qui opposaient IBK au RPM. Tous les observateurs avisés savaient unanimement que rien n’allait plus entre le locataire de Koulouba et son RPM. Le Kankelen tigi le fera savoir en faisant remplacer Abdoulaye Idrissa Maïga par SBM, président d’un parti qui se cherche ou tente de s’implanter mordicus dans le pays. D’où cette motion de censure appuyée par le RPM en tandem avec l’opposition pour contraindre le Président à se débarrasser de son PM, devenu très gênant et dérangeant.

Manifestation du 5 avril du M5RFP

Ayant constaté que le Président IBK ne voudrait pas lâcher son PM, SBM, le M5RFP a lancé un meeting le 5 avril sur le Boulevard de l’Indépendance. Plus de 10 000 manifestants ont répondu à cet appel patriotique. Sans compter aussi que les enseignants, les médecins, les magistrats, les cheminots, les chômeurs, ont multiplié les grèves vue le non-respect des engagements du régime avec différents syndicats, la donne sécuritaire se dégradant soutenue par des affrontements intercommunautaires surtout au centre du pays. Par ce constat hallucinant, la démission du PM SBM sera exigée par le M5RFP tout comme les départs des forces internationales, Barkhane en l’occurrence ; les massacres de 157 civils tués à Ogoussagou le 23 mars sera la goutte d’eau qui fera déborder le vase. L’appel de l’imam Mahmoud Dicko via son porte-parole Issa Kaou Djim fera galvaniser le peuple.

Mahmoud Dicko, l’incompris qui ne voulait pas du départ d’IBK

S’il y a un homme qui a été constant, visionnaire, c’est bien l’imam de la grande mosquée de Badalabougou, l’imam Mahmoud Dicko. Ces prévisions et sa constance se sont révélées au fil du temps. Du coup, il s’avère après plus de trois décennies de présence, de lutte, être une force tranquille incontournable. Très populaire à cause de son franc-parler, l’imam Mahmoud Dicko, acteur du mouvement démocratique, est un homme qui avec son autorité, a su conduire le M5RFP avec tact, intelligence et élégance. N’est-ce pas son expérience lui a valu des jaloux au sein du mouvement à telle enseigne que certains hommes politiques au crépuscule de leur carrière et qui dans leur combat devraient avoir honte de leur bilan, lui en voulaient de trop, sans avoir ni raison, ni convaincre le peuple qui se retrouvait dans les discours de l’imam Dicko. « Un homme véridique et pragmatique se battant pour des causes justes et non pour le pouvoir », nous confie un grand supporter.

Avec son expérience d’ancien président du Haut Conseil Islamique du Mali de 2008 à 2019, s’est toujours battu sans langue de bois. Fin connaisseur de la classe politique dont la majorité est au crépuscule de leur carrière truffée d’actions et de visions qui ont conduit le Mali dans cet état. L’affaire de l’introduction de l’éducation sexuelle sous SBM, l’a vu s’opposer en tandem avec le chérif de Nioro et des autres religieux. Ce projet qui viole nos Us et coutumes a été abandonné par le régime sans coup férir. Mahmoud Dicko et les autres mobiliseront pour se faire entendre plus de 60 000 spectateurs au stade du 26 mars de Yirimadio pour mettre en garde le régime IBK des dangers de ce projet. Ce jour, l’imam Mahmoud Dicko a harangué une foule en délire faisant trembler le Président et son régime. Dénonçant la mauvaise gouvernance, il sera taxé de mener un combat personnel par les tenants du pouvoir, en vain.

L’imam Dicko voulait qu’IBK écoute les cris de détresse du peuple qui n’en pouvait plus de sa gestion du pays. Il a été très mal compris et le régime chuta comme un château en cartes.

Dialogue de sourds

Face au dialogue de sourd voulu et entretenu par le régime, l’imam Mahmoud Dicko appelle les maliens à manifester le 5 juin. Date fatidique qui verra la création du M5RFP. Si la plupart des membres du mouvement de contestation réclamaient la démission d’IBK, l’imam Mahmoud Dicko qui avait mesurer les conséquences de ce départ, était pour un changement du PM Boubou Cissé. Incompris, ses détracteurs tenteront de le qualifier de tous les noms d’oiseaux. Avec le temps, d’aucuns lui donnent aujourd’hui raison vue la situation du pays et surtout le comportement de certains leaders du M5RFP dont certains devraient avoir l’amabilité de se taire ou se cacher après avoir servi loyalement le Président IBK et son régime.

