DDR-intégration : Les acteurs fortement divisés

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Intégrer 26.000 ex-combattants dans les corps constitués de l’Etat y compris des Forces de défense et de sécurité, et s’entendre sur la chaîne de commandement… La réunion de niveau décisionnel des parties signataires de l’Accord de paix issu du processus d’Alger tenue en ce début du mois d’Août à Bamako relance le processus de mise en œuvre.

La tenue de la Réunion de niveau décisionnel des parties signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger avec l’ambition de procéder progressivement à l’intégration de 26.000 ex combattants dans les corps constitués de l’Etat y compris des forces de défense et de sécurité, donne un coup d’accélérateur au processus de paix en cours depuis 8 ans.

Prévu dans l’Accord de paix, signé en 2015, au chapitre 8 : cantonnement, intégration et désarmement, démobilisation, et réinsertion (DDR), le programme de DDR constitue donc l’une des phases la plus importante dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Réunis pour cinq jours d’échanges, les participants à la réunion de niveau décisionnel, visant à relancer la mise en œuvre de l’Accord, ont débattu sur trois points majeurs : la répartition des quotas d’intégration des ex-combattants dans les corps constitués y compris au sein des Forces de défense et de sécurité, la gestion du cas des Hauts cadres civils et militaires des mouvements et enfin les questions des réformes politiques institutionnelles non-liées à la révision constitutionnelle.

On se rappelle que plusieurs rencontres avaient eu lieu entre les parties signataires, et les partenaires techniques et financiers en vue d’obtenir le financement du programme de DDR. La lenteur qu’a connue sa mise en œuvre, malgré la volonté visiblement manifeste des parties prenantes, à amener certains acteurs à considérer que le processus semble être caressé dans le sens du poil par les parties prenantes. Selon eux, des réunions bilatérales dans ce sens ne font que se succéder sans que des actes concrets ne soient posés.

Caresser dans le sens du poil

Acteur clé du processus, que nous avons rencontré à Bamako, ne cache pas son amertume. Il estime que, sincèrement parlant, les parties signataires et les partenaires ne jouent pas franc jeu pour la réussite de cet Accord de paix.

« Nous, notre problème ce n’est pas ici. C’est la communauté internationale, particulièrement, ce sont les pays européens qui sont à l’origine de la lenteur du processus de DDR. De même que certains pays voisins du Mali, surtout l’Algérie. La France, l’ONU et toutes les organisations régionales et internationales sont au courant que le Mali est sanctionné de bout en bout à tort. On caresse le problème du Mali dans le sens du poil », répond-il sous couvert de l’anonymat.

Aux dires de notre interlocuteur, de la signature de l’Accord de paix en 2015 à nos jours, il y a 8 ans. Durant tout ce temps, rappelle-t-il, la communauté internationale engagée à aider le Mali s’est, plutôt, fait remarquer dans l’organisation des rencontres politiques dans la capitale malienne que le financement attendu sur le terrain à la hauteur des attentes.

Démarré en 2018, le DDR. Sa phase accélérée, quant à elle, débute en juin 2020 à Kidal. Présentement, le transport des ex-combattants vers les centres de formation dans les régions de Ségou et de Koulikoro est assuré par la Minusma. Le 10 juillet dernier, ce sont 36 combattants du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) qui ont quitté Tombouctou pour regagner Bamako grâce aux vols de la Minusma.

Toutefois, il faut reconnaître que l’opérationnalisation de ce processus est l’expression de la volonté des parties signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

«Nous avons beaucoup attendu cette phase importante de l’Accord de paix, qui nous permettra d’intégrer les Forces de défense et de sécurité maliennes, pour constituer à la stabilité de notre pays et à la sécurisation de nos communautés qui ont beaucoup souffert du fait de l’insécurité grandissante », expliquait le lieutenant Moussa TayfourMaiga, ex combattant du MOC à Tombouctou.

Mais, le point qui divise les acteurs, c’est bien la chaîne de commandement après l’intégration des ex combattants. La Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) subordonne le début du grand DDR –Intégration à une entente sur la chaîne de commandement. Chose que le gouvernement du Mali ne veut pas entendre pour l’instant.

Ousmane Morba, pour Maliexpress.net

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1 commentaire

  1. tout ce que IBK a refuser les bidasses l’appliquent sans gene: Intégrer 26.000 ex-combattants dans les corps constitués de l’Etat y compris des Forces de défense et de sécurité

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