Pollution du fleuve Niger : L’orpaillage par drague en cause

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Fleuve Niger : l’orpaillage sur le point d’enterrer le Djoliba

L’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN)  a organisé hier jeudi 15 juin 2017 au mémorial Modibo Kéita une conférence-débat pour dénoncer l’utilisation des dragues dans la recherche de l’or sur le fleuve Niger.

 Depuis l’antiquité, le Mali est réputé pour ses intenses activités d’exploitation d’or. Troisième producteur africain du métal jaune, le Mali dispose actuellement de 350 sites aurifères, auxquels s’ajoutent les sites d’orpaillage par drague sur les fleuves avec l’utilisation de mercure. Une situation qui préoccupe les autorités.

Pour édifier sur cette situation désastreuse, le directeur de l’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN), Abdourahamane O. Touré et Dr N’Diaye Baba Faradji ont co-animé une conférence-débat avec comme thème central : « L’orpaillage par drague dans le lit du fleuve Niger : entre l’économie et l’environnement. Cas du cercle de Kangaba ». Cette rencontre rentre dans le cadre de la Quinzaine de l’Environnement. Ce nouveau procédé de recherche d’or a connu une prolifération vers les années 2008 et a tendance à s’imposer.  Cette nouvelle forme d’orpaillage est connue pour avoir de nombreux impacts aussi bien sur l’environnement que sur la santé à  cause notamment de l’utilisation des produits chimiques tel le mercure.

« Les orpailleurs, en raison de leur négligence ou ignorance, sont les premiers qui inspirent les vapeurs quand ils les distillent.  Le mercure est toxique même à faible dose et sous toutes ses formes », expliquent les conférenciers.

Abdourahamane O. Touré, Dg de l’ABFN, s’est penché sur les missions principales de l’ABFN qui se résument, entre autres, à la sauvegarde du fleuve Niger, à la protection des berges et des bassins versants contre l’érosion et l’ensablement, et de la préservation des écosystèmes terrestre et aquatique.

« Dans le cercle de Kangaba, nous assistons à une pratique intense et généralisée de l’orpaillage sur toutes ses formes. Il n’est pas rare de voir toute une famille les pieds dans l’eau. Sur l’ensemble des dragues du cercle, aucun ne dispose d’un permis de la part des services des mines. Ce sont les collectivités qui les autorisent à travailler sur le fleuve moyennant le payement d’une taxe annuelle illégale variant de 25.000 à 50.000 F CFA», a déploré Dr. N’diaye Baba Faradji.

Dans le souci de coordonner, capitaliser et valoriser l’ensemble des actions de sauvegarde/ préservation sur la portion malienne du fleuve Niger, le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, à travers l’Agence du Bassin du fleuve Niger, a élaboré un programme fédérateur et intégré dénommé : « Programme national de sauvegarde du fleuve Niger  (PNS-FN). Malgré tous ces efforts, force est de reconnaitre que l’exécution des missions de l’ABFN se heurte à d’énormes difficultés liées à l’aspect institutionnel avec une multiplicité d’acteurs intervenants sur le fleuve sans avoir de liens avec l’ABFN, ni d’ordre hiérarchique , ni d’ordre fonctionnel.

Hawa Sy

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