Mopti : Un proche de Konaré nommé gouverneur

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Le dernier Conseil des ministres, tenu le mercredi 26 juin à Koulouba, sous la président du Chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, a procédé au chapitre des nominations individuelles, au remplacement du gouverneur de Mopti, le Général Sidi Touré, limogé, une semaine auparavant.

Le tout nouveau chef de l’exécutif régional est aussi un Général. Il s’appelle Abdoulaye Cissé alias Blo. De teint noir, taille moyenne, avoisinant les 100 kg, ce Général de terrain est un Sarakolé de Kita et non un Peulh comme le prétendent certains. C’est lui qui a donc désormais la lourde responsabilité de coordonner les activités administratives, voire militaires du Centre du pays.

Nous le connaissons depuis sa première affectation à Tombouctou, en sa qualité de sous-lieutenant. La rébellion arabo-touarègue battait son plein dans les années 1990-1994.

Très engagé, déterminé et perspicace, il a fait parler de lui dans la Cité des 333 saints. Toutes les sorties de son bataillon sur le terrain étaient victorieuses. Blo, comme on l’appelait, était très applaudi par les citoyens.

En vacances à Tombouctou en 1993,  étudiants fougueux que nous étions, nous nous rappelons bien d’une chaude altercation que nous avons eue avec lui, en essayant de défendre une thèse. Mon Dieu, sa jeunesse aidant aussi, le sous-lieutenant Blo s’est montré intraitable. Nous étions obligés de lui présenter des excuses. Depuis, nous avons eu une bonne impression de ce soldat.

Son courage et sa bravoure lui ont même valu d’avoir une épouse à Tombouctou. Pas n’importe laquelle ? Une femme, issue d’une grande famille métisse (arabe et sonrhaï), au détriment de bien d’autres personnes.

Ce qui en disait déjà long sur l’ambition de ce sous-officier, muté à Bamako, avant d’enchainer plusieurs formations y compris dans des écoles de guerre en France.

A son retour, le poste, le plus relevé qu’il a occupé, est celui d’aide de camp du président Alpha Oumar Konaré, jusqu’à la fin de son ultime mandat. Il l’a accompagné également à Addis-Abeba, au siège de l’Union africaine.

Ensuite, Colonel de son état à l’époque, il s’est vu propulser dans une cellule d’anti-terrorisme de l’U.A, avec résidence à Alger. Il collectait, traitait et analysait toutes les informations relatives au terrorisme sur le continent. Il organisait des séminaires sur la problématique en faveur des militaires et officiers de police judiciaire.

C’est ainsi qu’il avait sollicité le président ATT pour revenir mettre son expérience au service du pays. Il y avait déjà eu la rébellion kidaloise de 2006, le retour des touaregs libyens dans l’Adrar des Ifoghas, les différents otages… Le territoire était déjà cerné par les terroristes algériens et alliés.

Le Colonel voulait descendre sur le terrain, dans la région de Gao. Finalement, ATT l’envoie à Sikasso, une zone calme, comme commandant de la zone militaire. La mort dans l’âme, il s’exécute en bon militaire.

Avec le coup d’Etat d’Amadou Aya Sanogo, il était parmi ceux qui ont été accusés de contre coup- d’Etat. La suite est connue. Il est réhabilité et muté à l’état major général, en sa qualité de sous-chef d’état major, en charge des opérations militaires.

Très discret, rigoureux, le Général Cissé a la réputation d’être un vrai soldat, qui n’a peur de rien, qui fonce sur l’ennemi. Il est peint comme étant quelqu’un qui s’est bien préparé au métier de soldat. Les gens de Kita ne diront pas le contraire. Suivez mon regard !

El Hadj Chahana Takiou

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