Grand médiateur, l’imam Mahmoud Dicko à force de suivre cette classe politique a toujours eu une longueur d’avance sur ses animateurs puisqu’il les connait du bout des doigts. Et chacune de ses prises de positions, suscite débats et souvent des réactions violentes. Une sorte de jalousie mal placée.

L’estocade du 11 juillet 2020

Le 11 juillet 2020, le M5RFP appelle le peuple à descendre dans la rue. Une sorte d’estocade qui sera fatale pour IBK et son régime car, les forces de sécurité tireront des balles réelles tant à Sikasso, Kayes, qu’à Bamako causant des morts, des blessés et d’importants dégâts matériels. M5RFP, cette coalition hétéroclite de partis politiques, d’associations et de leaders anti-corruption, de la société civile et des religieux, galvanisée par l’imam Mahmoud Dicko, imam rigoriste, ancien allié d’IBK qui s’est battu jusqu’au soir du 18 août pour que le locataire de Koulouba se ressaisisse, en vain puisque n’ayant pas la même vision que certains leaders politiques venus se réfugier au sein du M5RFP. Pour des observateurs avisés, le Président IBK et sa famille ne dirigeait plus le Mali mais plutôt un groupuscule d’hommes et de femmes assoiffés des délices du pouvoir. En réalité, nous confie un proche, « l’imam Dicko se battait pour éviter que le Mali ne tombe dans une spirale de violence car, la plupart des leaders politiques au M5RFP se battait pour des strapontins et non pour un véritable changement ». Pour preuve, explique un jeune leader : « Voilà que les militaires ont donné la primature au M5RFP. La méthode d’exclusion et de fuite en avant a éclaté au grand jour. De nos jours, c’est tendu au sein du M5RFP et les divergences ont pignon sur rue ».

« En réalité, cet imam est un homme qui aime son pays et il dérange certains », nous confie un fin connaisseur.

Fin connaisseur d’IBK pour avoir soutenu sa candidature à l’élection présidentielle de 2013, l’imam Mahmoud Dicko de par sa posture d’imam rigoriste, partisan de la non-violence, a son franc-parler et sa vision d’un Mali démocratique et laïc. Cet érudit a su s’interposer comme intermédiaire à chaque fois qu’il est sollicité par les plus hautes autorités. Pour preuve, de nos jours, il est réclamé tant au sud, qu’au centre jusqu’au nord du pays pour intervenir afin que la paix revienne enfin et que les armes se taisent.

En tout cas, l’imam Dicko n’a pas caché ses liens trop étroits avec le Président IBK pour qui, « mon grand-frère aime-t-il martelé », s’est battu pour qu’il limoge le PM Boubou Cissé jusqu’à la dernière minute pour le sauver, sans succès. Le président IBK et son régime sont restés de marbre.

Le CNSP, la main de dieu pour sauver le mali d’un chaos.

« L’irruption de la junte du CNSP le 18 août 2020 est venue au bon moment », nous explique un observateur car avec le M5RFP, rien n’était sûr de faire partir le Président IBK qui connait du bout des doigts la plupart des animateurs de ce mouvement pour lequel, l’imam Dicko se méfiait de certains de ses membres ayant perdu toute crédibilité tant aux yeux du régime que de l’opinion nationale. En réalité nous confie ce connaisseur : « IBK avait du mépris pour certains animateurs du M5RFP pour les avoir employé. Et politiquement, il savait qu’ils n’arriveraient jamais à le renverser puisqu’en tant que fin politique.  C’est ce qui explique son mépris à l’égard de certains du M5RFP ».

Après neuf mois de gestion à hue et à dia, le Président Bah N’Daw et son PM Moctar Ouane seront déposés le 24 mai 2021 par le vice-président, colonel Assimi Goïta, pour haute trahison afin d’éviter un chaos qui profilait déjà à l’horizon.

Le M5RFP, une pire arnaque

La chute d’IBK, l’avènement de l’ex CNSP dirigé par le colonel Assimi Goïta, l’investiture du vice-président en remplacement de Bah N’Daw  et la gestion du gouvernement par le M5RFP, prouvent de l’avis d’un observateur avisé de la scène politique malienne, « une pire arnaque adoubé de petits coups bas en son sein ». Et pour cause !

Dr Choguel nommé Premier Ministre le 7 juin 2021.

La nomination du Dr Choguel Kokalla Maïga à la primature, après la prestation de serment du Président Assimi Goïta,  a dévoilé la déchirure au sein du M5RFP, mouvement hétéroclite dont la plupart de ses leaders ont déjà prouvé leurs limites. Avec la primature en main, les divergences ont vu jour. Au moment où nous bouclons cette édition, la tension est vive au sein du Comité Stratégique où trois camps s’affrontent : celui de Modibo Sidibé via Mme Sy Kadiatou Sy, Me Mountaga Tall et celui du Dr Choguel Kokalla Maïga qui ne voudrait pas lâcher la présidence. Dans ce méli-mélo, la jeunesse demeure le dindon de la farce, nous remarque-t-on. Du coup, le M5 RFP est qualifié de « pire arnaque » ou de vieux politiques au crépuscule de leur carrière ne voulant rien lâcher pour les jeunes qui ont tout donné et continuent encore à se battre pour des postes. Pour rappel, la composition du gouvernement par Choguel Kokalla Maïga a étalé au grand jour, les vrais visages d’assoiffés du pouvoir et ses délices. Une façon de concrétiser cette citation : « la conquête du pouvoir est différente de l’exercice du pouvoir » ou bien « le pouvoir divise ». De nos jours, le M5RFP se trouve dans une situation conflictuelle de leadership qui fait qu’il lui sera très difficile de mobiliser de grandes masses.

N’est-ce pas pour ces comportements que le locataire de Koulouba, IBK n’avait aucune considération pour certains briscards du M5RFP dont certains continuent à trainer des casseroles des plus retentissantes de leur gestion, aiment susurrer leurs détracteurs.

En tout cas, avec la tension vive au sein du Comité stratégique même si en écoutant certains membres du Comité stratégique que tout va bien, nous soutenons le PM Maïga, rien n’est moins sûr. Aussi, la stratégie du PM qui tarde à donner les résultats encourageants, « le mariage de raison avec les militaires durera-t-il ? ». Est-ce pour cela que le Président veut une inclusivité dans la gestion du pays afin que les désidératas de ceux qui contestent la stratégie du PM Maîga, soient pris en compte. En clair, le Président veut que tout le monde soit associé à la gestion de la transition pour aboutir à la rupture et la refondation d’un nouvel état.

Le PM survira-t-il aux contestations ne gestation tant au sein du M5RFP que dans l’opposition puisque le temps presse et le Président tout comme les maliens veulent des résultats. Le PAG qui a été validé par le CNT sera-t-il exécuté dans le temps imparti puisqu’il y a eu neuf mois de perdus avec l’équipe de Bah N’Daw et de Moactar Ouane ?

La transition pourrait-elle se proroger puisque le peuple à travers des manifestations régulières la réclame malgré le diktat d’une communauté internationale qui de par son attitude, semble figée devant cet état de fait ?

En réalité, le Peuple malien est en conflit contre la communauté internationale qui s’appuie sur certains assoiffés de pouvoir pour maintenir des pressions sur nos autorités. A Ségou, le peuple est sorti très massivement pour dénoncer cet état de fait. Idem à Bamako.

De nos jours, le peuple malien demeure debout pour dénoncer la politique de deux poids, deux mesures que la communauté internationale veut nous imposer après l’amère expérience de 2013 où des élections présidentielles ont été forcées, bâclées avec le résultat que nous connaissons. Cette fois-ci, le ^peuple exige d’abord des réformes politique et institutionnelles, le réajustement de l’accord d’Alger, la sécurité dans le pays avant toute organisation d’élections bâclées.

En attendant, le bilan de l’AN I de la chute d’IBK demeure mitigé du fait de la mauvaise foi de tous les acteurs. Surtout politiques qui n’arrivent toujours pas à faire leur mea culpa et changer de stratégie puisque les trois décennies ont été une catastrophe pour le Mali. Et tant que ces hommes politiques ne procèdent pas de la sorte, le Mali demeurera dans l’incertitude. Point de compter sur des lendemains meilleurs car, il s’agit de changer la méthode de gestion et aussi, les hommes !

Wait and see !

Bokari Dicko

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